And yet I smile
En entendant les pas du psychomage se rapprocher de lui, Elijah se détourna de la fenêtre pour lui faire face. Pourtant, il ne croisa pas son regard, se contentant de regarder autour sans jamais s'y arrêter. Parce qu'il n'était pas prêt à entendre ça. Même s'il revenait, même s'il n'avait pas le choix, le fait était qu'il la laissait seule. Il y avait un abandon de sa part. Alors il se contenta de baisser un peu la tête avant de la secouer de gauche à droite, observant la pointe de sa chaussure qui tournait sur le sol comme pour mieux s'y accrocher.
Il avait la gorge serrée lorsqu'il pensait à la solitude de sa mère. A la tristesse qui la terrassait souvent, lorsqu'elle pensait qu'il ne la voyait pas. Mais il voyait. Il voyait tout, même s'il ne disait rien. Parce qu'il savait désormais, que la pudeur voulait que la tristesse ne se portât seule. Il aimerait croire aux propos de Monsieur Kyros. Se rappeler de ses souvenirs avec joie. Mais c'était impossible.
- C'est forcément contaminé. Parce que maintenant, j'sais plus ce qui était vrai. Il m'aimait pas vraiment alors que j'croyais que si. Il a tout gâché, souffla-t-il douloureusement, les larmes lui montant de nouveau aux yeux.
Il les retint cependant, avant de se détourner de nouveau, rageusement. Il se remit à marcher dans le bureau, écoutant malgré tout les paroles de l'homme. Le calme avec lequel il exposait les choses permettait à l'adolescent de rester concentré, de donner un sens à ses mots malgré le chaos qui le secouait.
Le problème, c'était qu'il ne savait pas à quel moment il se sentait aligné avec lui-même. Il se basait simplement sur ce que les autres lui renvoyaient. Si on l'appréciait, alors il estimait qu'il avait fait la bonne chose. Si on ne l'aimait pas, il essayait d'y remédier. Et si ça ne fonctionnait pas, alors il laissait sa colère prendre le dessus et se permettait de tout décharger. Est-ce que ça voulait dire que c'était ça, ce qu'il était réellement ? Juste un adolescent en colère ? L'idée le rebutait violemment.
- J'veux juste... commença-t-il sans parvenir à finir sa phrase.
Il voulait juste être aimé. Inconditionnellement. Être important. Compter. Exister trop fort au risque d'exploser. Parce qu'il n'y avait que comme ça que personne d'autre ne l'abandonnerait plus.
- J'sais pas M'sieur. Si c'que j'suis ça plait pas... j'serai tout seul. J'veux pas être tout seul, conclut-il.
Il avait la gorge serrée lorsqu'il pensait à la solitude de sa mère. A la tristesse qui la terrassait souvent, lorsqu'elle pensait qu'il ne la voyait pas. Mais il voyait. Il voyait tout, même s'il ne disait rien. Parce qu'il savait désormais, que la pudeur voulait que la tristesse ne se portât seule. Il aimerait croire aux propos de Monsieur Kyros. Se rappeler de ses souvenirs avec joie. Mais c'était impossible.
- C'est forcément contaminé. Parce que maintenant, j'sais plus ce qui était vrai. Il m'aimait pas vraiment alors que j'croyais que si. Il a tout gâché, souffla-t-il douloureusement, les larmes lui montant de nouveau aux yeux.
Il les retint cependant, avant de se détourner de nouveau, rageusement. Il se remit à marcher dans le bureau, écoutant malgré tout les paroles de l'homme. Le calme avec lequel il exposait les choses permettait à l'adolescent de rester concentré, de donner un sens à ses mots malgré le chaos qui le secouait.
Le problème, c'était qu'il ne savait pas à quel moment il se sentait aligné avec lui-même. Il se basait simplement sur ce que les autres lui renvoyaient. Si on l'appréciait, alors il estimait qu'il avait fait la bonne chose. Si on ne l'aimait pas, il essayait d'y remédier. Et si ça ne fonctionnait pas, alors il laissait sa colère prendre le dessus et se permettait de tout décharger. Est-ce que ça voulait dire que c'était ça, ce qu'il était réellement ? Juste un adolescent en colère ? L'idée le rebutait violemment.
- J'veux juste... commença-t-il sans parvenir à finir sa phrase.
Il voulait juste être aimé. Inconditionnellement. Être important. Compter. Exister trop fort au risque d'exploser. Parce qu'il n'y avait que comme ça que personne d'autre ne l'abandonnerait plus.
- J'sais pas M'sieur. Si c'que j'suis ça plait pas... j'serai tout seul. J'veux pas être tout seul, conclut-il.
5e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
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And yet I smile
Hyacinthe s'arrêta à quelques pas du jeune homme, juste assez près pour que la parole circule sans que la proximité ne devienne une pression - lui-même détestait cela, il ne comptait sûrement pas l'imposer à ses patients. Lorsqu’Elijah se détourna de la fenêtre pour lui faire face, il remarqua immédiatement la manière dont, malgré tout, le garçon évitait son regard. Il laissait ses yeux glisser ailleurs, s’accrocher à n’importe quel détail de la pièce qu'il semblait arriver à distinguer, et le roux reconnu en cela une défense probablement inconsciente. Le Poufsouffle ne voulait pas se sentir vu aussi profondément, et pourtant, il semblait s'accrocher si fort pour ne pas s'effondrer. Hyacinthe ne le commenta donc pas, remarquant plutôt le mouvement nerveux de la chaussure du brun, et poursuivit sur le contenu même de leur échange.
Des souvenirs contaminés... il en avait aussi, bien sûr. Il pouvait presque dire que la grande majorité de son enfance était tâchée par la présence de son propre père. Pourtant, leur situation était bien différente. Tandis que les événements de l'un avaient été ternis au moment même où il les avait vécu, l'autre avait passé de bons moments, qui s'étaient assombris bien plus tard à cause de malheureuses décisions. Cela n'empêcha pas Hyacinthe de sentir quelque chose se serrer dans sa poitrine en entendant la voix brisée d'Elijah. L'abandon réécrivait le passé en y laissant un poison lent et douloureux dont le remède ne semblait jamais suffisant.
- Ce que votre père a fait a brisé quelque chose, oui, dit-il d’une voix un peu plus grave que précédemment. Et quand quelque chose se brise ainsi, je comprend que le passé lui-même se fissure. On se met à douter de tout : des gestes, des paroles, des souvenirs heureux... et on se demande s'ils n'ont été réels que pour nous.
Hyacinthe ne prit pas conscience de ce que ce "on" révélait. Il lui était venu avec une telle évidence qu'il n'imagina pas un seul instant qu'il trahissait, en creux, l'intimité de ses propres blessures. Celle façon très personnelle qu'il avait eue, lui aussi, de voir ses certitudes se fissurer sous le poids de la désillusion. À cet instant précis, pourtant, ce n'était pas son histoire qui occupait son esprit, mais bien celle d'Elijah, vers lequel affluait une empathie presque douloureuse dans son intensité. Il le laissait marcher, le regard accompagnant silencieusement chacun de ses allers-retours dans la pièce. Puis, après un bref clignement de paupières, le roux reprit la parole en ignorant son trouble intérieur avec beaucoup d'efficacité.
- Mais le fait qu’il soit parti ne prouve pas que ces moments étaient faux. Ce n'est pas parce qu'il n'a su faire face à ce que vous êtes qu'il n'a pas pu vous aimer sincèrement avant d'y être confronté.
Il marqua une courte pause, écoutant avec toujours autant d'attention les émotions brutes et les craintes d'Elijah, jusqu'à ce que soit évoquée sa peur d'être seul. Le psychomage comprit que la question de l’identité n’était, en réalité, que la surface d’une angoisse plus primitive encore.
Ne pas être aimé.
Ne plus être choisi.
Il s’appuya légèrement contre le dossier du fauteuil, bras décroisés posés sur les accoudoirs dans une posture ouverte, puis reprit la parole avec douceur. Son visage s'ouvrit un peu plus, toujours dans le souci d'honnêteté qui avait tant marqué Elijah, et il laissa apparaître à quel point cette question le touchait par son humanité.
- Être aimé n’est pas une demande ridicule. C’est une des plus humaines qui soient. C'est... Je crois - non, je suis certain- que vous êtes entouré de personnes qui vous aiment.
Un silence se fit alors dans le bureau. Quelques secondes, palpables, mais nécessaires afin que l'impact de ces mots se fasse. Le regard de Hyacinthe resta posé sur le visage du Poufsouffle, stable, jusqu'à ce qu'il décide de reprendre.
- Beaucoup de gens passent des années à essayer d’être ce qu’ils pensent que les autres vont aimer. C’est une stratégie très répandue parce qu'elle fonctionne- mais... pendant un temps seulement. Elle est... épuisante. Parce qu’elle oblige à surveiller en permanence les réactions des autres, à ajuster son comportement, à corriger ce qui déplaît. Et plus on le fait longtemps, plus on finit par se perdre au milieu de toutes ces versions de soi. Mais être aimé uniquement pour un personnage... est-ce vraiment ce que vous voulez ?
Il inclina légèrement la tête, perdu dans sa courte réflexion, puis reprit quelques secondes plus tard. Ses yeux s’adoucirent légèrement tandis qu'un sourire étirait ses lèvres.
- Peut-être qu'être vous-même changera vos relations, mais cela ne veut pas dire qu'il s'agit d'une mauvaise chose. Cela peut aussi vous permettre d'en créer de nouvelles. Je ne doute pas un seul instant que ce que vous choisirez de montrer au monde sera merveilleux.
Il ne parlait pas d’abandonner toutes ses défenses d’un coup - ce serait irréaliste - mais d’introduire une nuance. Une progression, une multitude de tests sujets à ajustements qui se dérouleraient au fil des jours, des mois, des années, pour que le jeune homme puisse prendre confiance en l'attrait de son identité propre. Il décida de prendre le temps d'introduire une sécurité supplémentaire dans l'environnement d'Elijah en ajoutant doucement :
- Et pour ce que ça vaut... vous n’êtes pas seul ici, maintenant.
Il ne fallait pas que son bureau, son existence devienne une dépendance dans la vie quotidienne du Poufsouffle. Néanmoins, il semblait nécessaire d'introduire une base solide, une personne avec qui il pouvait se permettre de ne pas jouer pour prendre confiance avant de s'ouvrir au monde, petit à petit. Si Hyacinthe devait être cette personne, ainsi soit-il. Il avait confiance en Elijah pour réussir à se sortir de là sans entièrement se reposer sur lui.
Des souvenirs contaminés... il en avait aussi, bien sûr. Il pouvait presque dire que la grande majorité de son enfance était tâchée par la présence de son propre père. Pourtant, leur situation était bien différente. Tandis que les événements de l'un avaient été ternis au moment même où il les avait vécu, l'autre avait passé de bons moments, qui s'étaient assombris bien plus tard à cause de malheureuses décisions. Cela n'empêcha pas Hyacinthe de sentir quelque chose se serrer dans sa poitrine en entendant la voix brisée d'Elijah. L'abandon réécrivait le passé en y laissant un poison lent et douloureux dont le remède ne semblait jamais suffisant.
- Ce que votre père a fait a brisé quelque chose, oui, dit-il d’une voix un peu plus grave que précédemment. Et quand quelque chose se brise ainsi, je comprend que le passé lui-même se fissure. On se met à douter de tout : des gestes, des paroles, des souvenirs heureux... et on se demande s'ils n'ont été réels que pour nous.
Hyacinthe ne prit pas conscience de ce que ce "on" révélait. Il lui était venu avec une telle évidence qu'il n'imagina pas un seul instant qu'il trahissait, en creux, l'intimité de ses propres blessures. Celle façon très personnelle qu'il avait eue, lui aussi, de voir ses certitudes se fissurer sous le poids de la désillusion. À cet instant précis, pourtant, ce n'était pas son histoire qui occupait son esprit, mais bien celle d'Elijah, vers lequel affluait une empathie presque douloureuse dans son intensité. Il le laissait marcher, le regard accompagnant silencieusement chacun de ses allers-retours dans la pièce. Puis, après un bref clignement de paupières, le roux reprit la parole en ignorant son trouble intérieur avec beaucoup d'efficacité.
- Mais le fait qu’il soit parti ne prouve pas que ces moments étaient faux. Ce n'est pas parce qu'il n'a su faire face à ce que vous êtes qu'il n'a pas pu vous aimer sincèrement avant d'y être confronté.
Il marqua une courte pause, écoutant avec toujours autant d'attention les émotions brutes et les craintes d'Elijah, jusqu'à ce que soit évoquée sa peur d'être seul. Le psychomage comprit que la question de l’identité n’était, en réalité, que la surface d’une angoisse plus primitive encore.
Ne pas être aimé.
Ne plus être choisi.
Il s’appuya légèrement contre le dossier du fauteuil, bras décroisés posés sur les accoudoirs dans une posture ouverte, puis reprit la parole avec douceur. Son visage s'ouvrit un peu plus, toujours dans le souci d'honnêteté qui avait tant marqué Elijah, et il laissa apparaître à quel point cette question le touchait par son humanité.
- Être aimé n’est pas une demande ridicule. C’est une des plus humaines qui soient. C'est... Je crois - non, je suis certain- que vous êtes entouré de personnes qui vous aiment.
Un silence se fit alors dans le bureau. Quelques secondes, palpables, mais nécessaires afin que l'impact de ces mots se fasse. Le regard de Hyacinthe resta posé sur le visage du Poufsouffle, stable, jusqu'à ce qu'il décide de reprendre.
- Beaucoup de gens passent des années à essayer d’être ce qu’ils pensent que les autres vont aimer. C’est une stratégie très répandue parce qu'elle fonctionne- mais... pendant un temps seulement. Elle est... épuisante. Parce qu’elle oblige à surveiller en permanence les réactions des autres, à ajuster son comportement, à corriger ce qui déplaît. Et plus on le fait longtemps, plus on finit par se perdre au milieu de toutes ces versions de soi. Mais être aimé uniquement pour un personnage... est-ce vraiment ce que vous voulez ?
Il inclina légèrement la tête, perdu dans sa courte réflexion, puis reprit quelques secondes plus tard. Ses yeux s’adoucirent légèrement tandis qu'un sourire étirait ses lèvres.
- Peut-être qu'être vous-même changera vos relations, mais cela ne veut pas dire qu'il s'agit d'une mauvaise chose. Cela peut aussi vous permettre d'en créer de nouvelles. Je ne doute pas un seul instant que ce que vous choisirez de montrer au monde sera merveilleux.
Il ne parlait pas d’abandonner toutes ses défenses d’un coup - ce serait irréaliste - mais d’introduire une nuance. Une progression, une multitude de tests sujets à ajustements qui se dérouleraient au fil des jours, des mois, des années, pour que le jeune homme puisse prendre confiance en l'attrait de son identité propre. Il décida de prendre le temps d'introduire une sécurité supplémentaire dans l'environnement d'Elijah en ajoutant doucement :
- Et pour ce que ça vaut... vous n’êtes pas seul ici, maintenant.
Il ne fallait pas que son bureau, son existence devienne une dépendance dans la vie quotidienne du Poufsouffle. Néanmoins, il semblait nécessaire d'introduire une base solide, une personne avec qui il pouvait se permettre de ne pas jouer pour prendre confiance avant de s'ouvrir au monde, petit à petit. Si Hyacinthe devait être cette personne, ainsi soit-il. Il avait confiance en Elijah pour réussir à se sortir de là sans entièrement se reposer sur lui.
961 - @Elijah Cooper
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
And yet I smile
Elijah hocha doucement la tête à la reformulation du psychomage. Il avait parfaitement compris ce qui avait volé en éclats chez lui lors de l'abandon de son père. Malgré son état émotionnel, il tiqua un peu sur le "on" qu'il n'avait jamais utilisé auparavant. Parce que Monsieur Kyros ne faisait jamais de généralités. Il parlait toujours de lui directement. Alors ce "on" semblait avoir une force toute autre. Est-ce que le psychomage le comprenait réellement, au-delà de tout professionnalisme ?
Il aurait probablement posé la question à un autre moment. S'il ne se sentait pas si abattu. Si épuisé. Si malheureux. Si en colère. Il était tout simplement incapable de se focaliser sur autre chose que sur tout ce qui le terrassait actuellement. Et il était tout aussi incapable de concevoir que son père avait pu l'aimer réellement auparavant, et cesser de le faire du jour au lendemain. Parce que lui était bien incapable d'un tel exploit.
Alors, la gorge serrée, il ne répondit pas. Il se contenta de se laisser glisser au sol le long de la fenêtre, restant accroupi, ses bras entourant ses genoux, comme pour s'auto-enlacer dans un besoin évident de contact.
- J'préfère être aimé pour un personnage que pas du tout, répondit-il en se pinçant les lèvres sous cette douloureuse affirmation.
Il pouvait cependant convenir que c'était épuisant, de toujours tout faire pour plaire à tout le monde. D'autant plus que ça ne fonctionnait pas tout le temps malgré tous ses efforts, et que ça rendait le tout d'autant plus frustrant encore. Mais au moins, ça marchait chez certains. Il y avait des petits qui le trouvaient cool et le regardaient avec admiration. La majorité des adultes qu'il côtoyait au quotidien - à part Pinehead et McNeil - ne lui en tenaient pas vraiment rigueur pour ses petites frasques. Et il avait plein de copains. C'était bien que son personnage était aimé, pas vrai ?
Il n'était pas prêt à abandonner tout ça. Il avait besoin de renvoyer cette image. D'être populaire. D'être cool. Son père pourrait même finir par s'en mordre les doigts de l'avoir abandonné, se disait-il sans y croire réellement. Il finit par reporter enfin son regard dans celui du psychomage lorsqu'il lui affirma qu'il n'était pas tout seul ici.
- Parce que vous c'est votre métier, M'sieur. Vous m'aimez pas pour de vrai, vous devez juste faire semblant pour que j'vous parle. Moi, ou un autre élève pour vous c'est pareil. J'le sais hein, affirma-t-il avec un aplomb déconcertant. Vous l'avez bien dit tout à l'heure. Vous êtes franc quand vous pouvez. Du coup ça veut dire pas tout l'temps.
Il haussa les épaules, serrant un peu plus ses genoux contre lui tandis que ses fesses rencontraient enfin le sol.
- Et même en l'sachant, ben moi j'vous aime bien, parce que vous êtes toujours gentil avec moi. J'suis bête comme ça, sourit-il amèrement.
- C'est pas grave. Ça fait juste qu'on est deux à jouer un personnage. Juste moi en prime j'vous raconte ma vie parce que y'a que vous qu'êtes payé pour l'entendre, continua-t-il avec un cynisme cruel qui ne lui ressemblait pas.
D'ailleurs, à peine ces mots eurent quitté ses lèvres qu'il s'en voulut de les avoir prononcés. Ce n'était pas juste envers Monsieur Kyros. C'était simplement sa colère qui parlait, et qui se tournait vers la seule personne qui acceptait de la recevoir. Il baissa de nouveau la tête, ôta sa casquette, pour laisser ses doigts agripper ses boucles.
- C'est pas... J'voulais pas dire ça M'sieur, murmura-t-il en serrant ses poings dans ses cheveux pour tenter de mieux se contenir.
Il aurait probablement posé la question à un autre moment. S'il ne se sentait pas si abattu. Si épuisé. Si malheureux. Si en colère. Il était tout simplement incapable de se focaliser sur autre chose que sur tout ce qui le terrassait actuellement. Et il était tout aussi incapable de concevoir que son père avait pu l'aimer réellement auparavant, et cesser de le faire du jour au lendemain. Parce que lui était bien incapable d'un tel exploit.
Alors, la gorge serrée, il ne répondit pas. Il se contenta de se laisser glisser au sol le long de la fenêtre, restant accroupi, ses bras entourant ses genoux, comme pour s'auto-enlacer dans un besoin évident de contact.
- J'préfère être aimé pour un personnage que pas du tout, répondit-il en se pinçant les lèvres sous cette douloureuse affirmation.
Il pouvait cependant convenir que c'était épuisant, de toujours tout faire pour plaire à tout le monde. D'autant plus que ça ne fonctionnait pas tout le temps malgré tous ses efforts, et que ça rendait le tout d'autant plus frustrant encore. Mais au moins, ça marchait chez certains. Il y avait des petits qui le trouvaient cool et le regardaient avec admiration. La majorité des adultes qu'il côtoyait au quotidien - à part Pinehead et McNeil - ne lui en tenaient pas vraiment rigueur pour ses petites frasques. Et il avait plein de copains. C'était bien que son personnage était aimé, pas vrai ?
Il n'était pas prêt à abandonner tout ça. Il avait besoin de renvoyer cette image. D'être populaire. D'être cool. Son père pourrait même finir par s'en mordre les doigts de l'avoir abandonné, se disait-il sans y croire réellement. Il finit par reporter enfin son regard dans celui du psychomage lorsqu'il lui affirma qu'il n'était pas tout seul ici.
- Parce que vous c'est votre métier, M'sieur. Vous m'aimez pas pour de vrai, vous devez juste faire semblant pour que j'vous parle. Moi, ou un autre élève pour vous c'est pareil. J'le sais hein, affirma-t-il avec un aplomb déconcertant. Vous l'avez bien dit tout à l'heure. Vous êtes franc quand vous pouvez. Du coup ça veut dire pas tout l'temps.
Il haussa les épaules, serrant un peu plus ses genoux contre lui tandis que ses fesses rencontraient enfin le sol.
- Et même en l'sachant, ben moi j'vous aime bien, parce que vous êtes toujours gentil avec moi. J'suis bête comme ça, sourit-il amèrement.
- C'est pas grave. Ça fait juste qu'on est deux à jouer un personnage. Juste moi en prime j'vous raconte ma vie parce que y'a que vous qu'êtes payé pour l'entendre, continua-t-il avec un cynisme cruel qui ne lui ressemblait pas.
D'ailleurs, à peine ces mots eurent quitté ses lèvres qu'il s'en voulut de les avoir prononcés. Ce n'était pas juste envers Monsieur Kyros. C'était simplement sa colère qui parlait, et qui se tournait vers la seule personne qui acceptait de la recevoir. Il baissa de nouveau la tête, ôta sa casquette, pour laisser ses doigts agripper ses boucles.
- C'est pas... J'voulais pas dire ça M'sieur, murmura-t-il en serrant ses poings dans ses cheveux pour tenter de mieux se contenir.
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Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
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And yet I smile
Tandis que le garçon se glissa par terre, Hyacinthe ne put que le regarder se replier sur lui-même et se contenir physiquement, malgré les mots qui menaçaient de déborder. Il sentit, avec une acuité presque désagréable, le point précis où la fatigue d’Elijah basculait en une forme de résignation mêlée de lucidité brutale.
La première phrase, surtout, ne le surprit pas - elle le heurta, bien sûr, mais sans le prendre au dépourvu. Le roux l’avait déjà entendue sous mille formes différentes, chez d’autres, et parfois même, dans des souvenirs qu’il ne convoquait pas volontiers. Il savait que sa propre situation se différenciait ici : il ne se dissimulait non pour être aimé, mais pour contrôler son environnement.
- Je comprend ce que vous dites, répondit-il après une grande inspiration. Quand on a l’impression que l’alternative, c’est "être aimé pour quelque chose de faux" ou "ne pas être aimé du tout"... le choix paraît vite fait.
Il marqua une très légère pause, le regard toujours posé sur lui, sans le forcer à le soutenir.
- Mais ce n’est pas un choix stable. Plus vous vous y appuyez, plus vous vous épuisez. Peut-être vous sentez-vous mieux avec les autres comme cela, mais... le mieux n'est-il pas, au long terme, de vous sentir bien avec vous-même ? Même si je sais que cela parait difficile, en ce moment... est-ce que vous arrivez à envisager un avenir comme celui-ci ?
Sa voix ne cherchait pas à contredire frontalement Elijah, bien au contraire, mais à déplacer légèrement l’angle, à ouvrir une brèche vers l'avenir sur laquelle il pouvait entrevoir quelque chose de positif. Puis vinrent les autres mots, plus directs, plus tranchants, qui surprirent un peu le psychomage. Cette fois, Hyacinthe sentit quelque chose en lui réagir plus vivement. Non pas de la vexation, mais une forme de lucidité un peu sèche, presque ironique, qui passa fugitivement dans ses pensées avant qu’il ne la canalise. Ah. Voilà. On y est. Le moment où je deviens interchangeable Je vais encore le décevoir, lui qui a tant insisté pour mon honnêteté.. Hyacinthe ne fit qu'une légère grimace qui dévoila que ses mots l'avaient atteint, sa posture se redressa et il ne pu s'empêcher d'ajuster ses robes.
- Vous avez raison sur une partie, répondit-il sans détour. C’est mon métier d’être là, de vous écouter, de vous accompagner. Pourtant... je reste humain. Bien que j'essaye de maintenir une neutralité avec chaque élève, je ressens des émotions, des affinités diverses et plus ou moins fortes avec chacun d'eux. Mon travail fait que je dois maintenir ces choses à distance, car même si nous nous voyons souvent, ce n'est pas moi qui importe, mais votre vie, vos émotions, vos pensées en dehors de ce bureau.
Hyacinthe laissa sa voix s’éteindre dans le silence, mais son esprit continuait de suivre chaque mouvement d’Elijah, chaque petit signe de tension dans ses épaules, chaque tressautement nerveux de ses mains. Il savait que, professionnellement, il devait garder une distance, mais il ne pouvait nier que son empathie allait bien au-delà d’une simple posture de psychomage : il y avait chez ce garçon quelque chose qui lui rappelait ses propres blessures, la peur sourde de ne jamais être assez, de ne jamais être choisi, et cette rage contenue qui, enfant, l’avait parfois fait se replier sur lui-même. Mais ce n’était pas seulement une résonance douloureuse ; Elijah avait une force, une curiosité et une sincérité qui le touchaient profondément. Le voir si fragile et si vif à la fois éveillait en Hyacinthe une tendresse qu’il ne cherchait pas à refouler, simplement à comprendre et à canaliser.
Il savait qu’il devait rester un guide, mais il se surprit à sincèrement souhaiter que le garçon comprenne peu à peu qu’il pouvait être lui-même sans avoir à se camoufler derrière un personnage pour être aimé. Non seulement parce qu’il voyait en lui des échos de ce qu’il avait été, mais parce qu’Elijah, avec toute sa complexité, son humour, ses contradictions et ses éclats de lumière, était quelqu’un qu’il voulait voir grandir, s’affirmer, et apprendre à se donner le droit d’exister pleinement. Hyacinthe ne l'avait pas prévu, loin de là, et n'avait pas l'intention de laisser ses émotions interférer dans son travail. Cependant, il les accepta avec une grande lucidité.
- Je ne peux pas vous promettre une affection qui ressemblerait à celle d’un parent ou d’un ami, ce ne serait pas honnête.
Après tout, il n'était ni l'un ni l'autre. Comment se qualifierait-il ? Était-ce à lui de nommer cela ? Lui qui reculait la limite qu'il se fixait avec ses patients pour un jeune pour qui il s'était pris d'affection ? Hyacinthe savait ne pas devoir s'impliquer dans la vie de ses patients, et pourtant, cela était déjà arrivé : une enseignante qui lui a proposé de boire un café en Grèce, des discussions moins formelles avec un groupe d'étudiants qu'il voyait pour de l'anxiété sociale, même un ouvrier créatif avec qui il avait fait des ateliers de peinture, en Grèce. Commencer à travailler avec des proches n'était pas efficace, mais développer un certain niveau de familiarité avec ses patients ne lui avait jamais porté préjudice.
Ben moi, j'vous aime bien.
Ses pensées furent interrompues par la remarque du Poufsouffle. Là encore, il y avait une certaine évidence dans ces propos. Mais entre faire des supposition et entendre d'une façon si claire une marque d'affection, il y avait tout un monde. Et Hyacinthe ne pu s'empêcher de sourire en direction du jeune sorcier, ses joues prenant une légère teinte rosée.
- Je vous aime bien aussi, Elijah.
Il espérait sincèrement que le Poufsouffle arrive à comprendre. Le roux n'avait pas envie de développer et ne comptait sûrement pas le faire. Cette réponse devait, devrait être suffisante pour rassurer le garçon quant à sa capacité à être aimé.
- Et... finit-il par ajouter en haussant un sourcil. Ce- cela ne fait pas de vous quelqu'un de bête, mais quelqu'un qui a du cœur.
Alors que Hyacinthe pensait que la situation allait se calmer - cette heure-ci était riche en émotion, c'était certain - cela se passa tout autrement. Vint alors le cynisme, plus dur, plus défensif, et immédiatement après, le regret. Il n'y avait pas besoin d'être psychomage pour voir comment la colère l'avait frappé, puis comment la culpabilité s'était enroulée autour de lui comme un serpent cherchait sa proie... serpent ? Le trentenaire vit du coin de l'œil Lernie se déplacer de son coussin. La petite pas si petite semblait pleinement éveillée, sans doute interpellée par le ton instable de leur conversation. Elle était encore loin d'eux, et de ce fait, il supposa qu'elle pouvait tout aussi bien les rejoindre que remonter vers ses appartements. Cela noté dans un coin, Hyacinthe retourna vers les paroles qu'Elijah lui avait lancé. La phrase elle-même ne nécessitait aucune réaction, elle ne l'importait pas vraiment, en réalité. Ce qu'elle trahissait était en revanche bien plus important.
- Elijah, regardez-moi, s'il vous plait.
Ce n'était pas un ordre -jamais au sein du bureau-, mais une invitation ferme.
- Vous êtes en colère, fatigué... vous testez ce qui tient et ce qui casse. C’est... logique, dans votre situation. Et pourtant, cela ne change pas ce que je fais ici, avec vous. Je ne compte pas vous laisser gérer tout ça seul.
Il laissa une seconde passer, juste assez pour que l’information puisse être intégrée, puis reprit avec un ton plus ouvert et un sourire doux. Ses mains bougeaient de haut en bas dans un mouvement se voulant apaisant tandis qu'il n'hésita pas à avancer sur son siège afin de se rapprocher un peu du jeune homme.
- Ne vous arrachez pas les cheveux, je vous en prie. C'est pardonné, tout va bien. Puis... afin d'être clair sur ce point : si je restais uniquement parce que je suis payé pour... je ferais le strict minimum. Là, ce n’est pas ce que je fais, j'espère que vous arrivez à le distinguer.
Hyacinthe serait probablement blessé si cela n'était pas le cas. Mais bon, c'était un problème pour un autre moment.
La première phrase, surtout, ne le surprit pas - elle le heurta, bien sûr, mais sans le prendre au dépourvu. Le roux l’avait déjà entendue sous mille formes différentes, chez d’autres, et parfois même, dans des souvenirs qu’il ne convoquait pas volontiers. Il savait que sa propre situation se différenciait ici : il ne se dissimulait non pour être aimé, mais pour contrôler son environnement.
- Je comprend ce que vous dites, répondit-il après une grande inspiration. Quand on a l’impression que l’alternative, c’est "être aimé pour quelque chose de faux" ou "ne pas être aimé du tout"... le choix paraît vite fait.
Il marqua une très légère pause, le regard toujours posé sur lui, sans le forcer à le soutenir.
- Mais ce n’est pas un choix stable. Plus vous vous y appuyez, plus vous vous épuisez. Peut-être vous sentez-vous mieux avec les autres comme cela, mais... le mieux n'est-il pas, au long terme, de vous sentir bien avec vous-même ? Même si je sais que cela parait difficile, en ce moment... est-ce que vous arrivez à envisager un avenir comme celui-ci ?
Sa voix ne cherchait pas à contredire frontalement Elijah, bien au contraire, mais à déplacer légèrement l’angle, à ouvrir une brèche vers l'avenir sur laquelle il pouvait entrevoir quelque chose de positif. Puis vinrent les autres mots, plus directs, plus tranchants, qui surprirent un peu le psychomage. Cette fois, Hyacinthe sentit quelque chose en lui réagir plus vivement. Non pas de la vexation, mais une forme de lucidité un peu sèche, presque ironique, qui passa fugitivement dans ses pensées avant qu’il ne la canalise. Ah. Voilà. On y est. Le moment où je deviens interchangeable Je vais encore le décevoir, lui qui a tant insisté pour mon honnêteté.. Hyacinthe ne fit qu'une légère grimace qui dévoila que ses mots l'avaient atteint, sa posture se redressa et il ne pu s'empêcher d'ajuster ses robes.
- Vous avez raison sur une partie, répondit-il sans détour. C’est mon métier d’être là, de vous écouter, de vous accompagner. Pourtant... je reste humain. Bien que j'essaye de maintenir une neutralité avec chaque élève, je ressens des émotions, des affinités diverses et plus ou moins fortes avec chacun d'eux. Mon travail fait que je dois maintenir ces choses à distance, car même si nous nous voyons souvent, ce n'est pas moi qui importe, mais votre vie, vos émotions, vos pensées en dehors de ce bureau.
Hyacinthe laissa sa voix s’éteindre dans le silence, mais son esprit continuait de suivre chaque mouvement d’Elijah, chaque petit signe de tension dans ses épaules, chaque tressautement nerveux de ses mains. Il savait que, professionnellement, il devait garder une distance, mais il ne pouvait nier que son empathie allait bien au-delà d’une simple posture de psychomage : il y avait chez ce garçon quelque chose qui lui rappelait ses propres blessures, la peur sourde de ne jamais être assez, de ne jamais être choisi, et cette rage contenue qui, enfant, l’avait parfois fait se replier sur lui-même. Mais ce n’était pas seulement une résonance douloureuse ; Elijah avait une force, une curiosité et une sincérité qui le touchaient profondément. Le voir si fragile et si vif à la fois éveillait en Hyacinthe une tendresse qu’il ne cherchait pas à refouler, simplement à comprendre et à canaliser.
Il savait qu’il devait rester un guide, mais il se surprit à sincèrement souhaiter que le garçon comprenne peu à peu qu’il pouvait être lui-même sans avoir à se camoufler derrière un personnage pour être aimé. Non seulement parce qu’il voyait en lui des échos de ce qu’il avait été, mais parce qu’Elijah, avec toute sa complexité, son humour, ses contradictions et ses éclats de lumière, était quelqu’un qu’il voulait voir grandir, s’affirmer, et apprendre à se donner le droit d’exister pleinement. Hyacinthe ne l'avait pas prévu, loin de là, et n'avait pas l'intention de laisser ses émotions interférer dans son travail. Cependant, il les accepta avec une grande lucidité.
- Je ne peux pas vous promettre une affection qui ressemblerait à celle d’un parent ou d’un ami, ce ne serait pas honnête.
Après tout, il n'était ni l'un ni l'autre. Comment se qualifierait-il ? Était-ce à lui de nommer cela ? Lui qui reculait la limite qu'il se fixait avec ses patients pour un jeune pour qui il s'était pris d'affection ? Hyacinthe savait ne pas devoir s'impliquer dans la vie de ses patients, et pourtant, cela était déjà arrivé : une enseignante qui lui a proposé de boire un café en Grèce, des discussions moins formelles avec un groupe d'étudiants qu'il voyait pour de l'anxiété sociale, même un ouvrier créatif avec qui il avait fait des ateliers de peinture, en Grèce. Commencer à travailler avec des proches n'était pas efficace, mais développer un certain niveau de familiarité avec ses patients ne lui avait jamais porté préjudice.
Ben moi, j'vous aime bien.
Ses pensées furent interrompues par la remarque du Poufsouffle. Là encore, il y avait une certaine évidence dans ces propos. Mais entre faire des supposition et entendre d'une façon si claire une marque d'affection, il y avait tout un monde. Et Hyacinthe ne pu s'empêcher de sourire en direction du jeune sorcier, ses joues prenant une légère teinte rosée.
- Je vous aime bien aussi, Elijah.
Il espérait sincèrement que le Poufsouffle arrive à comprendre. Le roux n'avait pas envie de développer et ne comptait sûrement pas le faire. Cette réponse devait, devrait être suffisante pour rassurer le garçon quant à sa capacité à être aimé.
- Et... finit-il par ajouter en haussant un sourcil. Ce- cela ne fait pas de vous quelqu'un de bête, mais quelqu'un qui a du cœur.
Alors que Hyacinthe pensait que la situation allait se calmer - cette heure-ci était riche en émotion, c'était certain - cela se passa tout autrement. Vint alors le cynisme, plus dur, plus défensif, et immédiatement après, le regret. Il n'y avait pas besoin d'être psychomage pour voir comment la colère l'avait frappé, puis comment la culpabilité s'était enroulée autour de lui comme un serpent cherchait sa proie... serpent ? Le trentenaire vit du coin de l'œil Lernie se déplacer de son coussin. La petite pas si petite semblait pleinement éveillée, sans doute interpellée par le ton instable de leur conversation. Elle était encore loin d'eux, et de ce fait, il supposa qu'elle pouvait tout aussi bien les rejoindre que remonter vers ses appartements. Cela noté dans un coin, Hyacinthe retourna vers les paroles qu'Elijah lui avait lancé. La phrase elle-même ne nécessitait aucune réaction, elle ne l'importait pas vraiment, en réalité. Ce qu'elle trahissait était en revanche bien plus important.
- Elijah, regardez-moi, s'il vous plait.
Ce n'était pas un ordre -jamais au sein du bureau-, mais une invitation ferme.
- Vous êtes en colère, fatigué... vous testez ce qui tient et ce qui casse. C’est... logique, dans votre situation. Et pourtant, cela ne change pas ce que je fais ici, avec vous. Je ne compte pas vous laisser gérer tout ça seul.
Il laissa une seconde passer, juste assez pour que l’information puisse être intégrée, puis reprit avec un ton plus ouvert et un sourire doux. Ses mains bougeaient de haut en bas dans un mouvement se voulant apaisant tandis qu'il n'hésita pas à avancer sur son siège afin de se rapprocher un peu du jeune homme.
- Ne vous arrachez pas les cheveux, je vous en prie. C'est pardonné, tout va bien. Puis... afin d'être clair sur ce point : si je restais uniquement parce que je suis payé pour... je ferais le strict minimum. Là, ce n’est pas ce que je fais, j'espère que vous arrivez à le distinguer.
Hyacinthe serait probablement blessé si cela n'était pas le cas. Mais bon, c'était un problème pour un autre moment.
1350 - @Elijah Cooper
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
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Oui, le choix était vite fait. Et s'il n'était pas stable, Elijah s'en moquait bien : rien n'était plus stable depuis qu'il avait appris qu'il était un sorcier. Il avait l'impression de marcher en permanence sur un fil tendu au-dessus du vide et que le moindre faux-pas le ferait chuter pour de bon. Or, s'il avait un bon équilibre, et que son énergie paraissait intarissable, elle ne l'était guère. Et maintenant que la fatigue se faisait sentir, la chute semblait de plus en plus inévitable. En faisant celui qui gérait parfaitement, il s'octroyait un sursis. Il restait simplement à voir combien de temps ce sursis pouvait durer.
C'était cependant tout ce qu'il pouvait faire pour le moment. Changer ses habitudes n'avait jamais été quelque chose d'aisé pour lui. C'était même assez terrifiant. Alors il se contenta de hausser les épaules pour toute réponse : il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pouvait envisager. L'avenir lui paraissait lointain. Et surtout, il lui paraissait plus effrayant encore que le moment présent.
En attendant, Elijah n'appréciait toujours pas le fait que Monsieur Kyros se cachât ainsi derrière son métier pour expliquer un fait aussi banal que celui de ne pas l'aimer. Puisqu'il venait de dire qu'il le savait, il estimait qu'il n'avait pas besoin d'une explication vaseuse à ce sujet. C'était la deuxième fois qu'il indiquait être un humain avec des émotions et des affinités. Pourtant, il continuait de les voiler. Et l'indication claire qu'il ne pourrait jamais être un parent ou un ami fut comme une lame de poignard plantée en plein coeur.
L'adolescent serra les mâchoires, autant que ses poings dans ses cheveux. Voilà, encore une fois, il donnait ce qu'il ne saurait recevoir. C'était apparemment l'histoire de sa vie. Parce que même s'il savait n'être qu'un élève de plus, il ne voulait pas l'être. Il voulait être plus. Il avait besoin de plus. Il releva tout de même les yeux vers lui lorsqu'il affirma bien l'aimer également, comme pour voir s'il disait la vérité. Il avait l'impression qu'il était sincère, mais comment en être sûr ? Et puis, aimer bien, ce n'était pas comme aimer. Ce fut pourtant suffisant pour apaiser quelque peu sa colère sur l'instant.
Bien plus que de savoir qu'il avait du coeur. Parce qu'il commençait à se dire qu'il ferait mieux de pas en avoir. Que tout serait bien moins douloureux alors, s'il pouvait juste cesser de ressentir, au moins pour quelques minutes. Un calme effrayant, mais nécessaire dans le chaos de sa vie. Lorsque l'homme lui demanda de le regarder, il s'exécuta à contre-coeur, honteux des paroles qu'il avait pu avoir à l'égard de celui qui n'avait jamais rien fait que de le soutenir.
Il relâcha ses cheveux, simplement pour mieux serrer ses poignets en échange. Il avait besoin de sentir ces pressions sur son corps, pour s'ancrer dans le bureau, pour ne pas exploser totalement. Il ne voulait pas laisser sa colère se déverser sur Monsieur Kyros. Il l'avait déjà bien trop fait, et s'en sentait terriblement coupable.
- Je sais, M'sieur. Pardon, se sentit-il obligé de dire alors même que le psychomage avait déjà assuré qu'il était pardonné. Vous... Je... 'Fin...
Elijah semblait se perdre dans les mots, incapable de trouver ceux qui donneraient réellement du sens à ce qu'il ressentait à propos de tout cela. Inconsciemment, il se remit à gratter ses poignets tout en cherchant.
- C'est... Vous dites que.. Juste.... J'suis pas d'accord M'sieur. Quand vous dites que vous ce que vous ressentez c'est pas important. Pour moi ça l'est. J'veux pas... être tenu à distance. J'sais bien que vous pouvez pas que c'est votre métier et tout ça mais... M'sieur ça marche pas comme ça. J'préfère savoir si vraiment vous m'aimez bien ou pas. Et pis... J'vois bien qu'vous êtes pas pareil quand j'parle de... Mon père. Moi j'préfère l'humain. Les psychomages c'est trop bizarre en vrai. J'viens vous voir vous, pas quelqu'un d'autre.
Il ignorait s'il était vraiment clair dans ses propos. Il avait essayé de l'être au maximum. Et sincère, comme il l'avait toujours été.
C'était cependant tout ce qu'il pouvait faire pour le moment. Changer ses habitudes n'avait jamais été quelque chose d'aisé pour lui. C'était même assez terrifiant. Alors il se contenta de hausser les épaules pour toute réponse : il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pouvait envisager. L'avenir lui paraissait lointain. Et surtout, il lui paraissait plus effrayant encore que le moment présent.
En attendant, Elijah n'appréciait toujours pas le fait que Monsieur Kyros se cachât ainsi derrière son métier pour expliquer un fait aussi banal que celui de ne pas l'aimer. Puisqu'il venait de dire qu'il le savait, il estimait qu'il n'avait pas besoin d'une explication vaseuse à ce sujet. C'était la deuxième fois qu'il indiquait être un humain avec des émotions et des affinités. Pourtant, il continuait de les voiler. Et l'indication claire qu'il ne pourrait jamais être un parent ou un ami fut comme une lame de poignard plantée en plein coeur.
L'adolescent serra les mâchoires, autant que ses poings dans ses cheveux. Voilà, encore une fois, il donnait ce qu'il ne saurait recevoir. C'était apparemment l'histoire de sa vie. Parce que même s'il savait n'être qu'un élève de plus, il ne voulait pas l'être. Il voulait être plus. Il avait besoin de plus. Il releva tout de même les yeux vers lui lorsqu'il affirma bien l'aimer également, comme pour voir s'il disait la vérité. Il avait l'impression qu'il était sincère, mais comment en être sûr ? Et puis, aimer bien, ce n'était pas comme aimer. Ce fut pourtant suffisant pour apaiser quelque peu sa colère sur l'instant.
Bien plus que de savoir qu'il avait du coeur. Parce qu'il commençait à se dire qu'il ferait mieux de pas en avoir. Que tout serait bien moins douloureux alors, s'il pouvait juste cesser de ressentir, au moins pour quelques minutes. Un calme effrayant, mais nécessaire dans le chaos de sa vie. Lorsque l'homme lui demanda de le regarder, il s'exécuta à contre-coeur, honteux des paroles qu'il avait pu avoir à l'égard de celui qui n'avait jamais rien fait que de le soutenir.
Il relâcha ses cheveux, simplement pour mieux serrer ses poignets en échange. Il avait besoin de sentir ces pressions sur son corps, pour s'ancrer dans le bureau, pour ne pas exploser totalement. Il ne voulait pas laisser sa colère se déverser sur Monsieur Kyros. Il l'avait déjà bien trop fait, et s'en sentait terriblement coupable.
- Je sais, M'sieur. Pardon, se sentit-il obligé de dire alors même que le psychomage avait déjà assuré qu'il était pardonné. Vous... Je... 'Fin...
Elijah semblait se perdre dans les mots, incapable de trouver ceux qui donneraient réellement du sens à ce qu'il ressentait à propos de tout cela. Inconsciemment, il se remit à gratter ses poignets tout en cherchant.
- C'est... Vous dites que.. Juste.... J'suis pas d'accord M'sieur. Quand vous dites que vous ce que vous ressentez c'est pas important. Pour moi ça l'est. J'veux pas... être tenu à distance. J'sais bien que vous pouvez pas que c'est votre métier et tout ça mais... M'sieur ça marche pas comme ça. J'préfère savoir si vraiment vous m'aimez bien ou pas. Et pis... J'vois bien qu'vous êtes pas pareil quand j'parle de... Mon père. Moi j'préfère l'humain. Les psychomages c'est trop bizarre en vrai. J'viens vous voir vous, pas quelqu'un d'autre.
Il ignorait s'il était vraiment clair dans ses propos. Il avait essayé de l'être au maximum. Et sincère, comme il l'avait toujours été.
5e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
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Le garçon ne semblait plus seulement chercher à être rassuré, ni même compris, mais il exigeait quelque chose de plus brut, de plus risqué. Quelque chose que Hyacinthe pouvait considérer comme dangereux pour le maintient de leur cadre. Celui-ci resta silencieux quelques instants en mesurant ce qui se jouait ici, non seulement parce qu'il voyait clairement qu'Elijah ne voulait pas de la parole ajustée et contenue du professionnel, mais la vérité sans filtre de l'homme qu'il avait face à lui.
Le trentenaire hésitait. D'un côté, pouvait-il vraiment se passer de son masque de psychomage et garantir une séance, un suivit et une évolution saine et prometteuse de leurs séances ? Il avait une position de force par rapport à ses patients, non seulement en raison de son statut, mais aussi de son âge. Le fait qu'il reste à une distance raisonnable était bénéfique pour les deux côtés. Cependant, le Poufsouffle insistait tant pour qu'il se débarrasse de cela. Est-ce que cela valait le coup à long terme ? Une part grandissante de son esprit lui répétait à quel point il aurait aimé ça, s'il avait été à sa place.
Peut-être que ça irait.
Hyacinthe observa un instant les poignets du brun, ces gestes d’ancrage qui devenaient plus insistants, plus abrasifs depuis le début de l'heure, puis remonta lentement jusqu’à son visage. Il voyait à quel point son corps trahissait l'instabilité de ses émotions, et songea par la même occasion à la façon dont son propre corps devait lui aussi, le trahir. Bien que le roux puisse maintenir un certain contrôle, il était indéniable que par les mouvements désordonnés de ses doigts, sa posture rigide et son regard hagard et pourtant si vulnérable, quelqu'un de suffisamment observateur verrait ses troubles. Et lorsqu'il se mit à parler, sa voix était toujours calme, mais un peu plus grave de par sa bassesse. Adieu les précautions, il ferait de son mieux pour gérer les conséquences.
- D’accord, répondit-il en le regardant fixement. Alors je... je vais tâcher d'être plus direct.
Il se redressa légèrement dans son siège, s'ancrant dans l'espace avant de prendre la parole d'une façon qui ne lui ressemblait pas vraiment. Hyacinthe n'était pas quelqu'un d'expressif, lorsque cela concernait ses émotions. Il avait déjà fait tant de choses un peu plus tôt, tant de choses qui n'étaient pas lui. La politesse était une chose, ce qui venait du plus profond de son être en était une autre. Le contact physique en était une autre. Dire à un patient chez qui il pouvait distinguer un début de dépendance qu'il l'appréciait était, s'il devait y réfléchir plus calmement, une terrible erreur. Par Merlin, d'où est-ce que tout cela venait ? Était-ce lui qui perdait le contrôle, ou était-ce juste à cause d'Elijah ?
- Comme je vous l'ai dit avant, je vous apprécie sincèrement. Pas par obligation, ni parce que c’est mon métier. Je ne suis pas payé pour apprécier mes patients - et heureusement ! Je vous aime bien parce que vous êtes un jeune homme charmant, blagueur et plein de ressources. Parce que vous réfléchissez d'une façon si désordonnée, et que vous avez du cœur, même quand vous aimeriez que celui-ci disparaisse. Parce que j'apprécie nos discussions, cette familiarité saugrenue que vous demandez depuis notre premier entretien.
Combien de temps y penserait-il une fois retrouvé seul face à ses pensées les moins contrôlables ? Hyacinthe espérait sincèrement simplement réaliser que tout cela n'était que quelque chose de normal. Peut-être n'était-il pas fan d'affections, mais peut-être qu'il suranalysait et surréagissait simplement(il le faisait, sans aucun doute). Tout pour qu'il ne retombe pas dans les pensées répétitives lui criant qu'il avait fait une erreur, qu'il n'était pas fait pour ce métier et qu'il ne méritait pas d'être apprécié. Il ne saurait pas le gérer correctement, il le savait d'expérience.
- Néanmoins, je ne compte pas briser le cadre que nous avons construit ici : vous êtes un élève de cette école, je suis et resterai, dans ce château, votre psychomage. Ces faits n'impactent en rien notre entente, et cela ne veut pas dire que vous n'existerez plus à mes yeux lorsque je rentrerai chez moi, cet été. Cela ne nous empêchera pas de nous retrouver en septembre, n'est-ce pas ?
Hyacinthe prit le temps de respirer. Une fois, deux fois. Puis trois. Qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire pour ce jeune homme... Il s'agissait d'une situation compliquée, et ses mots lui semblaient désordonnées. Comment exprimer ses émotions ? Son opinion ? Le tout, en faisant comprendre à Elijah qu'il serait honoré d'être un adulte de confiance dans sa vie mais qu'il ne sera probablement jamais plus ?
Le roux observa la réaction du garçon, attentif, puis poursuivit en revenant à ce qu’il avait dit. Une légère grimace apparut sur son visage lorsqu'il comprit qu'il n'avait pas été assez discret sur ses réactions vis-à-vis du père du garçon. Il inclina légèrement la tête, un sourire désolé aux lèvres, et laissa ses mains se détendre légèrement sur les accoudoirs en signe de défaite.
- Vous avez raison, je ne suis pas le même quand vous parlez de votre père. C'est un sujet qui me touche personnellement.
Hyacinthe ne développa pas davantage, mais ne retira pas non plus ce qu’il venait d’admettre. Si Elijah l'avait remarqué, il n'était pas nécessaire de le nier. Il n'avait cependant aucune envie de faire part de ce point commun. Il laissa retomber le silence, laissant le Poufsouffle face à cette version plus directe de lui-même.
Le trentenaire hésitait. D'un côté, pouvait-il vraiment se passer de son masque de psychomage et garantir une séance, un suivit et une évolution saine et prometteuse de leurs séances ? Il avait une position de force par rapport à ses patients, non seulement en raison de son statut, mais aussi de son âge. Le fait qu'il reste à une distance raisonnable était bénéfique pour les deux côtés. Cependant, le Poufsouffle insistait tant pour qu'il se débarrasse de cela. Est-ce que cela valait le coup à long terme ? Une part grandissante de son esprit lui répétait à quel point il aurait aimé ça, s'il avait été à sa place.
Peut-être que ça irait.
Hyacinthe observa un instant les poignets du brun, ces gestes d’ancrage qui devenaient plus insistants, plus abrasifs depuis le début de l'heure, puis remonta lentement jusqu’à son visage. Il voyait à quel point son corps trahissait l'instabilité de ses émotions, et songea par la même occasion à la façon dont son propre corps devait lui aussi, le trahir. Bien que le roux puisse maintenir un certain contrôle, il était indéniable que par les mouvements désordonnés de ses doigts, sa posture rigide et son regard hagard et pourtant si vulnérable, quelqu'un de suffisamment observateur verrait ses troubles. Et lorsqu'il se mit à parler, sa voix était toujours calme, mais un peu plus grave de par sa bassesse. Adieu les précautions, il ferait de son mieux pour gérer les conséquences.
- D’accord, répondit-il en le regardant fixement. Alors je... je vais tâcher d'être plus direct.
Il se redressa légèrement dans son siège, s'ancrant dans l'espace avant de prendre la parole d'une façon qui ne lui ressemblait pas vraiment. Hyacinthe n'était pas quelqu'un d'expressif, lorsque cela concernait ses émotions. Il avait déjà fait tant de choses un peu plus tôt, tant de choses qui n'étaient pas lui. La politesse était une chose, ce qui venait du plus profond de son être en était une autre. Le contact physique en était une autre. Dire à un patient chez qui il pouvait distinguer un début de dépendance qu'il l'appréciait était, s'il devait y réfléchir plus calmement, une terrible erreur. Par Merlin, d'où est-ce que tout cela venait ? Était-ce lui qui perdait le contrôle, ou était-ce juste à cause d'Elijah ?
- Comme je vous l'ai dit avant, je vous apprécie sincèrement. Pas par obligation, ni parce que c’est mon métier. Je ne suis pas payé pour apprécier mes patients - et heureusement ! Je vous aime bien parce que vous êtes un jeune homme charmant, blagueur et plein de ressources. Parce que vous réfléchissez d'une façon si désordonnée, et que vous avez du cœur, même quand vous aimeriez que celui-ci disparaisse. Parce que j'apprécie nos discussions, cette familiarité saugrenue que vous demandez depuis notre premier entretien.
Combien de temps y penserait-il une fois retrouvé seul face à ses pensées les moins contrôlables ? Hyacinthe espérait sincèrement simplement réaliser que tout cela n'était que quelque chose de normal. Peut-être n'était-il pas fan d'affections, mais peut-être qu'il suranalysait et surréagissait simplement(il le faisait, sans aucun doute). Tout pour qu'il ne retombe pas dans les pensées répétitives lui criant qu'il avait fait une erreur, qu'il n'était pas fait pour ce métier et qu'il ne méritait pas d'être apprécié. Il ne saurait pas le gérer correctement, il le savait d'expérience.
- Néanmoins, je ne compte pas briser le cadre que nous avons construit ici : vous êtes un élève de cette école, je suis et resterai, dans ce château, votre psychomage. Ces faits n'impactent en rien notre entente, et cela ne veut pas dire que vous n'existerez plus à mes yeux lorsque je rentrerai chez moi, cet été. Cela ne nous empêchera pas de nous retrouver en septembre, n'est-ce pas ?
Hyacinthe prit le temps de respirer. Une fois, deux fois. Puis trois. Qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire pour ce jeune homme... Il s'agissait d'une situation compliquée, et ses mots lui semblaient désordonnées. Comment exprimer ses émotions ? Son opinion ? Le tout, en faisant comprendre à Elijah qu'il serait honoré d'être un adulte de confiance dans sa vie mais qu'il ne sera probablement jamais plus ?
Le roux observa la réaction du garçon, attentif, puis poursuivit en revenant à ce qu’il avait dit. Une légère grimace apparut sur son visage lorsqu'il comprit qu'il n'avait pas été assez discret sur ses réactions vis-à-vis du père du garçon. Il inclina légèrement la tête, un sourire désolé aux lèvres, et laissa ses mains se détendre légèrement sur les accoudoirs en signe de défaite.
- Vous avez raison, je ne suis pas le même quand vous parlez de votre père. C'est un sujet qui me touche personnellement.
Hyacinthe ne développa pas davantage, mais ne retira pas non plus ce qu’il venait d’admettre. Si Elijah l'avait remarqué, il n'était pas nécessaire de le nier. Il n'avait cependant aucune envie de faire part de ce point commun. Il laissa retomber le silence, laissant le Poufsouffle face à cette version plus directe de lui-même.
914 - @Elijah Cooper
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
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L'adolescent ne quittait pas le psychomage des yeux, comme pour s'assurer qu'il ne lui dirait rien de moins que la vérité qu'il lui demandait depuis le début de leurs séances. Et ce fut véritablement réconfortant pour lui d'entendre tant de compliments à son égard, dans la sincérité la plus totale. Il rougit légèrement en étirant un tout petit sourire, emprunt d'un contentement certain. Le fait que Monsieur Kyros l'appréciât pour de bon alors même qu'il se montrait si vrai auprès de lui lui permettait de se dire qu'il avait une chance d'un jour pouvoir être aimé sans avoir besoin de jouer le moindre rôle.
Il ignorait cependant en quoi cette familiarité dont il avait tant besoin était si saugrenue. Pour lui, c'était un simple échange de bons procédés. Après tout, s'il se montrait si entier avec Monsieur Kyros, il devait l'être en retour, c'était tout simplement normal. Le sourire de l'adolescent diminua cependant à la suite des propos du roux. Comment ça, il était et resterait son psychomage ? Les sourcils d'Elijah se froncèrent légèrement. Pour lui, tout cela ne voulait dire qu'une chose : Monsieur Kyros refusait d'être plus qu'un psychomage pour lui, et ça ne lui convenait pas. Parce qu'il était déjà plus. Et il n'aimait pas l'idée d'être simplement un élève de l'école à ses yeux.
Elijah poussa un soupir en cessant soudainement de gratter ses poignets. Il se releva, en époussetant son pantalon par réflexe. Il avait désormais envie de partir, parce que le cadre imposé ne lui convenait pas. Ou plutôt il ne lui suffisait pas. Il estimait avoir suffisamment discuté avec le psychomage pour mériter davantage que juste ça. Il l'appréciait, mais pas au point de voir autre chose qu'un élève en lui. Et ça, ce n'était pas suffisant. Il avait besoin d'être plus. Quoi, il ne le savait pas, mais plus.
Il en voulait à Monsieur Kyros de ne pas le voir. De ne pas le comprendre. De ne pas lui donner ce dont il avait tant désespérément besoin. Et il savait pertinemment que ce n'était pas juste de sa part d'attendre autant de lui. Qu'il lui donnait déjà beaucoup, peut-être même trop, mais rien ne saurait être suffisant lorsque la confiance avait déjà été trahie une fois avec tant de violence par un père qui aurait dû faire preuve d'un amour absolu et inconditionnel.
Elijah essayait de garder la tête haute. De trouver une excuse pour partir, loin de ce qu'il vivait comme un rejet. Mais cette volonté se brisa en une phrase. Une phrase qui força Elijah à plonger de nouveau son regard dans celui de Monsieur Kyros, pour s'assurer de ce point commun qu'il venait de confirmer.
- Vous lui avez pardonné ? demanda-t-il subitement.
Miss Priddy lui avait dit que les choses avec sa mère seraient probablement plus simples si elle lui pardonnait. Elijah, lui, était sûr de pardonner à son père pour peu que ce dernier acceptât de revenir dans sa vie. Mais il savait qu'il ne le ferait pas. Alors est-ce que juste lui pardonner, même s'il ne revenait jamais, ça arrangerait quelque chose ? Est-ce que le pardon avait vraiment un tel pouvoir ? Il ignorait ce qu'avait vécu exactement le psychomage avec son père. A dire vrai, il lui aurait probablement posé la question s'il ne l'avait pas senti finalement si distant. Mais il préférait aller droit au but.
Il ignorait cependant en quoi cette familiarité dont il avait tant besoin était si saugrenue. Pour lui, c'était un simple échange de bons procédés. Après tout, s'il se montrait si entier avec Monsieur Kyros, il devait l'être en retour, c'était tout simplement normal. Le sourire de l'adolescent diminua cependant à la suite des propos du roux. Comment ça, il était et resterait son psychomage ? Les sourcils d'Elijah se froncèrent légèrement. Pour lui, tout cela ne voulait dire qu'une chose : Monsieur Kyros refusait d'être plus qu'un psychomage pour lui, et ça ne lui convenait pas. Parce qu'il était déjà plus. Et il n'aimait pas l'idée d'être simplement un élève de l'école à ses yeux.
Elijah poussa un soupir en cessant soudainement de gratter ses poignets. Il se releva, en époussetant son pantalon par réflexe. Il avait désormais envie de partir, parce que le cadre imposé ne lui convenait pas. Ou plutôt il ne lui suffisait pas. Il estimait avoir suffisamment discuté avec le psychomage pour mériter davantage que juste ça. Il l'appréciait, mais pas au point de voir autre chose qu'un élève en lui. Et ça, ce n'était pas suffisant. Il avait besoin d'être plus. Quoi, il ne le savait pas, mais plus.
Il en voulait à Monsieur Kyros de ne pas le voir. De ne pas le comprendre. De ne pas lui donner ce dont il avait tant désespérément besoin. Et il savait pertinemment que ce n'était pas juste de sa part d'attendre autant de lui. Qu'il lui donnait déjà beaucoup, peut-être même trop, mais rien ne saurait être suffisant lorsque la confiance avait déjà été trahie une fois avec tant de violence par un père qui aurait dû faire preuve d'un amour absolu et inconditionnel.
Elijah essayait de garder la tête haute. De trouver une excuse pour partir, loin de ce qu'il vivait comme un rejet. Mais cette volonté se brisa en une phrase. Une phrase qui força Elijah à plonger de nouveau son regard dans celui de Monsieur Kyros, pour s'assurer de ce point commun qu'il venait de confirmer.
- Vous lui avez pardonné ? demanda-t-il subitement.
Miss Priddy lui avait dit que les choses avec sa mère seraient probablement plus simples si elle lui pardonnait. Elijah, lui, était sûr de pardonner à son père pour peu que ce dernier acceptât de revenir dans sa vie. Mais il savait qu'il ne le ferait pas. Alors est-ce que juste lui pardonner, même s'il ne revenait jamais, ça arrangerait quelque chose ? Est-ce que le pardon avait vraiment un tel pouvoir ? Il ignorait ce qu'avait vécu exactement le psychomage avec son père. A dire vrai, il lui aurait probablement posé la question s'il ne l'avait pas senti finalement si distant. Mais il préférait aller droit au but.
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Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
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Une cassure. Elle n'était pas audible dans le trop peu des mots d'Elijah, mais bel et bien visible dans son corps. Tandis qu'il se relevait, se détachait et remettait de la distance physique là où quelques instants plus tôt, il y avait encore un lien fragile, Hyacinthe ne put que contenir et ignorer le sentiment qui grondait en lui. Il n'avait pas fait assez, semblait-il, une fois de plus. La légère blessure fut contenue de toutes ses forces tandis qu'il restait concentré sur le Poufsouffle. Hyacinthe avait pourtant prit sur lui et était allé bien plus loin que d'habitude : parler de ses émotions n'était pas dans ses habitudes, et un contexte comme celui-ci compliquait d'autant plus les choses. Il s'est fait violence et il en a immédiatement payé le prix. L'instabilité. Comment se placer, comment être juste et en même temps, fidèle à soi-même ? L'interminable conflit qui avait pris place dans son esprit allait, il en était à présent certain, le suivre pendant un moment.
Peut-être aurait-il eu plus de facilité à gérer une rupture franche, une attitude conflictuelle. Cette prise de distance silencieuse ne lui permettait pas de rebondir et de faire au mieux pour Elijah - qui n'avait pas explicité quels propos l'avaient contrarié, malgré la compréhension fine du psychomage. Il semblait s'être fermé, et pour la première fois depuis plusieurs années, Hyacinthe se demanda s'il était vraiment aussi apte à faire son travail qu'il l'avait cru.
Le rouquin resta assis, sans chercher à combler cet espace nouvellement créé. Une part de lui en avait envie, instinctivement, mais il savait que ce serait une erreur. Forcer la proximité à cet instant reviendrait à invalider ce qu’il venait de poser, et une telle contradiction ne pouvait survenir pour que la valeur de ses propos soit conservée. Il était professionnel, par Merlin ! Et pourtant... ne rien faire donnait à cette distance un amer goût d’échec. Il ne prenait pas assez de distance, il doutait trop de lui-même. Peut-être que conclure cette séance serait aussi positif pour Elijah que pour lui. Ses doigts se crispèrent légèrement contre le bois des accoudoirs, seuls trahissant une tension qu'il ne verbalisa pas.
Ses apitoiements furent alors interrompus lorsqu'il eut soudain matière à travailler avec la question d'Elijah : simple, directe, tranchante. Quelque part, sous tout ce qu'il avait révélé plus ou moins malgré lui, cela semblait inévitable. Hyacinthe cligna des yeux, sincèrement surprit. Il sentit l’espace d’un instant, une forme malsaine de soulagement à l’idée de ne pas avoir à édulcorer sa réponse.
- Non.
Le mot sortit sans détour. Trop rapide pour être adouci, trop honnête pour être repris. C'est bien ce que le garçon voulait, non ? Le silence qui suivit ne le gêna pas. Au contraire, le roux s’y ancrant brièvement pour éviter de lisser ce qui venait d’être dit. Il détourna légèrement le regard pour reprendre un fil intérieur qu’il sentait glisser. C'était... c'était sans doute l'une des pires séances qu'il n'ait jamais fait. Il ne conduisait plus rien. Il était contre-productif vis-à-vis de l'aide qu'il voulait apporter à Elijah. Quel imbécile.
- Je ne lui ai pas pardonné. Et... et... La voix de Hyacinthe fut plus basse, mais elle garda une certaine rugosité, quelque chose de moins travaillé que d'habitude. Je ne vais pas vous dire que c'est ce qu'il faut faire, au contraire.
Il resta un instant immobile, puis reprit, plus lentement, comme s’il reconstruisait sa pensée au fur et à mesure. Ses épaules s’abaissèrent légèrement, relâchant une tension invisible.
- Le pardon... n’est pas une obligation morale qu’on devrait atteindre pour aller "mieux". Certaines personnes en ont besoin. Vraiment. Cela les apaise, ça leur permet de... déposer quelque chose - oui, c'est ça. Cela a une fonction libératrice très précieuse. Cela peut pourtant ne pas convenir à d'autres.
Le psychomage observa Elijah, attentif à la manière dont ses mots pouvaient être reçus, mais sans ajuster leur contenu. Il glissa nerveusement ses doigts dans ses cheveux puis se força à les reposer sur les accoudoirs.
- Au final, cela ne dépend que de vous. Si votre choix vous convient, cela ne vous empêchera pas d'avancer. Ce qui compte, c'est de ne pas être entièrement défini par ce qui a été fait.
Il aurait aimé pardonner. Pouvoir se libérer des griffes que son père avait placé sur lui il y a bien longtemps. Peu importait la distance et le temps, au final, car il restait toujours dans les pensées de Hyacinthe, dans ses rêves, quelque part là, dans ce monde. Le pardon l'aurait libéré, il en était certain. Mais comment pouvait-il se montrer capable de pardonner quelqu'un qui ne montrait aucun remort ? Il avait fuit et avait enterré tout ça en faisant vivre sa haine et son dégoût, il avait retrouvé une famille ailleurs et s'était construit loin de lui. Le pardon semblait inaccessible, et à vrai dire, Hyacinthe refusait même d'envisager la question. La colère était peut-être trop confortable.
Un silence passa, où Hyacinthe expira bruyamment en regardant par la fenêtre de son bureau. L'heure était presque terminée. Il avait l'impression d'avoir été là toute l'après-midi. Il sentit plus qu'il ne vit Lernie glisser jusqu'au fauteuil jusqu'à se poser lourdement sur ses genoux. Le roux baissa les yeux et un sourire timide apparu sur son visage. Qu'elle était intelligente, sa princesse. Il laissa ses doigts vagabonder sur les écailles froides du serpent et en ressentit presque immédiatement les effets. Lernie s'ajusta et sembla lever les yeux vers lui. Peut-être aurait-il alors assez de force pour s'exposer encore un peu.
Cela étant, il n’aimait toujours pas cette partie-là.
- Elijah...
Sa voix s’était légèrement adoucie, mais ne perdit pas en sérieux.
- J’ai bien vu que... ce que j’ai dit tout à l’heure... cela ne vous a pas convenu. Je vais donc continuer à être honnête avec vous. Une légère pause. J’essaie déjà d’être plus... direct, plus personnel avec vous que je ne le suis habituellement avec mes patients et... ce n’est pas quelque chose de très naturel pour moi.
Le mot semblait presque étrange dans sa bouche, dans ce contexte précis. Pourtant, cela n'était pas vraiment une justification, ni même un moyen de susciter de la compassion. C’était un fait, clinique, factuel. Une micro-tension passa dans sa mâchoire, vite maîtrisée par le trentenaire.
- Ce que je vous ai dit sur ce que je pense de vous, ce n'est pas quelque chose que je dis à la légère. Le choix des mots était précis. Presque froid dans sa structure, mais pas dans son intention. Je tiens à ce que vous compreniez que si je pose des limites, ce n’est pas pour vous repousser, ni parce que vous ne comptez pas. C’est parce que... c’est la seule manière pour moi d’être stable, cohérent, et utile pour vous sur la durée.
Hyacinthe tourna enfin la tête pour regarder le jeune préfet et soutint son regard sans aucune dureté.
- Je sais que cela peut ne pas suffire, que... cela peut faire mal. Mais abandonner ce cadre en ce moment serait vous laisser tomber. Ce n'est peut-être pas votre impression aujourd'hui, mais plus tard, ça le sera.
Un silence, encore.
Plus calme cette fois. Lernie faisait des merveilles.
- Ce que je vous donne là, ce n'est pas un "moins". Même si je comprend que cela soit différent de ce que vous semblez chercher. C’est... quelque chose de différent, quelque chose que je peux tenir.
Quel terrible psychomage il était, à s'impliquer si fort pour un jeune garçon si différent et pourtant, qui lui ressemblait tant.
Peut-être aurait-il eu plus de facilité à gérer une rupture franche, une attitude conflictuelle. Cette prise de distance silencieuse ne lui permettait pas de rebondir et de faire au mieux pour Elijah - qui n'avait pas explicité quels propos l'avaient contrarié, malgré la compréhension fine du psychomage. Il semblait s'être fermé, et pour la première fois depuis plusieurs années, Hyacinthe se demanda s'il était vraiment aussi apte à faire son travail qu'il l'avait cru.
Le rouquin resta assis, sans chercher à combler cet espace nouvellement créé. Une part de lui en avait envie, instinctivement, mais il savait que ce serait une erreur. Forcer la proximité à cet instant reviendrait à invalider ce qu’il venait de poser, et une telle contradiction ne pouvait survenir pour que la valeur de ses propos soit conservée. Il était professionnel, par Merlin ! Et pourtant... ne rien faire donnait à cette distance un amer goût d’échec. Il ne prenait pas assez de distance, il doutait trop de lui-même. Peut-être que conclure cette séance serait aussi positif pour Elijah que pour lui. Ses doigts se crispèrent légèrement contre le bois des accoudoirs, seuls trahissant une tension qu'il ne verbalisa pas.
Ses apitoiements furent alors interrompus lorsqu'il eut soudain matière à travailler avec la question d'Elijah : simple, directe, tranchante. Quelque part, sous tout ce qu'il avait révélé plus ou moins malgré lui, cela semblait inévitable. Hyacinthe cligna des yeux, sincèrement surprit. Il sentit l’espace d’un instant, une forme malsaine de soulagement à l’idée de ne pas avoir à édulcorer sa réponse.
- Non.
Le mot sortit sans détour. Trop rapide pour être adouci, trop honnête pour être repris. C'est bien ce que le garçon voulait, non ? Le silence qui suivit ne le gêna pas. Au contraire, le roux s’y ancrant brièvement pour éviter de lisser ce qui venait d’être dit. Il détourna légèrement le regard pour reprendre un fil intérieur qu’il sentait glisser. C'était... c'était sans doute l'une des pires séances qu'il n'ait jamais fait. Il ne conduisait plus rien. Il était contre-productif vis-à-vis de l'aide qu'il voulait apporter à Elijah. Quel imbécile.
- Je ne lui ai pas pardonné. Et... et... La voix de Hyacinthe fut plus basse, mais elle garda une certaine rugosité, quelque chose de moins travaillé que d'habitude. Je ne vais pas vous dire que c'est ce qu'il faut faire, au contraire.
Il resta un instant immobile, puis reprit, plus lentement, comme s’il reconstruisait sa pensée au fur et à mesure. Ses épaules s’abaissèrent légèrement, relâchant une tension invisible.
- Le pardon... n’est pas une obligation morale qu’on devrait atteindre pour aller "mieux". Certaines personnes en ont besoin. Vraiment. Cela les apaise, ça leur permet de... déposer quelque chose - oui, c'est ça. Cela a une fonction libératrice très précieuse. Cela peut pourtant ne pas convenir à d'autres.
Le psychomage observa Elijah, attentif à la manière dont ses mots pouvaient être reçus, mais sans ajuster leur contenu. Il glissa nerveusement ses doigts dans ses cheveux puis se força à les reposer sur les accoudoirs.
- Au final, cela ne dépend que de vous. Si votre choix vous convient, cela ne vous empêchera pas d'avancer. Ce qui compte, c'est de ne pas être entièrement défini par ce qui a été fait.
Il aurait aimé pardonner. Pouvoir se libérer des griffes que son père avait placé sur lui il y a bien longtemps. Peu importait la distance et le temps, au final, car il restait toujours dans les pensées de Hyacinthe, dans ses rêves, quelque part là, dans ce monde. Le pardon l'aurait libéré, il en était certain. Mais comment pouvait-il se montrer capable de pardonner quelqu'un qui ne montrait aucun remort ? Il avait fuit et avait enterré tout ça en faisant vivre sa haine et son dégoût, il avait retrouvé une famille ailleurs et s'était construit loin de lui. Le pardon semblait inaccessible, et à vrai dire, Hyacinthe refusait même d'envisager la question. La colère était peut-être trop confortable.
Un silence passa, où Hyacinthe expira bruyamment en regardant par la fenêtre de son bureau. L'heure était presque terminée. Il avait l'impression d'avoir été là toute l'après-midi. Il sentit plus qu'il ne vit Lernie glisser jusqu'au fauteuil jusqu'à se poser lourdement sur ses genoux. Le roux baissa les yeux et un sourire timide apparu sur son visage. Qu'elle était intelligente, sa princesse. Il laissa ses doigts vagabonder sur les écailles froides du serpent et en ressentit presque immédiatement les effets. Lernie s'ajusta et sembla lever les yeux vers lui. Peut-être aurait-il alors assez de force pour s'exposer encore un peu.
Cela étant, il n’aimait toujours pas cette partie-là.
- Elijah...
Sa voix s’était légèrement adoucie, mais ne perdit pas en sérieux.
- J’ai bien vu que... ce que j’ai dit tout à l’heure... cela ne vous a pas convenu. Je vais donc continuer à être honnête avec vous. Une légère pause. J’essaie déjà d’être plus... direct, plus personnel avec vous que je ne le suis habituellement avec mes patients et... ce n’est pas quelque chose de très naturel pour moi.
Le mot semblait presque étrange dans sa bouche, dans ce contexte précis. Pourtant, cela n'était pas vraiment une justification, ni même un moyen de susciter de la compassion. C’était un fait, clinique, factuel. Une micro-tension passa dans sa mâchoire, vite maîtrisée par le trentenaire.
- Ce que je vous ai dit sur ce que je pense de vous, ce n'est pas quelque chose que je dis à la légère. Le choix des mots était précis. Presque froid dans sa structure, mais pas dans son intention. Je tiens à ce que vous compreniez que si je pose des limites, ce n’est pas pour vous repousser, ni parce que vous ne comptez pas. C’est parce que... c’est la seule manière pour moi d’être stable, cohérent, et utile pour vous sur la durée.
Hyacinthe tourna enfin la tête pour regarder le jeune préfet et soutint son regard sans aucune dureté.
- Je sais que cela peut ne pas suffire, que... cela peut faire mal. Mais abandonner ce cadre en ce moment serait vous laisser tomber. Ce n'est peut-être pas votre impression aujourd'hui, mais plus tard, ça le sera.
Un silence, encore.
Plus calme cette fois. Lernie faisait des merveilles.
- Ce que je vous donne là, ce n'est pas un "moins". Même si je comprend que cela soit différent de ce que vous semblez chercher. C’est... quelque chose de différent, quelque chose que je peux tenir.
Quel terrible psychomage il était, à s'impliquer si fort pour un jeune garçon si différent et pourtant, qui lui ressemblait tant.
1261 - @Elijah Cooper
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
And yet I smile
La réponse ne se fit pas attendre, bien plus vive et tranchante, bien plus sincère et entière que ce que Monsieur Kyros avait pu lui offrir jusqu'ici. Elijah dut retenir un mouvement de recul sous la surprise. Voilà qu'il obtenait enfin ce qu'il demandait : c'était ça, l'honnêteté dont il avait besoin. Il la sentait vibrer dans l'espace qui s'était étendu entre eux. Celui qu'il avait étendu entre eux. Il serra les mâchoires, comme pour prendre toute la portée de ce nom.
Il ne pouvait s'empêcher d'essayer de l'appliquer à son propre père. D'imaginer un monde dans lequel il ne lui pardonnerait jamais. Et pourtant, il en était parfaitement incapable. Il se sentait faible de ne pas pouvoir tenir la tête haute face à celui qui l'avait détruit. Mais il savait qu'il l'accueillerait encore et encore, à bras ouverts. Que s'il le revoyait il le supplierait de nouveau, avant de lui hurler dessus parce que ça ne changerait rien.
Alors comment Monsieur Kyros pouvait-il être si fort ? Avait-il réellement tiré un trait sur toute présence paternelle dans sa vie ? Lui en cherchait une, avec un tel désespoir que cela frisait le pathétique. En aucun cas son pardon n'était une obligation morale. En aucun cas il ne lui permettait d'avancer. Il était simplement un acte qui hurlait son besoin d'être aimé envers et contre tout. Et il n'amenait tout simplement rien à part ce sentiment profond d'injustice parce que ça ne suffisait pas de mettre son ego de côté pour obtenir quelque chose d'aussi simple que l'amour de son propre père.
Il sentit une profonde bouffée de colère monter de nouveau. Dirigée entièrement envers lui-même et cette attitude absurde qui le rendait capable de ramper pour quelques miettes d'affection qu'il n'obtiendrait plus jamais. Il serra les poings violemment, chercha un instant un endroit où les abattre sans trouver, faisant un tour sur lui-même avant de nouveau prendre sa tête entre ses mains alors qu'il avait de plus en plus de mal à respirer.
Il suffit pourtant au psychomage de prononcer son prénom pour obtenir de nouveau toute l'attention de l'adolescent. Il le regarda, alors même qu'il contenait toute cette rage tellement difficilement que ça en devenait physiquement douloureux. Il l'écouta malgré tout. Jusqu'au bout. Et il comprenait parfaitement ce que l'homme lui disait. Au fond de lui, il savait même que c'était normal. Que c'était déjà bien. Mais ça ne changeait rien. Parce que ce n'était pas assez.
Il sentit une envie violente monter, celle de fondre sur lui pour le choper par ses fichus vêtements si bien choisis, pour le forcer à se lever, faire dégager Lernie qui, elle, avait le droit à plus, juste pour le secouer un bon coup, juste pour voir autre chose que les mots qu'il choisissait encore et toujours. Au final, il n'y avait eu que le "non" qui était vraiment franc. Voilà la vérité. La seule qu'il acceptait de voir.
- Différent, répéta-t-il d'une voix blanche avant de se fendre d'un rire dénué de toute joie. Différent, dit-il encore une fois en secouant la tête. Il répétait le mot comme pour s'en imprégner, comme pour lui trouver du sens alors même qu'il avait décidé qu'il ne l'accepterait pas. Différent. Différent c'est pas suffisant, finit-il par lâcher en pointant un index accusateur vers l'homme.
Il se détestait. Par Merlin qu'il se haïssait d'être incapable de se contenir davantage. D'être prêt à tout faire voler en éclat uniquement parce qu'il ne pouvait plus. Monsieur Kyros se trouvait la cible d'une colère qu'il n'avait rien fait pour mériter simplement parce qu'il refusait de donner à Elijah ce que son propre père lui refusait également. Comment pouvait-il attendre d'un inconnu plus que de son propre père ?
Cette fois-ci, son poing s'abattit violemment sur le mur. Puis le deuxième. Il le sentit à peine, alors même que ses phalanges se trouvaient déjà abîmées. Cela ne l'empêcha d'ailleurs pas de recommencer, pour évacuer une infime partie de cette colère qu'il détestait tant.
- C'EST PAS SUFFISANT ! hurla-t-il en se tournant de nouveau vers l'homme, tandis que des larmes dévalaient ses joues. C'est pas suffisant, répéta-t-il en un murmure, conscient qu'une fois de plus, il avait été trop loin.
Il ne pouvait s'empêcher d'essayer de l'appliquer à son propre père. D'imaginer un monde dans lequel il ne lui pardonnerait jamais. Et pourtant, il en était parfaitement incapable. Il se sentait faible de ne pas pouvoir tenir la tête haute face à celui qui l'avait détruit. Mais il savait qu'il l'accueillerait encore et encore, à bras ouverts. Que s'il le revoyait il le supplierait de nouveau, avant de lui hurler dessus parce que ça ne changerait rien.
Alors comment Monsieur Kyros pouvait-il être si fort ? Avait-il réellement tiré un trait sur toute présence paternelle dans sa vie ? Lui en cherchait une, avec un tel désespoir que cela frisait le pathétique. En aucun cas son pardon n'était une obligation morale. En aucun cas il ne lui permettait d'avancer. Il était simplement un acte qui hurlait son besoin d'être aimé envers et contre tout. Et il n'amenait tout simplement rien à part ce sentiment profond d'injustice parce que ça ne suffisait pas de mettre son ego de côté pour obtenir quelque chose d'aussi simple que l'amour de son propre père.
Il sentit une profonde bouffée de colère monter de nouveau. Dirigée entièrement envers lui-même et cette attitude absurde qui le rendait capable de ramper pour quelques miettes d'affection qu'il n'obtiendrait plus jamais. Il serra les poings violemment, chercha un instant un endroit où les abattre sans trouver, faisant un tour sur lui-même avant de nouveau prendre sa tête entre ses mains alors qu'il avait de plus en plus de mal à respirer.
Il suffit pourtant au psychomage de prononcer son prénom pour obtenir de nouveau toute l'attention de l'adolescent. Il le regarda, alors même qu'il contenait toute cette rage tellement difficilement que ça en devenait physiquement douloureux. Il l'écouta malgré tout. Jusqu'au bout. Et il comprenait parfaitement ce que l'homme lui disait. Au fond de lui, il savait même que c'était normal. Que c'était déjà bien. Mais ça ne changeait rien. Parce que ce n'était pas assez.
Il sentit une envie violente monter, celle de fondre sur lui pour le choper par ses fichus vêtements si bien choisis, pour le forcer à se lever, faire dégager Lernie qui, elle, avait le droit à plus, juste pour le secouer un bon coup, juste pour voir autre chose que les mots qu'il choisissait encore et toujours. Au final, il n'y avait eu que le "non" qui était vraiment franc. Voilà la vérité. La seule qu'il acceptait de voir.
- Différent, répéta-t-il d'une voix blanche avant de se fendre d'un rire dénué de toute joie. Différent, dit-il encore une fois en secouant la tête. Il répétait le mot comme pour s'en imprégner, comme pour lui trouver du sens alors même qu'il avait décidé qu'il ne l'accepterait pas. Différent. Différent c'est pas suffisant, finit-il par lâcher en pointant un index accusateur vers l'homme.
Il se détestait. Par Merlin qu'il se haïssait d'être incapable de se contenir davantage. D'être prêt à tout faire voler en éclat uniquement parce qu'il ne pouvait plus. Monsieur Kyros se trouvait la cible d'une colère qu'il n'avait rien fait pour mériter simplement parce qu'il refusait de donner à Elijah ce que son propre père lui refusait également. Comment pouvait-il attendre d'un inconnu plus que de son propre père ?
Cette fois-ci, son poing s'abattit violemment sur le mur. Puis le deuxième. Il le sentit à peine, alors même que ses phalanges se trouvaient déjà abîmées. Cela ne l'empêcha d'ailleurs pas de recommencer, pour évacuer une infime partie de cette colère qu'il détestait tant.
- C'EST PAS SUFFISANT ! hurla-t-il en se tournant de nouveau vers l'homme, tandis que des larmes dévalaient ses joues. C'est pas suffisant, répéta-t-il en un murmure, conscient qu'une fois de plus, il avait été trop loin.
5e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
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And yet I smile
Le mot résonnait encore dans la pièce, accroché aux murs sans jamais retomber. Différent. Bien sûr que c'était différent. Hyacinthe ne pouvait pas faire autrement, et il avait laissé l'idée exister en espérant que son intensité suffisait à compenser. Et pourtant, il voyait à présent les conséquences de sa décision, qui se déployaient sous ses yeux avec une fatalité presque cruelle.
Il n’y avait plus vraiment de filtre chez Elijah, plus de tentative de tenir ni de compromis. Il ne restait que du brut, du trop plein, quelque chose qui cherchait une sortie face à cette situation inconvenante. Et face à cela, Hyacinthe se retrouva, l’espace de quelques secondes qui lui parurent bien plus longues, dans un état inhabituel pourtant si fréquent depuis cette dernière heure. Son esprit, d’ordinaire si structuré, si prompt à organiser, à analyser, à guider, ne produisait rien d’immédiatement utile. Il s'appitoyait sur son sort, bien sûr. Cela n'était pas nouveau, et le sentiment d'avoir trahi sa conscience professionnel pour quelque chose qui n'avait pas aboutit convenablement ne l'aidait pas du tout. Cela lui donna l’impression désagréable d’être en défaut, comme si tout ce qu’il avait construit jusque-là venait de perdre de sa solidité au pire moment possible. Le roux avait voulu être honnête, il avait voulu être juste, il avait voulu maintenir un cadre sain tout en offrant quelque chose de plus humain, quelque chose qui semblait être autant adapté à ses émotions qu'à ceux d'Elijah... et il se retrouvait avec un adolescent en face de lui pour qui cela ne signifiait rien, parce qu'il ne pouvait, malgré tout, pas être autre chose que son psychomage. Un psychomage affectueux n'était donc pas suffisant, c'était la triste réalité qui s'abattait sur chacun d'eux.
Mais qu'attendait donc Elijah ? Un ami- voulait-il que Hyacinthe soit son ami ? C'était une idée qui semblait si ridicule. Ils avaient tant de différences, que ce soit leurs goûts et leur groupe d'âge. Voulait-il qu'il soit un père ? La pensée fit presque frissonner Hyacinthe. Il n'était pas assez stable, que ce soit mentalement ou socialement, pour envisager d'être père. Et même s'il l'avait envisagé dans ses rêves les plus profonds, prendre la place du père du Poufsouffle n'aurait que des conséquences désastreuses pour sa construction. Ce simple fait était une alerte que le roux prenait plus au sérieux que tout le reste. Non, jamais Hyacinthe n'en serait capable, ni pour l'un, ni pour l'autre.
Il ne formula pas ce constat, mais il le ressentit instantanément. Dans la tension qui remontait le long de sa nuque, dans la crispation de ses doigts contre le bois du fauteuil, dans la pensée brève, presque acerbe, qui traversa son esprit en boucle depuis tout à l'heure : ce n'est pas suffisant, ce n'est pas suffisant, ce n'est pas suffisant. Hyacinthe ne savait même pas si cela concernait ce qu’il donnait, ou ce qu’on attendait de lui. Peut-être les deux, au final.
Puis Elijah bougea bien trop vite pour qu'il ne le remarque. Et le premier coup contre le mur coupa net tout le reste.
Ce bruit sourd résonna dans la pièce avec une violence presque disproportionnée, comme l'issue brutale que le garçon avait trouvé. Et pendant une fraction de seconde - une seconde de trop - Hyacinthe ne bougea pas. Il resta là, figé dans son fauteuil, les yeux écarquillés et les sourcils levés, et regardait Elijah sans vraiment le voir. Son esprit avait-il décroché ? Peut-être. Les coups étaient associés à des souvenirs fâcheux, très fâcheux. Il fallait se protéger de cet impact à tout prix - celui de son père, celui de sa propre colère refoulée. Découvrir une telle expulsion de colère en cours de séance était une première, et l'instabilité actuelle de Hyacinthe rendait difficile la gestion de la situation. L'amertume remonta en lui avec une lucidité désagréable : il ne pourrait pas être ce dont ce garçon avait besoin. Pas complètement. Peut-être même pas du tout, dans l’immédiat. Et cette idée, au lieu de simplement être acceptée, se heurta à quelque chose de l'ordre de l'intime et de l'orgueil ; le trentenaire avait l'impression de s’être exposé inutilement. Il avait cédé du terrain pour rien en le laissant entrevoir quelque chose de lui qui n’aurait sans doute jamais dû sortir.
Mais le deuxième coup partit, puis le troisième. Et cette fois, le corps de Hyacinthe reprit le dessus avant même que son esprit n’ait le temps de continuer à s’enliser dans cette spirale inutile. Le bruit, la violence du geste, la façon dont les phalanges heurtaient une surface dure - tout, tout était horrible. Tout ce qu'il pouvait voir était un adolescent en train de se blesser sous ses yeux.
Hyacinthe se leva d’un mouvement plus rapide que tout ce qu’il avait laissé paraître jusque-là, une réaction presque instinctive qui tranchait avec la retenue dont il avait fait preuve jusqu’à présent. Lernie glissa de ses genoux dans le mouvement et resta sur le bord du fauteuil, mais le roux n’y prêta qu’une attention périphérique. Hyacinthe franchit la distance qui les séparait avec une intention claire, directe, qui ne laissait pas place à l’hésitation. Sa présence changea immédiatement de nature et sembla bien moins négociable - il devait intervenir avant que cela n'empire.
- Elijah.
Fermeté. Cette hésitation parasite n'avait pas sa place, maintenant. Le psychomage avait les yeux rivés sur les mains d'Elijah, et constatait les marques déjà visibles, la peau rougie, les phalanges mises à l’épreuve, et surtout l'absence de réaction qui lui indiquait que la douleur physique n’était même plus un frein.
- Arrêtez.
Ce n’était pas une demande douce, ni une injonction brutale - plutôt un entre deux suffisamment direct pour ne pas laisser trop de place à la négociation, mais sans agressivité. Ignorant la tension dans sa mâchoire, il resta à une distance mesurée du garçon - pour ne pas l'envahir, mais aussi pour avoir la possibilité d'intercepter un nouveau geste si nécessaire.
- S'il vous plaît, ne vous faites pas de mal.
Qu’est-ce qu’il faisait, maintenant ?
Le renvoyer ? Impossible, pas dans cet état. Le garder ? Pour quoi faire - continuer à être la cible de quelque chose qu’il ne pouvait pas offrir ? Hyacinthe sentait déjà les limites de la séance, comme une paroi invisible contre laquelle ils venaient de se heurter tous les deux. Il n’y avait plus vraiment d’espace pour travailler, plus de recul, plus de respiration. Juste de la réaction brute de part et d’autre. Et pourtant, laisser Elijah partir comme ça... non. Rien, dans ce qu’il était, ne pouvait accepter ça.
Alors Hyacinthe décida d'attendre entre les deux postures, coincé dans cette position inconfortable. Ses doigts se crispèrent légèrement avant de se détendre à nouveau.
- Vous avez le droit de penser que cela ne vous suffise pas, murmura-t-il avec les yeux toujours dirigés vers les mains du Poufsouffle. Mais... je refuse que vous vous blessiez pour ça. Son visage exprimait clairement son inconfort à l'idée de laisser Elijah blessé. De l'inquiétude, l'envie débordante d'effacer cette manifestation physique de douleur. Accepteriez-vous faire quelque chose pour moi ? J'aimerai... j'aimerai prendre la liberté de soigner vos mains, si vous me le permettez.
Et malgré tout ce qui grondait encore en lui - la fatigue, le doute et cette impression persistante d’être passé à côté de quelque chose - Hyacinthe fit ce qu’il savait faire. Il ne pouvait que s'y raccrocher.
Il n’y avait plus vraiment de filtre chez Elijah, plus de tentative de tenir ni de compromis. Il ne restait que du brut, du trop plein, quelque chose qui cherchait une sortie face à cette situation inconvenante. Et face à cela, Hyacinthe se retrouva, l’espace de quelques secondes qui lui parurent bien plus longues, dans un état inhabituel pourtant si fréquent depuis cette dernière heure. Son esprit, d’ordinaire si structuré, si prompt à organiser, à analyser, à guider, ne produisait rien d’immédiatement utile. Il s'appitoyait sur son sort, bien sûr. Cela n'était pas nouveau, et le sentiment d'avoir trahi sa conscience professionnel pour quelque chose qui n'avait pas aboutit convenablement ne l'aidait pas du tout. Cela lui donna l’impression désagréable d’être en défaut, comme si tout ce qu’il avait construit jusque-là venait de perdre de sa solidité au pire moment possible. Le roux avait voulu être honnête, il avait voulu être juste, il avait voulu maintenir un cadre sain tout en offrant quelque chose de plus humain, quelque chose qui semblait être autant adapté à ses émotions qu'à ceux d'Elijah... et il se retrouvait avec un adolescent en face de lui pour qui cela ne signifiait rien, parce qu'il ne pouvait, malgré tout, pas être autre chose que son psychomage. Un psychomage affectueux n'était donc pas suffisant, c'était la triste réalité qui s'abattait sur chacun d'eux.
Mais qu'attendait donc Elijah ? Un ami- voulait-il que Hyacinthe soit son ami ? C'était une idée qui semblait si ridicule. Ils avaient tant de différences, que ce soit leurs goûts et leur groupe d'âge. Voulait-il qu'il soit un père ? La pensée fit presque frissonner Hyacinthe. Il n'était pas assez stable, que ce soit mentalement ou socialement, pour envisager d'être père. Et même s'il l'avait envisagé dans ses rêves les plus profonds, prendre la place du père du Poufsouffle n'aurait que des conséquences désastreuses pour sa construction. Ce simple fait était une alerte que le roux prenait plus au sérieux que tout le reste. Non, jamais Hyacinthe n'en serait capable, ni pour l'un, ni pour l'autre.
Il ne formula pas ce constat, mais il le ressentit instantanément. Dans la tension qui remontait le long de sa nuque, dans la crispation de ses doigts contre le bois du fauteuil, dans la pensée brève, presque acerbe, qui traversa son esprit en boucle depuis tout à l'heure : ce n'est pas suffisant, ce n'est pas suffisant, ce n'est pas suffisant. Hyacinthe ne savait même pas si cela concernait ce qu’il donnait, ou ce qu’on attendait de lui. Peut-être les deux, au final.
Puis Elijah bougea bien trop vite pour qu'il ne le remarque. Et le premier coup contre le mur coupa net tout le reste.
Ce bruit sourd résonna dans la pièce avec une violence presque disproportionnée, comme l'issue brutale que le garçon avait trouvé. Et pendant une fraction de seconde - une seconde de trop - Hyacinthe ne bougea pas. Il resta là, figé dans son fauteuil, les yeux écarquillés et les sourcils levés, et regardait Elijah sans vraiment le voir. Son esprit avait-il décroché ? Peut-être. Les coups étaient associés à des souvenirs fâcheux, très fâcheux. Il fallait se protéger de cet impact à tout prix - celui de son père, celui de sa propre colère refoulée. Découvrir une telle expulsion de colère en cours de séance était une première, et l'instabilité actuelle de Hyacinthe rendait difficile la gestion de la situation. L'amertume remonta en lui avec une lucidité désagréable : il ne pourrait pas être ce dont ce garçon avait besoin. Pas complètement. Peut-être même pas du tout, dans l’immédiat. Et cette idée, au lieu de simplement être acceptée, se heurta à quelque chose de l'ordre de l'intime et de l'orgueil ; le trentenaire avait l'impression de s’être exposé inutilement. Il avait cédé du terrain pour rien en le laissant entrevoir quelque chose de lui qui n’aurait sans doute jamais dû sortir.
Mais le deuxième coup partit, puis le troisième. Et cette fois, le corps de Hyacinthe reprit le dessus avant même que son esprit n’ait le temps de continuer à s’enliser dans cette spirale inutile. Le bruit, la violence du geste, la façon dont les phalanges heurtaient une surface dure - tout, tout était horrible. Tout ce qu'il pouvait voir était un adolescent en train de se blesser sous ses yeux.
Hyacinthe se leva d’un mouvement plus rapide que tout ce qu’il avait laissé paraître jusque-là, une réaction presque instinctive qui tranchait avec la retenue dont il avait fait preuve jusqu’à présent. Lernie glissa de ses genoux dans le mouvement et resta sur le bord du fauteuil, mais le roux n’y prêta qu’une attention périphérique. Hyacinthe franchit la distance qui les séparait avec une intention claire, directe, qui ne laissait pas place à l’hésitation. Sa présence changea immédiatement de nature et sembla bien moins négociable - il devait intervenir avant que cela n'empire.
- Elijah.
Fermeté. Cette hésitation parasite n'avait pas sa place, maintenant. Le psychomage avait les yeux rivés sur les mains d'Elijah, et constatait les marques déjà visibles, la peau rougie, les phalanges mises à l’épreuve, et surtout l'absence de réaction qui lui indiquait que la douleur physique n’était même plus un frein.
- Arrêtez.
Ce n’était pas une demande douce, ni une injonction brutale - plutôt un entre deux suffisamment direct pour ne pas laisser trop de place à la négociation, mais sans agressivité. Ignorant la tension dans sa mâchoire, il resta à une distance mesurée du garçon - pour ne pas l'envahir, mais aussi pour avoir la possibilité d'intercepter un nouveau geste si nécessaire.
- S'il vous plaît, ne vous faites pas de mal.
Qu’est-ce qu’il faisait, maintenant ?
Le renvoyer ? Impossible, pas dans cet état. Le garder ? Pour quoi faire - continuer à être la cible de quelque chose qu’il ne pouvait pas offrir ? Hyacinthe sentait déjà les limites de la séance, comme une paroi invisible contre laquelle ils venaient de se heurter tous les deux. Il n’y avait plus vraiment d’espace pour travailler, plus de recul, plus de respiration. Juste de la réaction brute de part et d’autre. Et pourtant, laisser Elijah partir comme ça... non. Rien, dans ce qu’il était, ne pouvait accepter ça.
Alors Hyacinthe décida d'attendre entre les deux postures, coincé dans cette position inconfortable. Ses doigts se crispèrent légèrement avant de se détendre à nouveau.
- Vous avez le droit de penser que cela ne vous suffise pas, murmura-t-il avec les yeux toujours dirigés vers les mains du Poufsouffle. Mais... je refuse que vous vous blessiez pour ça. Son visage exprimait clairement son inconfort à l'idée de laisser Elijah blessé. De l'inquiétude, l'envie débordante d'effacer cette manifestation physique de douleur. Accepteriez-vous faire quelque chose pour moi ? J'aimerai... j'aimerai prendre la liberté de soigner vos mains, si vous me le permettez.
Et malgré tout ce qui grondait encore en lui - la fatigue, le doute et cette impression persistante d’être passé à côté de quelque chose - Hyacinthe fit ce qu’il savait faire. Il ne pouvait que s'y raccrocher.
1231 - @Elijah Cooper
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
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