À votre bon cœur !
30 Novembre 2050
@Gareth Knott
@Gareth Knott
La faim le rend complètement débile. Rien de nouveau sous le soleil d'Écosse. Pas que y ait masse de soleil en Écosse. Bref. Jed il a la dalle, et la solution est toute trouvée, en ce super dimanche après-midi. Les cuisines. Y a toujours de quoi graille, en cuisine. C'est un génie, Jed, savez. Alors il a lâché les copains pour se rendre aux sous-sols, le pas rapide dénué de la moindre hésitation.
La dernière fois qu'il est venu, c'était pour une retenue, mais y a eu un feeling ok ? Un bon feeling. Le genre de feeling qui lui dit qu'il a toute ses chances avec Monsieur Knott, et qu'il sortira pas de là sans avoir récupéré de quoi survivre les quelques heures qui le séparent encore du dîner. Nan parce qu'à ce stade on peut parler de survie ok ? Comprenez bien que les restes de bonbons de Pré-Au-Lard vont pas suffire à l'empêcher de défaillir s'il bouffe pas pour de vrai.
Puisque c'est weekend, Jed a troqué l'uniforme pour un jean baggy aux poches tellement multiples qu'il y a fatalement perdu la moitié de ses affaires, un large sweat jaune tirant vers le orange, et des pompes vachement mieux adaptés au rythme sportif imposé par les nombreuses marches du château que les souliers cirés portés pour les cours. Sur sa tête trône la casquette offerte par Elijah, couvrant des mèches qu'il n'a pas vraiment la pris la peine de coiffer ce matin.
Une main s'avance pour chatouiller la poire au milieu du tableau, et ses gloussements résonnent dans tout le couloir. Jed s'empresse de s'engouffrer à l'intérieur du bordel. Un bordel organisé, certes, mais un putain de bordel. L'truc qui le frappe instantanément, c'est le paquet d'odeurs dans l'air. Des odeurs de salé et de sucré qui s'emmêlent bien trop délicieusement pour pas faire rugir son estomac.
L'mieux c'est le beurre fondu, et l'pain qu'on devine à peine sorti du four. Les chaudrons fument des vapeurs épaisses, et l'armée d'elfes s'activent en tous sens comme un véritable déploiement militaire, manœuvrant des poêles et des marmites dix fois plus grosses qu'eux, pelant des masses de pomme de terres ici, coupant des légumes en lamelles ou en cubes là, beuglant les uns sur les autres lorsqu'ils se retrouvent sur une même allée.
La pièce est gigantesque. Assez haute pour qu'on y cale des géants. Les cheminées si vastes qu'on pourrait y caser tous les élèves de sa classe, au moins. Les ustensiles empilés les uns sur les autres contre les murs sont si nombreux qu'on pourrait être en droit de se demander combien de plats pourraient être cuisinés au même moment dans cette cuisine. Les tables, au nombre de quatre sont par ailleurs tout aussi longues que celles de la Grande Salle.
Figé à l'entrée de la pièce, les yeux de Jed mettent un temps à s'adapter à l'ambiance qui règne sur le lieu. Elle diffère drastiquement de celle de sa cuisine à lui, voyez. Ils n'y ont jamais été que deux au grand maximum, et ils n'auraient certainement pas pu y être plus. Depuis que sa mère ne peut plus quitter son lit cependant, il y est plus souvent tout seul qu'il ne souhaiterait l'admettre. Secoué par la montée de souvenirs un peu brutale et inattendue, Jed s'avance.
Il doit esquiver des louches et des assiettes qui lévitent, plusieurs elfes empressés, ses vans accélérés sur la pierre alors qu'il s'enfonce encore et encore en recherche d'une silhouette particulière. Celle de Monsieur Knott. Monsieur Knott est aisément reconnaissable au milieu d'une armée d'elfes, voyez. Alors Jed est à peu près certain qu'il n'est pas dans son champ de vision immédiat. Faut dire que y a de la fumée en tout sens, et des choses qui volent de partout.
- M'sieur Knott ? Il s'annonce avec une voix forte pour couvrir le bordel ambiant. M'sieur Knott !
Puis, dès lors qu'il l'aperçoit, Jed lui adresse son meilleur sourire.
- Dites M'sieur Knott, j'me demandais si vous auriez pas un peu d'rab du déjeuner parce que c'était vachement bon, et que j'ai encore vachement faim !
La dernière fois qu'il est venu, c'était pour une retenue, mais y a eu un feeling ok ? Un bon feeling. Le genre de feeling qui lui dit qu'il a toute ses chances avec Monsieur Knott, et qu'il sortira pas de là sans avoir récupéré de quoi survivre les quelques heures qui le séparent encore du dîner. Nan parce qu'à ce stade on peut parler de survie ok ? Comprenez bien que les restes de bonbons de Pré-Au-Lard vont pas suffire à l'empêcher de défaillir s'il bouffe pas pour de vrai.
Puisque c'est weekend, Jed a troqué l'uniforme pour un jean baggy aux poches tellement multiples qu'il y a fatalement perdu la moitié de ses affaires, un large sweat jaune tirant vers le orange, et des pompes vachement mieux adaptés au rythme sportif imposé par les nombreuses marches du château que les souliers cirés portés pour les cours. Sur sa tête trône la casquette offerte par Elijah, couvrant des mèches qu'il n'a pas vraiment la pris la peine de coiffer ce matin.
Une main s'avance pour chatouiller la poire au milieu du tableau, et ses gloussements résonnent dans tout le couloir. Jed s'empresse de s'engouffrer à l'intérieur du bordel. Un bordel organisé, certes, mais un putain de bordel. L'truc qui le frappe instantanément, c'est le paquet d'odeurs dans l'air. Des odeurs de salé et de sucré qui s'emmêlent bien trop délicieusement pour pas faire rugir son estomac.
L'mieux c'est le beurre fondu, et l'pain qu'on devine à peine sorti du four. Les chaudrons fument des vapeurs épaisses, et l'armée d'elfes s'activent en tous sens comme un véritable déploiement militaire, manœuvrant des poêles et des marmites dix fois plus grosses qu'eux, pelant des masses de pomme de terres ici, coupant des légumes en lamelles ou en cubes là, beuglant les uns sur les autres lorsqu'ils se retrouvent sur une même allée.
La pièce est gigantesque. Assez haute pour qu'on y cale des géants. Les cheminées si vastes qu'on pourrait y caser tous les élèves de sa classe, au moins. Les ustensiles empilés les uns sur les autres contre les murs sont si nombreux qu'on pourrait être en droit de se demander combien de plats pourraient être cuisinés au même moment dans cette cuisine. Les tables, au nombre de quatre sont par ailleurs tout aussi longues que celles de la Grande Salle.
Figé à l'entrée de la pièce, les yeux de Jed mettent un temps à s'adapter à l'ambiance qui règne sur le lieu. Elle diffère drastiquement de celle de sa cuisine à lui, voyez. Ils n'y ont jamais été que deux au grand maximum, et ils n'auraient certainement pas pu y être plus. Depuis que sa mère ne peut plus quitter son lit cependant, il y est plus souvent tout seul qu'il ne souhaiterait l'admettre. Secoué par la montée de souvenirs un peu brutale et inattendue, Jed s'avance.
Il doit esquiver des louches et des assiettes qui lévitent, plusieurs elfes empressés, ses vans accélérés sur la pierre alors qu'il s'enfonce encore et encore en recherche d'une silhouette particulière. Celle de Monsieur Knott. Monsieur Knott est aisément reconnaissable au milieu d'une armée d'elfes, voyez. Alors Jed est à peu près certain qu'il n'est pas dans son champ de vision immédiat. Faut dire que y a de la fumée en tout sens, et des choses qui volent de partout.
- M'sieur Knott ? Il s'annonce avec une voix forte pour couvrir le bordel ambiant. M'sieur Knott !
Puis, dès lors qu'il l'aperçoit, Jed lui adresse son meilleur sourire.
- Dites M'sieur Knott, j'me demandais si vous auriez pas un peu d'rab du déjeuner parce que c'était vachement bon, et que j'ai encore vachement faim !
À votre bon cœur !
- Never gonna giva you up, never gonna let you down… je chantonne tout bas.
Foutue chanson qui reste bloquée en tête. Le genre qui disparait de mon esprit pendant un temps, pour mieux réapparaître au moment où je m’y attends le moins et où je m’en passerais le plus. Comme maintenant, où je me retrouve à la plonge parce que j’ai perdu ma partie de chocobatailles face à un de mes collègues. J’aurais du me méfier de l’aplomb avec lequel l’elfe a fait cette proposition… Mais j’ai baissé ma garde et voilà que je frotte les assiettes sales sans magie - c’était aussi une condition de sa victoire -, alors que c’est un de mes jours de congé. Le tout en m’autorickrollant. Au moins, ça donne un rythme au frottement de l’éponge sur la vaisselle que je récure.
Au bout d’un moment, une voix familière m’appelle. Lorsque je sors les mains de l’eau pour me tourner vers la personne, mes doigts sont aussi fripés que ceux de Merlin lui-même s’il était encore en vie. Je lâche un petit juron entre mes dents, avant de les essuyer sur la serviette que je gardais sur l’épaule. Alors qu’il s’approche, je réalise qui est mon visiteur. Jedediah, le petit aux cheveux désordonnés qui était en retenue la dernière fois. Pour le coup, ses cheveux sont cachés sous une casquette qui n’est pas sans me rappeler Cooper.
- J’ai failli te prendre pour quelqu’un d’autre, je lui dis en désignant son couvre-chef avec un sourire amusé.
Le blond ne va pas par quatre chemins et m’annonce directement la raison de sa venue : il a encore faim. Il ne manque pas non plus de dire que c’était vachement bon. Comme quoi, il a compris que complimenter le cuistot peut l’aider à se le mettre dans la poche. C’est bien, ce petit ira loin. Mais puisqu’il semble encore avoir un creux, pas question qu’il reparte d’ici sans ce qu’il est venu chercher.
- Bien sûr, on a toujours des restes.
L’avantage de travailler dans un aussi grand château, magique qui plus est. Et avec tout le personnel qui y bosse en plus, rien ne se perd. Je m’éloigne de l’évier devant lequel je me tenais penché pour rejoindre l’adolescent et lui demander :
- T’as une envie en particulier ? Plutôt sucré ou salé ? Je peux te faire un sandwich avec ce qu’il reste, ou alors on a encore des scones ou des muffins.
En venant ici, il me donne une bonne raison de m’interrompre dans la vaisselle. Autant dire que je lui en suis assez reconnaissant, même s’il n’a pas besoin de le savoir. Et je compte bien faire en sorte qu’il reparte repu.
452 @Jedediah Wilde
Foutue chanson qui reste bloquée en tête. Le genre qui disparait de mon esprit pendant un temps, pour mieux réapparaître au moment où je m’y attends le moins et où je m’en passerais le plus. Comme maintenant, où je me retrouve à la plonge parce que j’ai perdu ma partie de chocobatailles face à un de mes collègues. J’aurais du me méfier de l’aplomb avec lequel l’elfe a fait cette proposition… Mais j’ai baissé ma garde et voilà que je frotte les assiettes sales sans magie - c’était aussi une condition de sa victoire -, alors que c’est un de mes jours de congé. Le tout en m’autorickrollant. Au moins, ça donne un rythme au frottement de l’éponge sur la vaisselle que je récure.
Au bout d’un moment, une voix familière m’appelle. Lorsque je sors les mains de l’eau pour me tourner vers la personne, mes doigts sont aussi fripés que ceux de Merlin lui-même s’il était encore en vie. Je lâche un petit juron entre mes dents, avant de les essuyer sur la serviette que je gardais sur l’épaule. Alors qu’il s’approche, je réalise qui est mon visiteur. Jedediah, le petit aux cheveux désordonnés qui était en retenue la dernière fois. Pour le coup, ses cheveux sont cachés sous une casquette qui n’est pas sans me rappeler Cooper.
- J’ai failli te prendre pour quelqu’un d’autre, je lui dis en désignant son couvre-chef avec un sourire amusé.
Le blond ne va pas par quatre chemins et m’annonce directement la raison de sa venue : il a encore faim. Il ne manque pas non plus de dire que c’était vachement bon. Comme quoi, il a compris que complimenter le cuistot peut l’aider à se le mettre dans la poche. C’est bien, ce petit ira loin. Mais puisqu’il semble encore avoir un creux, pas question qu’il reparte d’ici sans ce qu’il est venu chercher.
- Bien sûr, on a toujours des restes.
L’avantage de travailler dans un aussi grand château, magique qui plus est. Et avec tout le personnel qui y bosse en plus, rien ne se perd. Je m’éloigne de l’évier devant lequel je me tenais penché pour rejoindre l’adolescent et lui demander :
- T’as une envie en particulier ? Plutôt sucré ou salé ? Je peux te faire un sandwich avec ce qu’il reste, ou alors on a encore des scones ou des muffins.
En venant ici, il me donne une bonne raison de m’interrompre dans la vaisselle. Autant dire que je lui en suis assez reconnaissant, même s’il n’a pas besoin de le savoir. Et je compte bien faire en sorte qu’il reparte repu.
452 @Jedediah Wilde
Cuisinier à Poudlard depuis octobre 2050
#333d7b
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