huit serpents | 한국의 여름
C'est allé vite. Un peu trop vite même.
À peine rentrée chez moi, on m'annonce que je repars déjà. Même pas de bonjour ou de bonsoir, bien évidemment. C'est une 'chance' que seul mon frère a, mais après tout, ce n'est pas comme si j'y tiens. Ça fait longtemps que j'ai abandonnée l'envie ou l'espoir de me faire autant respecter que lui. Mais bon, là n'est pas le sujet.
Cette année, le voyage n'est pas bien différent des autres. La date de départ ? Ce vingt-deux juin. Notre destination ? Corée du sud. Bien évidemment. On retourne voir notre famille pour une troisième année consécutive là-bas, c'est un voyage duquel je me passerais bien. Plus loin je suis de mon grand-père, plus heureuse je suis. Ça va être un cauchemar, ces quelques semaines.
Ce matin là, je me réveille après une nuit... Eh bien, je ne suis pas certaine de pouvoir appeler cela une nuit, si c'est en bas de quatre heures de sommeils. Je me frotte les yeux et baille, avant de regarder l'horloge sur mon mur. Il est déjà neuf heure trente ? Mon regard se pose sur ma fenêtre. En effet, le soleil est déjà assez haut dans le ciel. Je jure et me lève, avant de m'habiller rapidement. L'heure prévue pour le départ est dans une heure; moi, ma mère, mon père ainsi que ma soeur et mon frère devons nous rendre dans un magic'port pour prendre un portoloin.
Je connais bien cette recette, ce n'est pas mon premier voyage en Corée, malheureusement. Et quand je dis ça, ce n'est pas que je n'aime pas le pays. Je n'apprécie tout simplement pas les gens que je vais voir. On va voir mon grand-père bien trop souvent à mon gout. De plus, je vais être forcée à passer du temps avec ma famille... Rien que d'y penser est déplaisant. Puis oh ! Je viens juste de revenir d'Écosse, je ne peux pas avoir une pause ?
Je finis d'enfiler mes jeans et soupire, avant de mettre un t-shirt blanc. Je suis confuse, presqu'exaspérée. J'aurais préféré faire la grasse matinée, me lever, puis dessiner toute la journée, ou alors faire un tour dans les rues de York, mais non. Je descends les marche de l'escalier avec mon sac de voyage, qui ne contient que mon matériel d'art et quelques tenues. Dans l'entrée, toute la famille et rassemblée. Mère me fixe d'un regard assassin; ils semblent être là depuis un moment, m'attendant.
- Me faites pas cette tête, vous auriez pu me réveiller ! Je leur lance.
Père a l'air de vouloir m'étriper, mais bon, j'y suis habituée. Pourtant, il n'ouvre pas la bouche. Je pense qu'il préfère s'abstenir de créer un conflit avant de partir... Ou justement, au moment de partir. Un sourire en coin se dessine sur mon visage, j'aime avoir le dernier mot. 'On y va', nous dit-il rapidement avant d'ouvrir la porte de notre maison je ricane dans ma barbe, ce qui me vaut un coup sur l'épaule de la part de ma soeur.
- Ne déconne pas, me glisse-t-elle a l'oreille. Je roule les yeux au ciel.
Le trajet vers le magic'port se fait en silence, et je ne m'en plains pas. Mes petites oreilles sont bien contentes de prendre une pause du chaos qu'était Poudlard, même si ç'aurait été encore mieux à la maison.
Nous nous rendons jusqu'au portoloin, et les démarches pour le prendre sont les mêmes qu'à chaque année; simples. Je ne suis donc pas vraiment inquiète. C'est donc au moment prévu que nos cinq mains se posent sur l'objet, et qu'on... Qu'on part, bon.
Je ne saurais pas comment qualifier les voyages en portoloin, c'est toujours bizarre. On a l'impression de flotter ou de se trouver dans une autre dimension, jusqu'à ce que paf ! Retour à la réalité.
Comparé à ma famille, j'atterris toujours en disgrâce, tête première au sol. Le seul avantage, c'est que je reprends mes esprits un peu plus vite. Nolon me tend sa main pour m'aider à me lever, une offre que je décline. Je me relève et essuie mes mains sur mon jean, avant de regarder les alentours. Comme à l'habitude, nous sommes arrivés dans la partie montagneuse de la ville de Suwon, la capitale et plus grande ville de la province de Gyeonggi. Le manoir de grand-père se trouve à quelques centaines de mètres d'ici, c'est un endroit peu fréquenté des moldus (bien évidemment, sinon grand-père n'y vivrait pas), ce qui nous permet d'arriver sans être repérés.
Père et mère commencent à marcher vers le manoir du vi-... de mon grand-père après avoir pris leurs sacs, et je les suis aux cotés de Nolon alors que Sun ferme la marche derrière nous. Après peut-être une vingtaine minutes - ce qui semble avoir totalement épuisé mes parents et qui me donne envie de rigoler, je vois la maison. Mon équivalent des enfers. Cet endroit est vraiment tout ce qui est de pire, même si son apparence semble en dire le contraire; il est immense, le type d'architecture est assez stéréotypique des vieilles maison coréenne, et il est pourvu d'un immense jardin. Mais c'est l'endroit où j'ai entendu les pires insultes pour les moldus, malheureusement.
J'entre dans le manoir après mes parents, et me fais accueillir par une gentille dame qui travaille ici, ainsi que ma tante et mon oncle. Puis, il arrive à son tour.
- Tae-Jin, comme c'est bon de te voir, salue mon grand-père en coréen. Mon père lui rends son sourire. Il salue les autres, et j'arrête de parler à Sua quand il porte son regard sur moi.
- Honja, dit il froidement. Il me déteste probablement autant que je le déteste. Honja est mon second nom, mais comme il est coréen, ma famille ici l'utilise plus.
Je lui fais un signe de main, et il serre la mâchoire. Il s'attendant probablement à ce que je m'incline devant lui, c'est un signe de politesse ici. Dommage, je suis impolie.
Je passe une main dans mes cheveux et il me regarde de la tête au pieds. Je suis la seule dans un habillement normal, ou moldu, bien sur qu'il vont me juger pour ça. Ce voyage va être long...
Dernière modification par Evan Maeng le 22 févr. 2026, 03:35, modifié 2 fois.
huit serpents | 한국의 여름
huit serpents | été en corée
épisode second ; le mamba noir
épisode second ; le mamba noir
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sua maeng | tante
#0b4200
fiche
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29.06.2050
Ça fait une semaine que nous sommes arrivés à Suwon. Une semaine que j'ai passé à éviter ma famille, ou plutôt Jin-Seo. L'idée qu'il soit dans la même pièce que moi me dégoûte, et savoir que je vais devoir le côtoyer pendant plus d'un mois me répugne encore plus.
La dernière fois que je suis venue ici date d'il y a deux ans, j'ai donc redécouvert la maison et ses alentours comme si c'était la première fois. S'il y a une chose que je n'ai jamais douté sur mon grand-père, c'est qu'il est plein aux as. La maison — ou devrais-je dire la villa — est plus grande que la mienne, à York, qui est déjà énorme. Et le jardin ? N'en parlons même pas. Si je devais nommer une chose que j'ai apprécié depuis que je suis arrivée ici, ce serait les balades que j'ai pris dans la forêt et dans le jardin. Les alentours sont magnifiques, et j'ai assez hâte d'aller faire un tour en ville.
Aujourd'hui, mon père est parti acheter des choses avec mon oncle, mon grand-père et mon frère dans la partie urbaine de Suwon. Bien qu'ils soient sorciers et qu'ils préfèrent rester à la maison, il faut bien qu'ils se procurent de quoi manger, et ils sont loin de vouloir aller à la chasse dans la montagne. C'est donc à mon plus grand bonheur qu'ils sont sortis, ce qui signifie que je vais pouvoir circuler dans la maison librement, sans avoir peur de croiser qui que ce soit que je n'apprécie pas.
Assise devant une coiffeuse, cahier de dessin sur celle-ci, je commence à dessiner mon reflet. Je m'ennuie un peu, pour être sincère, donc je fais ce que je préfère; dessiner. Mère, Sunhee et Sua sont probablement dans la salle à manger, et me laissent la paix. Enfin, c'est ce que je pensais, avant d'entendre la porte de la chambre que je partage avec ma soeur s'ouvrir. Je regarde dans le miroir et vois ma tante s'approcher, les bras croisés sur sa poitrine.
- Tu fais quoi ? me demande t-elle en coréen. Après tout, c'est ça langue maternelle.
Elle ne me laisse cependant pas la chance de lui répondre que je vois ses yeux se poser sur mon cahier de dessin.
- Joli, commente t-elle. C'est toi, c'est ça ?
Je hoche de la tête en guise de réponse. Elle marche avant de se placer derrière moi. Je vois ses yeux passer du papier à mon reflet, étudiant le portrait et moi en même temps. Je me sens un peu jugé, mais ce n'est pas la première fois. Sua juge les gens, elle les observe avant de dire quoi que ce soit. C'est quelque chose que j'admire et qui m'effraie à la fois.
- Honja... dit-elle en prenant mes cheveux doucement. Ils sont rendus longs, tu as presque l'air d'un enfant perdu.
Je fronce les sourcils. Le changement de sujet est plutôt brusque, mais je m'y suis habituée, avec Sua. Je secoue ma tête avant de lui répondre aussi en coréen;
- Non... Ils sont bien corrects, juste un peu longs mais ça va...
C'est à son tour de secouer la tête et d'empoigner les ciseaux qui se trouvent sur la coiffeuse. Je vois ses yeux se poser sur mes cheveux à nouveau et mes yeux lui lancent un regard qui veut clairement dire 'n'y pense même pas'.
- T'inquiètes, je les touche pas. Pourtant, les ciseaux de quittent pas sa main. Sinon comment c'est allé, cette année, à l'école ?
Je commence à lui expliquer que tout va globalement bien. Je ne fais pas allusion à mes amis, comme certains d'entre eux sont sang-mêlé ou nés-moldus, je vais juste lui dire les grandes lignes de mon année et de mes examens. Puis, j'entends un petit 'clic' à coté de mon oreille. Mes yeux s'écarquillent à la vue d'une grosse mèche de mes cheveux tomber au sol. Elle l'a fait. Elle a coupé mes cheveux pendant que je lui parlais. Elle a créé une distraction. Elle ne me laisse même pas le temps de réagir qu'elle en coupe une seconde, et je suis bouche bée.
- Sua ! je crie presque, choquée. Je lui avais pourtant dis—
- Tu allais les laisser pousser jusqu'au sol, c'est franchement dégueu ! elle me répond.
Je la laisse faire puisqu'à ce point, je ne peux rien y faire. Je la regarde tout de même avec un regard noir par le miroir de la coiffeuse, alors qu'elle continue de me couper les cheveux parfaitement droits mais bien plus courts. Je me souviens de ce qu'elle m'a dit il y a deux ans; elle se coupe les cheveux elle même depuis toute jeune, je peux donc lui faire confiance au niveau de la coupe.
Quand elle finit, mon regard est tout aussi noir.
- Tu as l'air plus jeune, me dit-elle. Plus propre, aussi.
Ma mâchoire se crispe. J'entends déjà Nolon se moquer de moi et Sunhee rigoler. Ils savent à quel point j'aime — ou plutôt j'aimais — mes cheveux longs. Je soupire.
huit serpents | 한국의 여름
huit serpents | été en corée
épisode tierce ; la coronelle girondine
épisode tierce ; la coronelle girondine
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yeonhu maeng | oncle
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fiche
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08.07.2050
La tension va me tuer, j'en suis certaine. Tout le monde porte un masque ici. Sunhee joue la fille parfaite, Nolon parle à peine. Les connaissant mieux que quiconque, je sais qu'ils ne sont pas comme ça. Ce n'est pas eux. Ça va faire plusieurs jours, semaines même, depuis qu'on est arrivés à Suwon et j'ai déjà hâte de repartir. Je ne sais même pas s'il y a eu du positif dans ces vacances pour l'instants. Je ne suis toujours pas habituée à mes cheveux, mes nuits sont courtes à cause de mes insomnies et les diners sont interminables, surtout quand les sujets de conversation tournent autours d'idées que je ne respecte pas...
Aujourd'hui, je ne suis sortie de ma chambre que pour prendre le petit-déjeuner. Assise sur mon lit, je dessine, mais l'ennuie me prend assez rapidement. Yeon Hu est parti faire des courses en ville, Nolon est probablement en train de se baigner et Sunhee est introuvable, elle est probablement avec mère dans la forêt. Je ne suis toujours pas d'humeur à reparler à Sua, et je ne veux pas adresser la parole à père ou à Jin Seo. Je pourrais très bien continuer de dessiner mais qu'est-ce qui m'empêche de partir ? Personne ne me retiens ici...
Cinq minutes plus tard, j'ai enfilé des "vêtements de moldus" attrapé un sac et me faufile à l'extérieur par la fenêtre de ma chambre. Personne ne m'a défendu de sortir, en effet, mais je serais prête à parier que si on me voyait, on me retiendrait. Une fois dehors, tout ce que je trouve à faire, c'est dévaler la colline sur laquelle la maison est perchée, ou plutôt, cachée. Je n'ai jamais vraiment eu la chance de visiter la ville, je ne sais donc pas trop où je vais, mais j'imagine que la ville se trouve en bas et non en haut de la montagne.
Je réalise enfin que je me trouve dans la ville quand la bâtiments se font plus modernes et les personnes, plus nombreuses. Ce n'est pas la première fois que je déambule dans une ville moldue, mais c'est toujours assez choquant. C'est si différent de ce que je connais... Je fouille mon sac et sors un paquet de cigarette. Je n'ai pas fumé quoi que ce soit depuis un bon moment... Probablement parce-que je n'en ai pas eu la liberté jusqu'à maintenant.
Ça va maintenant faire une vingtaine que je marche ici. Je me sens bien. C'est peut-être là cigarette et là, forcément, ce n'est pas vraiment bon pour moi mais ça me détend. Loin de ma famille, loin de mes soucis. Enfin, je le croyais. « 혼자? » Honja ? Je ne me retourne pas tout de suite. Cette voix m'est bien trop familière. Yeon Hu. Je savais qu'il était en ville, mais je pensais qu'il serait rentré depuis...
Je prends ma cigarette entre deux doigts et la cache dans mon dos, après m'être tourné vers, comme je l'ai deviné, mon oncle. Je sais qu'il n'est pas super proche de son frère mais si mon père apprend que je fume... Je suis dans la merde. Mes parents ne se fichent pas complètement de moi, enfin, ils tiennent à ce que je reste en santé un minimum. La cigarette fait tout le contraire.
- Mon oncle ! je lui réponds enfin en anglais. À mon plus grand désarroi, je vois son regard à la recherche de mes mains qui, comme il l'aura deviné, sont dans mon dos. Même si plusieurs mètre nous séparent, je peux l'entendre soupirer.
Il est plus perspicace que je ne l'aurais cru.
- On peut voir la fumée d'ici, tu sais. C'est à mon tour de soupirer. Il est peut-être juste observateur, après tout il a raison. La fumée, ce n'est pas discret du tout. « Ça va, pas besoin d'être crispée. Tes parents n'en entendront pas un mot. » Sacré devin, quand même. Ou il est juste observateur. Sacré observateur. C'est mieux. Je me détends un peu, ne sachant tout de même pas quoi répondre.
- Je peux en avoir une ?
huit serpents | 한국의 여름
huit serpents | été en corée
épisode quatrième ; le taïpan du désert
épisode quatrième ; le taïpan du désert
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taejin maeng | père
#701010
fiche
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08.13.2050
Mes parents ne m'ont pas confronté depuis l'épisode avec Yeon Hu. Il a gardé sa parole, probablement parce que je lui donné une cigarette. Personne n'a remarqué mon absence non plus, Sunhee était suspicieuse après avoir vu la fenêtre de notre chambre grand ouverte, mais elle a du penser que j'avais eu chaud. Ils ont du penser que j'étais partie faire les course avec mon oncles et n'ont pas posé de question à aucun de nous deux.
Presqu'une semaine est passée et je m'ennuie encore de plus belle. J'ai terminé quelques croquis et j'aimerais bien retourner en ville pour acheter un peu de peinture, mais je n'ai pas d'argent moldu, c'est dommage. Et si j'en demandais à ma famille... Ça finirait probablement mal. Ils cultivent presque tous cette haine un peu tordue envers les moldus, haine que je n'ai jamais très bien compris... Ils ne pratiquent pas la magie, mais c'est bien la seule chose qui nous différencie. On est des humains, on a des émotions, on vit des expériences; sorciers ou pas.
Enfin bon, tout ça pour dire que j'ai une famille qui encourage des idées stupides et que c'est assez lourd sur la conscience. Les soupers se font bien longs, ici. Je le sais, ça va faire une vingtaine de jours que je suis ici. Une vingtaine de soupers de famille à parler de la grandeur de notre famille, au sang "presque pur" qui coule dans nos veines. Ça m'écœure.
Ce soir ne sera probablement pas une exception, d'ailleurs. Il est peut-être dix-huit heure quand ma sœur m'appelle pour manger. J'ai remplacé mes vêtements de moldus de l'autre jour pour des robes sorcières coréennes. Je déteste ces vêtements. Après un long soupir, je sors de ma chambre et m'assois à la table, entre Yeon Hu et Sun.
- Bonsoir, chère famille. commence mon père, ses yeux fixant les miens, pour une raison que j'ignore. Yeon Hu lui aurait-il dit ? Mon visage se tourne vers celui de mon oncle, qui secoue la tête, comme s'il savait ce que je cherchais à lui dire. Si ce n'est pas ça... Je ne vois pas pourquoi père me fixerait de la sorte. « Maintenant que tout le monde est là, je pense avoir une idée de ce de quoi on va parler ce soir, non, Evangeline ? »
Mon père ne m'appelle que très rarement comme ça, encore moins en coréen. Quelque chose cloche. « Nous avons appris, cette année, qu'Honja fréquentait plus de personnes à Poudlard », poursuivit mon père, ses yeux rivés dans ceux de mon grand-père. « Père... ce n'est pas- » Je tente de lui répondre, avant de me faire couper. « Ne m'interromps pas. Donc, où en étais-je ? Ah oui. Des élèves au sang impur. Ou du moins, les deux parents des élèves en questions ne seraient pas des sorciers. »
Tous les regards se tourne vers moi et j'avale de travers. Depuis la lettre, à l'école, on en a pas reparlé... Et il décide que devant toute la famille, c'est le meilleur moment ? « Ma fille qui côtoie des sang-de-bourbe, quelle his- » Non. Non, non, non. Il n'a pas dit ça quand même. Mon propre père... À cause de mes amis ? Je me lève d'un coup. « Tais-toi. » Mon père se lève à son tour. « Me taire ? Et arrêter de te donner la leçon que tu mérites ? Dans une famille comme la nôtre, tu ne peux pas être amie avec des sang-de-b- »... Cette fois je ne me contrôle plus. « ARRÊTE ! » Père rigole pendant plusieurs s'instant. Son rire s'intensifie, puis il s'arrête. « De toute façon, c'est comme si tu ne faisais pas partie de cette famille. Tu n'es jamais présente et... Ta mère et moi ne t'avons jamais souhaité de toute façon. »
Je suis choquée. Je le savais, ce n'était pas un secret pour personne. Il ne l'avait juste jamais dit. Pas comme ça. « Bien. » Je dis simplement, la voix tremblante. Puis, plus rapidement que prévu, je m'enfuis de la salle à manger, pour regagner ma chambre. Ma chambre dans une maison qui n'en a jamais vraiment été une. Je claque la porte derrière moi et la bloque avec la serrure, mais aussi un meuble de chevet que je pousse contre elle. À la hâte, je sors un sac et y range des vêtements, une bouteille d'eau, l'équivalent de deux jours de nourriture. Finalement, je prends ma baguette que je cache dans le fin fond du sac ainsi qu'une casquette. Je ne fais plus partie de cette famille ? Très bien, je quitte alors.
fin de la première partie.


