La pensine de Callen
Dans l'immédiat et à défaut d'avoir une fiche personnage et d'inscrire Callen dans la chronologie :
"La pensine de Callen" me permettra d'écrire le passé de ce dernier. C'est un recueil composé majoritairement d'écrits en solo.
Ce premier message servira de sommaire entre les différents postes et si je devais écrire en dehors de Edinburg. Ou encore d'y apposer des annotations, des mentions ou que sais-je.
Les écrits seront postés dans un ordre chronologique. Je me réserve une petite marge d'erreur où j'utiliserai le principe de "flash back". Je n'en suis cependant pas très friand.
Bonne lecture.
Y est fait mention les parents et la sœur de Callen comme PNJs.
RP PENSINE
Dernière modification par Callen Kerrigan-Rowle le 28 oct. 2025, 22:42, modifié 9 fois.
Non inscrit dans la chronologie.
4ème année 2050-2051
La pensine de Callen
Une nouvelle vie dans une nouvelle ville
Édimbourg est vraiment différent de Londres. Trop de lumières, trop de bruits, trop de personnes. Ici, tout semble plus vrai. Plus vieux aussi. Un côté authentique qui me plait plus que l'autre ville. Les pierres ont l’air d’avoir vécu. Tout comme ses lanternes, les façades des maisons ou les différents monuments qu'on peut trouver en se baladant. Il y a aussi beaucoup d'églises, on peut les entendre sonner les cloches. Avec ma sœur, nous adorons nous perdre en marchant aléatoirement en ville. Il y a beaucoup de rues pentues et étroites. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais cela donnait l'impression de toujours découvrir un nouvel endroit. Jusqu'au jour où nous connaissions par cœur Édimbourg.
On vit près du vieux centre, pas loin d’un cimetière moldu. Mère dit qu'au moins les morts là-bas ne dérangent personne. Père, lui, dit qu’ils sont plus discrets que les vivants. Ça le faisait rire. L'endroit est discret et calme. Et même s'il arrive que le vieux centre soit très actif, le son se fait balayer par le vent.
A l'inverse, je n'ai jamais vraiment aimé les maisons trop silencieuses. La nôtre en fait partie. Je trouve ça un peu angoissant. Je me rappellerai toujours de notre première arrivée. C'est un drôle de froid qui nous a accueilli quand on a ouvert la porte. Pas le froid qui pique, mais celui qui s'installe tranquillement comme s’il avait toujours été là. Le sol de la première pièce est en pierre sombre. Plus sombre que celles qui se trouvent dehors. Il y a une différence de température entre cette pièce et le reste de la maison. Cela fait toujours.. drôle quand on rentre chez soi. Je ne m'y ferais jamais.
La maison sentait déjà le vieux bois. Et un peu la cendre aussi. Mère dit que ça sent la vraie maison. Père, lui, a juste hoché la tête. Avec les années, l'odeur se mélange aux vieux livres et à l'odeur des plantes aux formes et aux couleurs étranges près de la cuisine. J'ai d'ailleurs fini par les apprendre par cœur.
Le salon donne sur la rue avec deux grandes fenêtres à carreaux colorés qui grincent quand on les ouvrent. On a un canapé qui est trop grand pour nous quatre, couvert d’une couverture vert foncé qui grattent les genoux. Dans le coin, un fauteuil que père dit réservé aux livres qu’on ne finira jamais. Il y en a plusieurs qui sont empilés les uns sur les autres. Certains ouverts à des chapitres différents. J'ai fini par faire comme père et avoir ma propre pile de livres qui ne fait que de grandir.
Derrière le salon, il y a la cuisine. Mère y passe presque tout son temps quand elle ne travaille pas. Il y a toujours quelque chose qui y mijote : du thé noir, une soupe trop épaisse, ou une potion qu’elle oublie sur le feu. Ma sœur et moi sommes là pour éviter que tout brûle. L’odeur change tous les jours, mais il y a toujours cette petite trace de menthe et de fumée. J'aime beaucoup rejoindre mère avec un de mes livres. On profite de la présence de l'autre sans que l'on parle beaucoup. Sauf quand Cerys, ma sœur, arrive en trombe.
Les murs sont couverts de cadres. Pas les cadres avec des personnes qui bougent dedans, mais des photos figées comme chez les non-sorciers. Il y a des paysages d'Ecosse et d'autre pays. Des lacs, des falaises, de jolis cieux. Des photos de différentes villes. D'animaux aussi. C'est des photos que mon père prend avec son propre appareil. On y trouve aussi des posters et autres tableaux aux références non-sorciers.
Si je devais chercher des objets magiques, ou des cadres mouvant : c'est uniquement du côté du petit cabinet. On trouve d'ailleurs une vieille armoire où père range ses fioles de travail. On n'a pas le droit d’y toucher. Une fois, j’ai ouvert la petite porte. Mais j'ai déclenché une alarme. Je ne savais pas d'où provenait le son, mais ça a fait un bruit pas possible. Je me bouchais les oreilles, et père est rapidement arrivé pour l'éteindre d'un coup de baguette magique. Je ne l'ai plus jamais refait.
La maison n'a qu'un seul étage. Pour y accéder, un seul accès : un escalier qui grince beaucoup trop à mon gout. Impossible de rejoindre la cuisine en douce sans que mes parents m'entendent. Un jour, j'apprendrais un sortilège pour me rendre silencieux. En attendant, père prétend que c'est un vieux sort de sécurité. Le sourire aux lèvres. Moi, je suis presque sûr que c'est juste le bois qui se fait trop vieux. Le couloir en haut est étroit, avec un tapis couleur bleu foncé. Il y a un drôle de symbole dessus, des runes je crois. Mère m'avait expliqué mais j'oublie à chaque fois. Elle s'emballe quand on lui pose des questions sur les runes et j'en ressors toujours avec trop d'informations.
Au bout de ce couloir se trouve ma chambre. C'est la plus petite, avec une fenêtre qui donne sur les toits et une cheminée qu'on n'utilise plus où j’avais rangé mes carnets. Je préfère m'en servir de bibliothèque que de remplir sa vraie fonction. Il m'arrivait de fixer les flammes de celle du salon. Et je suis sûr d’y avoir vu des visages.. Quand il pleut, le son fait du bruit sur les tuiles de la maison. Quand je suis anxieux, il n'y a rien de mieux pour m'aider à être calme.
La chambre de Cerys est à côté de la mienne. Elle a des rideaux bleus et des livres de contes non-sorciers qu’elle lit parfois à voix haute. Sa voix traverse la cloison fine, surtout quand elle chantonne. Je viens parfois la rejoindre pour m'endormir pendant qu'elle continue de lire.
J’oublie souvent Londres. Je me rappelle du bruit, des rues sans fin, des gens pressés. Ici, tout semble rester à sa place. On est bien à Edimbourg.
Édimbourg est vraiment différent de Londres. Trop de lumières, trop de bruits, trop de personnes. Ici, tout semble plus vrai. Plus vieux aussi. Un côté authentique qui me plait plus que l'autre ville. Les pierres ont l’air d’avoir vécu. Tout comme ses lanternes, les façades des maisons ou les différents monuments qu'on peut trouver en se baladant. Il y a aussi beaucoup d'églises, on peut les entendre sonner les cloches. Avec ma sœur, nous adorons nous perdre en marchant aléatoirement en ville. Il y a beaucoup de rues pentues et étroites. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais cela donnait l'impression de toujours découvrir un nouvel endroit. Jusqu'au jour où nous connaissions par cœur Édimbourg.
On vit près du vieux centre, pas loin d’un cimetière moldu. Mère dit qu'au moins les morts là-bas ne dérangent personne. Père, lui, dit qu’ils sont plus discrets que les vivants. Ça le faisait rire. L'endroit est discret et calme. Et même s'il arrive que le vieux centre soit très actif, le son se fait balayer par le vent.
A l'inverse, je n'ai jamais vraiment aimé les maisons trop silencieuses. La nôtre en fait partie. Je trouve ça un peu angoissant. Je me rappellerai toujours de notre première arrivée. C'est un drôle de froid qui nous a accueilli quand on a ouvert la porte. Pas le froid qui pique, mais celui qui s'installe tranquillement comme s’il avait toujours été là. Le sol de la première pièce est en pierre sombre. Plus sombre que celles qui se trouvent dehors. Il y a une différence de température entre cette pièce et le reste de la maison. Cela fait toujours.. drôle quand on rentre chez soi. Je ne m'y ferais jamais.
La maison sentait déjà le vieux bois. Et un peu la cendre aussi. Mère dit que ça sent la vraie maison. Père, lui, a juste hoché la tête. Avec les années, l'odeur se mélange aux vieux livres et à l'odeur des plantes aux formes et aux couleurs étranges près de la cuisine. J'ai d'ailleurs fini par les apprendre par cœur.
Le salon donne sur la rue avec deux grandes fenêtres à carreaux colorés qui grincent quand on les ouvrent. On a un canapé qui est trop grand pour nous quatre, couvert d’une couverture vert foncé qui grattent les genoux. Dans le coin, un fauteuil que père dit réservé aux livres qu’on ne finira jamais. Il y en a plusieurs qui sont empilés les uns sur les autres. Certains ouverts à des chapitres différents. J'ai fini par faire comme père et avoir ma propre pile de livres qui ne fait que de grandir.
Derrière le salon, il y a la cuisine. Mère y passe presque tout son temps quand elle ne travaille pas. Il y a toujours quelque chose qui y mijote : du thé noir, une soupe trop épaisse, ou une potion qu’elle oublie sur le feu. Ma sœur et moi sommes là pour éviter que tout brûle. L’odeur change tous les jours, mais il y a toujours cette petite trace de menthe et de fumée. J'aime beaucoup rejoindre mère avec un de mes livres. On profite de la présence de l'autre sans que l'on parle beaucoup. Sauf quand Cerys, ma sœur, arrive en trombe.
Les murs sont couverts de cadres. Pas les cadres avec des personnes qui bougent dedans, mais des photos figées comme chez les non-sorciers. Il y a des paysages d'Ecosse et d'autre pays. Des lacs, des falaises, de jolis cieux. Des photos de différentes villes. D'animaux aussi. C'est des photos que mon père prend avec son propre appareil. On y trouve aussi des posters et autres tableaux aux références non-sorciers.
Si je devais chercher des objets magiques, ou des cadres mouvant : c'est uniquement du côté du petit cabinet. On trouve d'ailleurs une vieille armoire où père range ses fioles de travail. On n'a pas le droit d’y toucher. Une fois, j’ai ouvert la petite porte. Mais j'ai déclenché une alarme. Je ne savais pas d'où provenait le son, mais ça a fait un bruit pas possible. Je me bouchais les oreilles, et père est rapidement arrivé pour l'éteindre d'un coup de baguette magique. Je ne l'ai plus jamais refait.
La maison n'a qu'un seul étage. Pour y accéder, un seul accès : un escalier qui grince beaucoup trop à mon gout. Impossible de rejoindre la cuisine en douce sans que mes parents m'entendent. Un jour, j'apprendrais un sortilège pour me rendre silencieux. En attendant, père prétend que c'est un vieux sort de sécurité. Le sourire aux lèvres. Moi, je suis presque sûr que c'est juste le bois qui se fait trop vieux. Le couloir en haut est étroit, avec un tapis couleur bleu foncé. Il y a un drôle de symbole dessus, des runes je crois. Mère m'avait expliqué mais j'oublie à chaque fois. Elle s'emballe quand on lui pose des questions sur les runes et j'en ressors toujours avec trop d'informations.
Au bout de ce couloir se trouve ma chambre. C'est la plus petite, avec une fenêtre qui donne sur les toits et une cheminée qu'on n'utilise plus où j’avais rangé mes carnets. Je préfère m'en servir de bibliothèque que de remplir sa vraie fonction. Il m'arrivait de fixer les flammes de celle du salon. Et je suis sûr d’y avoir vu des visages.. Quand il pleut, le son fait du bruit sur les tuiles de la maison. Quand je suis anxieux, il n'y a rien de mieux pour m'aider à être calme.
La chambre de Cerys est à côté de la mienne. Elle a des rideaux bleus et des livres de contes non-sorciers qu’elle lit parfois à voix haute. Sa voix traverse la cloison fine, surtout quand elle chantonne. Je viens parfois la rejoindre pour m'endormir pendant qu'elle continue de lire.
J’oublie souvent Londres. Je me rappelle du bruit, des rues sans fin, des gens pressés. Ici, tout semble rester à sa place. On est bien à Edimbourg.
Dernière modification par Callen Kerrigan-Rowle le 25 oct. 2025, 08:56, modifié 3 fois.
Non inscrit dans la chronologie.
4ème année 2050-2051
La pensine de Callen
Les conversations étouffées
Que ce soit pour aller au travail ou au quotidien, père s’habille comme s’il allait toujours à un enterrement. Des vestes sombres et des chemises bien boutonnées. Jamais de couleurs trop vives. Il dit que c’est professionnel. Je crois surtout qu’il n'aime pas qu’on le remarque. Pour mère, c’est l’inverse. Elle aime les tissus légers. Des vêtements à base de lin, de cachemire ou de coton. Elle aime aussi les foulards colorés et les manches qui bougent avec le vent. Parfois elle porte des broches gobelines tout en métal tordu et en éclats de verre. Ce serait des cadeaux de ses contacts. Elle dit que ça raconte une histoire.
Moi, j’ai fini quelque part entre les deux. Père choisit souvent mes manteaux, tandis que mère choisit mes écharpes. J’ai vite arrêté de discuter. J’ai compris qu'il valait mieux les laisser faire, histoire de leur faire plaisir. Au final ça donne un côté terne sur l'ensemble, et des couleurs sur des détails pour raviver le tout. J’ai les yeux de mon père, d'un bleu froid. Et son visage aussi. Ma sœur, elle, a hérité de celui de ma mère. Le genre de visage qui éclaire la pièce quand elle rit.
Père travaille pour le Conseil des sorciers. Il efface des souvenirs. Ceux des Moldus qui ont fini par voir ce qu’ils ne devraient pas. Il dit que la mémoire est une arme qui peut être dangereuse. En tout cas il ne parle jamais de ses missions. Mais on peut voir dans ses yeux qu'il s'en souvient toujours un peu trop longtemps. Il lui arrive de fixer quelque chose que je n'arrive pas à voir. Quand ma sœur et moi dormons tard, on peut apercevoir la lampe du bureau toujours allumée. On entend juste le bruit de la plume contre le parchemin. Ou celui de sa montre quand il tourne le remontoir.
Il y a des jours où il reçoit du courrier scellé. Je sais qu’il ne faut pas poser de questions quand il les lit. Une fois, j’ai vu une enveloppe restée par erreur sur la table de la cuisine. Dessus, il y faisait mention d'une intervention dans un village pour un effacement partiel et une observation. Je me doutais bien de ce que cela pouvait dire. Il l’a reprise sans un mot. Après ça, il a rangé tous ses dossiers dans une armoire fermée à clef.
Ma mère, elle parle pour deux. C'est une sorte de diplomate. De ce qu'elle m'a expliqué, elle est en liaison avec les Gobelins. En tout cas elle rentre tard le soir avec des mains tachées d’encre. Parfois un peu en colère, ou excédée. Mais son sourire reste intact. Elle prétend que ce qu'on lui demande avancerait plus vite si on l’écoutait. Quand elle parle, on dirait qu'elle place les phrases d'une façon où tout s'emboite. Comme par magie. J’ai essayé, moi aussi. Mais ça n'a pas le même effet.
En réalité, je crois qu’elle passe son temps à éviter les catastrophes diplomatiques. Elle dit que les Gobelins ne mentent jamais, mais qu’ils choisissent leurs vérités. C'est la première fois que j'ai compris le principe de mentir par omission. Parfois, elle revient avec des papiers écrits dans une langue que je ne reconnais pas. Surement du gobelin. Il lui arrive d’avoir les doigts tachés d’encre argentée. Un type d’encre que les Gobelins utilisent, paraît-il, pour les contrats à long terme.
J’aime quand elle parle de son travail, même si je ne comprends pas tout. Elle dit qu’un mot mal placé peut coûter des années de confiance. Qu’il faut écouter avant de répondre, et surtout avant de juger. Parfois, elle raconte des anecdotes à table : un gobelin qui refuse de signer avant qu’on lui apporte une plume faite d’argent. Ou un autre qui a claqué la porte d’un accord en criant que les humains n’avaient jamais su compter. Elle en rit souvent, mais je vois bien dans ses yeux qu’il y a plus que ça. Une sorte de fatigue caché derrière son sourire.
Quelques années auparavant, père lisait un journal pour sorciers chaque matin. Quelque chose d'assez inhabituel, lui qui ne les lisait presque jamais. Le Conseil, les décrets, les nouvelles arrestations. Ses sourcils froncés, la mâchoire serrée. Il restait silencieux.
Pendant cette période, la maison sentait la cire et la fumée froide des chandelles. Mère rentrait encore plus tard, les yeux rougis. Quand elle parlait, c’était pour dire que les mots pouvaient encore arranger les choses. Je ne comprenais pas vraiment ce changement d'ambiance à la maison. J’entendais parler de sang, de lois, de statuts, de purifications administratives. Des mots qui flottaient dans la maison comme des émotions négatives. Un soir, j’ai surpris une discussion entre eux. Pas une dispute, juste un désaccord trop calme. Mère disait que le Conseil étouffe le dialogue. Père répondait que le dialogue n’a jamais suffi à éviter une guerre.
L'anxiété fit place au calme plusieurs mois plus tard. Comme si tout avait été balayé. Père, lui, n’en parlait pas. Il ne confirmait rien concernant certaines rumeurs, comme s’il en savait trop pour juger utile d’ajouter quoi que ce soit.
Que ce soit pour aller au travail ou au quotidien, père s’habille comme s’il allait toujours à un enterrement. Des vestes sombres et des chemises bien boutonnées. Jamais de couleurs trop vives. Il dit que c’est professionnel. Je crois surtout qu’il n'aime pas qu’on le remarque. Pour mère, c’est l’inverse. Elle aime les tissus légers. Des vêtements à base de lin, de cachemire ou de coton. Elle aime aussi les foulards colorés et les manches qui bougent avec le vent. Parfois elle porte des broches gobelines tout en métal tordu et en éclats de verre. Ce serait des cadeaux de ses contacts. Elle dit que ça raconte une histoire.
Moi, j’ai fini quelque part entre les deux. Père choisit souvent mes manteaux, tandis que mère choisit mes écharpes. J’ai vite arrêté de discuter. J’ai compris qu'il valait mieux les laisser faire, histoire de leur faire plaisir. Au final ça donne un côté terne sur l'ensemble, et des couleurs sur des détails pour raviver le tout. J’ai les yeux de mon père, d'un bleu froid. Et son visage aussi. Ma sœur, elle, a hérité de celui de ma mère. Le genre de visage qui éclaire la pièce quand elle rit.
Père travaille pour le Conseil des sorciers. Il efface des souvenirs. Ceux des Moldus qui ont fini par voir ce qu’ils ne devraient pas. Il dit que la mémoire est une arme qui peut être dangereuse. En tout cas il ne parle jamais de ses missions. Mais on peut voir dans ses yeux qu'il s'en souvient toujours un peu trop longtemps. Il lui arrive de fixer quelque chose que je n'arrive pas à voir. Quand ma sœur et moi dormons tard, on peut apercevoir la lampe du bureau toujours allumée. On entend juste le bruit de la plume contre le parchemin. Ou celui de sa montre quand il tourne le remontoir.
Il y a des jours où il reçoit du courrier scellé. Je sais qu’il ne faut pas poser de questions quand il les lit. Une fois, j’ai vu une enveloppe restée par erreur sur la table de la cuisine. Dessus, il y faisait mention d'une intervention dans un village pour un effacement partiel et une observation. Je me doutais bien de ce que cela pouvait dire. Il l’a reprise sans un mot. Après ça, il a rangé tous ses dossiers dans une armoire fermée à clef.
Ma mère, elle parle pour deux. C'est une sorte de diplomate. De ce qu'elle m'a expliqué, elle est en liaison avec les Gobelins. En tout cas elle rentre tard le soir avec des mains tachées d’encre. Parfois un peu en colère, ou excédée. Mais son sourire reste intact. Elle prétend que ce qu'on lui demande avancerait plus vite si on l’écoutait. Quand elle parle, on dirait qu'elle place les phrases d'une façon où tout s'emboite. Comme par magie. J’ai essayé, moi aussi. Mais ça n'a pas le même effet.
En réalité, je crois qu’elle passe son temps à éviter les catastrophes diplomatiques. Elle dit que les Gobelins ne mentent jamais, mais qu’ils choisissent leurs vérités. C'est la première fois que j'ai compris le principe de mentir par omission. Parfois, elle revient avec des papiers écrits dans une langue que je ne reconnais pas. Surement du gobelin. Il lui arrive d’avoir les doigts tachés d’encre argentée. Un type d’encre que les Gobelins utilisent, paraît-il, pour les contrats à long terme.
J’aime quand elle parle de son travail, même si je ne comprends pas tout. Elle dit qu’un mot mal placé peut coûter des années de confiance. Qu’il faut écouter avant de répondre, et surtout avant de juger. Parfois, elle raconte des anecdotes à table : un gobelin qui refuse de signer avant qu’on lui apporte une plume faite d’argent. Ou un autre qui a claqué la porte d’un accord en criant que les humains n’avaient jamais su compter. Elle en rit souvent, mais je vois bien dans ses yeux qu’il y a plus que ça. Une sorte de fatigue caché derrière son sourire.
Quelques années auparavant, père lisait un journal pour sorciers chaque matin. Quelque chose d'assez inhabituel, lui qui ne les lisait presque jamais. Le Conseil, les décrets, les nouvelles arrestations. Ses sourcils froncés, la mâchoire serrée. Il restait silencieux.
Pendant cette période, la maison sentait la cire et la fumée froide des chandelles. Mère rentrait encore plus tard, les yeux rougis. Quand elle parlait, c’était pour dire que les mots pouvaient encore arranger les choses. Je ne comprenais pas vraiment ce changement d'ambiance à la maison. J’entendais parler de sang, de lois, de statuts, de purifications administratives. Des mots qui flottaient dans la maison comme des émotions négatives. Un soir, j’ai surpris une discussion entre eux. Pas une dispute, juste un désaccord trop calme. Mère disait que le Conseil étouffe le dialogue. Père répondait que le dialogue n’a jamais suffi à éviter une guerre.
L'anxiété fit place au calme plusieurs mois plus tard. Comme si tout avait été balayé. Père, lui, n’en parlait pas. Il ne confirmait rien concernant certaines rumeurs, comme s’il en savait trop pour juger utile d’ajouter quoi que ce soit.
Dernière modification par Callen Kerrigan-Rowle le 25 oct. 2025, 08:56, modifié 2 fois.
Non inscrit dans la chronologie.
4ème année 2050-2051
La pensine de Callen
La première manifestation
J’ai vite appris à lire avant de savoir voler sur un balai-jouet. Et à écrire avant de comprendre pourquoi il fallait le faire. Mère m’enseignait la théorie et l'histoire magique, et père la logique et le calcul. Pour le reste, on m’a donné un précepteur quand j’ai eu sept ans. Un vieil homme avec une voix comme du papier froissé. Pas très commode comme gars, mais il arrivait toujours à attirer ma curiosité. D'un côté, ce n'était pas trop difficile.
Je continue de grandir avec l’idée que la magie est quelque chose de sérieux. Pas des feux d’artifice dans le ciel ni des baguettes qui brillent. Chez nous, ça se traite comme une responsabilité. Mon père dit que la magie se manie avec prudence. Sinon, elle peut revenir en pleine figure. Il la voit comme un outil. Quelque chose qu’on polit, qu’on range, qu’on sort que quand il faut. Mère, elle, dit que la magie vit. Qu'elle est présente comme peut l'être le vent. Qu’elle est partout, même dans les gestes qu’on ne voit pas. Ils ne sont jamais réellement d'accord entre eux sur ce que la magie peut être. Mais ils partagent le même point de vue sur les dangers de la magie. Et la responsabilité qui va avec, ça ne fait jamais de mal de le rappeler.
J’ai passé des semaines à fixer des objets en espérant qu’il se passe quelque chose. Ma tasse, le feu de la cheminée, ou un simple caillou. Rien. La magie pouvait attendre. En attendant, je regardais les autres sorciers utiliser leur baguette magique. Jusqu’à ce fameux soir d’hiver où un livre m’agaçait. Trop compliqué, trop de théorie. Plein de mots que je devais relire trois fois pour comprendre la moitié. J’ai voulu le fermer d’un coup sec. Et c'est à ce moment là que les pages se sont retournées d’elles-mêmes. Toutes d’un coup jusqu’à la première. Le livre ne bougeait plus, comme s’il refusait d’en rester là. Mon père a dit que c’était une bonne première manifestation. Ma mère a trouvé ça poétique. Moi, j’ai juste noté que la magie a répondu suite à ma colère. Ou ma frustration. Pas sûr que ce soit une bonne nouvelle.
Pour Cerys ça n’a pas pris autant de temps. Elle jouait dans le jardin derrière la maison. Il neigeait tandis qu'elle lançait des boules de neige sur des cibles imaginaires. Et puis sans qu’on comprenne comment, les flocons ont cessé de tomber. Ils sont restés suspendus autour d’elle, comme si le monde s'était arrêté.
Ça n’a duré que quelques secondes. Puis la neige s'est remise à tomber. Elle était toute fière. Avec les années, je devenais jaloux de Cerys. Chez elle, ça vient naturellement. Chez moi, tout prend plus de temps. Il faut que je comprenne à chaque fois ce que je tente de faire.
J’ai fini par demander à mes parents comment c’était pour eux.
Mère m’a raconté que la première fois, elle avait fait vibrer une table entière en se disputant avec son frère. Elle disait que la magie sort toujours quand on arrête de vouloir la retenir. Encore faut-il savoir ce qu'est la magie pour la faire sortir..
Pour père, il avait fait temporairement disparaître une de ses montre. Il disait qu’il avait perdu la notion du temps ce jour-là. Je ne crois pas qu’il ait jamais aimé l’idée de ne pas tout contrôler d'ailleurs.
Puis un jour, un hibou déposa une lettre au papier jauni marqué d'un sceau. Ma mère a pleuré de joie tandis que mon père a hoché la tête comme si c’était une formalité. Moi, j’ai relu mon nom plusieurs fois. Callen Kerrigan-Rowle. Ça faisait bizarre, écrit en haut d’un parchemin si important pour mes prochaines années.
Je n’ai pas sauté de joie. Je n’ai pas non plus eu peur. Simplement une étrange sensation. Peut-être un mélange d'appréhension et d'impatience. Et de curiosité aussi. J’ai fini par ranger la lettre dans un livre entre deux pages que je n’avais pas finies. Comme ça, je l'avais sous la main dès que je voulais relire les mots qui s'y trouvaient.
J’ai vite appris à lire avant de savoir voler sur un balai-jouet. Et à écrire avant de comprendre pourquoi il fallait le faire. Mère m’enseignait la théorie et l'histoire magique, et père la logique et le calcul. Pour le reste, on m’a donné un précepteur quand j’ai eu sept ans. Un vieil homme avec une voix comme du papier froissé. Pas très commode comme gars, mais il arrivait toujours à attirer ma curiosité. D'un côté, ce n'était pas trop difficile.
Je continue de grandir avec l’idée que la magie est quelque chose de sérieux. Pas des feux d’artifice dans le ciel ni des baguettes qui brillent. Chez nous, ça se traite comme une responsabilité. Mon père dit que la magie se manie avec prudence. Sinon, elle peut revenir en pleine figure. Il la voit comme un outil. Quelque chose qu’on polit, qu’on range, qu’on sort que quand il faut. Mère, elle, dit que la magie vit. Qu'elle est présente comme peut l'être le vent. Qu’elle est partout, même dans les gestes qu’on ne voit pas. Ils ne sont jamais réellement d'accord entre eux sur ce que la magie peut être. Mais ils partagent le même point de vue sur les dangers de la magie. Et la responsabilité qui va avec, ça ne fait jamais de mal de le rappeler.
J’ai passé des semaines à fixer des objets en espérant qu’il se passe quelque chose. Ma tasse, le feu de la cheminée, ou un simple caillou. Rien. La magie pouvait attendre. En attendant, je regardais les autres sorciers utiliser leur baguette magique. Jusqu’à ce fameux soir d’hiver où un livre m’agaçait. Trop compliqué, trop de théorie. Plein de mots que je devais relire trois fois pour comprendre la moitié. J’ai voulu le fermer d’un coup sec. Et c'est à ce moment là que les pages se sont retournées d’elles-mêmes. Toutes d’un coup jusqu’à la première. Le livre ne bougeait plus, comme s’il refusait d’en rester là. Mon père a dit que c’était une bonne première manifestation. Ma mère a trouvé ça poétique. Moi, j’ai juste noté que la magie a répondu suite à ma colère. Ou ma frustration. Pas sûr que ce soit une bonne nouvelle.
Pour Cerys ça n’a pas pris autant de temps. Elle jouait dans le jardin derrière la maison. Il neigeait tandis qu'elle lançait des boules de neige sur des cibles imaginaires. Et puis sans qu’on comprenne comment, les flocons ont cessé de tomber. Ils sont restés suspendus autour d’elle, comme si le monde s'était arrêté.
Ça n’a duré que quelques secondes. Puis la neige s'est remise à tomber. Elle était toute fière. Avec les années, je devenais jaloux de Cerys. Chez elle, ça vient naturellement. Chez moi, tout prend plus de temps. Il faut que je comprenne à chaque fois ce que je tente de faire.
J’ai fini par demander à mes parents comment c’était pour eux.
Mère m’a raconté que la première fois, elle avait fait vibrer une table entière en se disputant avec son frère. Elle disait que la magie sort toujours quand on arrête de vouloir la retenir. Encore faut-il savoir ce qu'est la magie pour la faire sortir..
Pour père, il avait fait temporairement disparaître une de ses montre. Il disait qu’il avait perdu la notion du temps ce jour-là. Je ne crois pas qu’il ait jamais aimé l’idée de ne pas tout contrôler d'ailleurs.
Puis un jour, un hibou déposa une lettre au papier jauni marqué d'un sceau. Ma mère a pleuré de joie tandis que mon père a hoché la tête comme si c’était une formalité. Moi, j’ai relu mon nom plusieurs fois. Callen Kerrigan-Rowle. Ça faisait bizarre, écrit en haut d’un parchemin si important pour mes prochaines années.
Je n’ai pas sauté de joie. Je n’ai pas non plus eu peur. Simplement une étrange sensation. Peut-être un mélange d'appréhension et d'impatience. Et de curiosité aussi. J’ai fini par ranger la lettre dans un livre entre deux pages que je n’avais pas finies. Comme ça, je l'avais sous la main dès que je voulais relire les mots qui s'y trouvaient.
Non inscrit dans la chronologie.
4ème année 2050-2051
La pensine de Callen
Le goût du départ
Les roues du wagon font vibrer le compartiment d'un bruit régulier. Comme le battement d'un cœur. C'est reposant, au contraire des discussions animées autour de moi. On entend des rires, des histoires de familles, des suppositions sur les maisons, sur les professeurs, sur ce qu’on va devenir. Moi, j’écoute sans vraiment suivre. Les mots passent d'une oreille à l'autre.
J’ai choisi la place près de la vitre. Le paysage file, les champs deviennent des collines puis des forêts. La lumière change à chaque vallées: dorée, puis grise, puis presque bleue. Comme si je visitais différents pays en un. De temps à autre, un reflet me renvoi mon propre visage dans la vitre alors que je perds mon regard en repensant à ma famille.
Le quai 9¾, c'était un autre monde. Pas celui que j'imaginais en tout cas. Il y avait du bruit causé par des gens qui parlaient beaucoup trop fort. Mais aussi des larmes et des sanglots, de joie ou de tristesse. J'espère au fond de moi que ça ne sera pas pareil chaque année. Je n'étais clairement pas dans mon élément, ç'en était gênant.
Mère avait pris ma main tandis que celle de père se trouvait sur mon épaule. Cerys, elle, ne pouvait s'empêcher de trépigner d'impatience. Elle se balançait entre nous en posant pleins de questions sur mon voyage. De mon côté, je n'ai reconnu aucun des jeunes sorciers et sorcières qui passaient devant moi. Je n’ai pas beaucoup d’amis. Je ne crois pas que ce soit parce que je n'aime pas les gens, c’est juste que j'en ressens parfois de la fatigue à parler avec eux. Il est difficile de trouver quelqu'un avec les mêmes passions.
Ma sœur dit que je suis drôle quand je ne le fais pas exprès. Elle rayonne et reste naturelle. Elle n'a pas besoin de faire d'effort. Comme si c'était quelque chose.. d'inné. Je l’envie pour ça. Malheureusement, nous sommes rarement invités dans des familles sorcières avec des enfants. Et je me retrouve souvent parmi des discussions d'adultes. Un quotidien qui risque de beaucoup changer à Poudlard.
Perdu dans mes pensées, père s'était penché vers moi pour me dire de faire preuve d'observation pendant les cours. De ne répondre qu'après. Toujours la même phrase, je me demande s'il n'a réellement jamais aimé prendre de risque. Pour mère c'est différent: je ne dois pas oublier de respirer et vivre. D'expérimenter et de n'avoir aucun regret.
Cerys m’a tendu une bille verte toute brillante. Une babiole qu’elle tenait comme un trésor. Un cadeau de mère il y a deux ou trois noël. Pour pas que t’oublies la maison, qu’elle a dit. Je ne l’oublierai jamais. Elle est au chaud dans la poche de ma cape.
Le sifflement du train annonça le départ. Les parents et Cerys ont reculé, et d’un coup tout ce que je connaissais s’est mis à rétrécir derrière la vitre. Je les ai vus disparaître sans bouger. Mon cœur, lui, se serrait au fur et à mesure que la distance grandissait.
Le garçon du compartiment me ramène au présent quand il me tend une de ses dragées. Milo Green si je me rappelle bien. Il s’est présenté comme si on allait s’entendre tout de suite. Il s’est trompé, mais c'était mieux que de se présenter de façon ennuyante. Moi, j’ai tiré chou-fleur. Lui, cérumen. L'autre fille, un whisky pur-feu. On se met tous à grimacer et tousser ensemble.
La nuit est rapidement tombée. En sortant du train, on nous guide jusqu'à un grand lac. Lisse et immense. Je ne peux m'empêcher de penser à ce qui peut se trouver sous l'eau. Sur le rivage, des barques attendent sous la lueur des lanternes. On monte à quatre par embarcation. Milo est encore là, sifflant un air que je ne connais pas. Puis le château se dévoile. Les tours brillent, les vitres luisent comme si cette forteresse nous observe.
On marche encore, entrant par de grandes portes jusqu'à rejoindre la grande salle. Il y a des bougies en suspension dans les airs. Des tables gigantesques qui s'allongent sur toute la longueur de la salle. Des ornements, des armures, des armoiries. Comme on s'y attend dans un château. L'observation faites, on nous parque comme de jolis petits moutons au milieu de la salle. Devant l'estrade pour être exacte, où les professeurs s'y trouvent ainsi qu'une simple chaise plantée là. L'attente est longue avant d'être placé dans une des quatre maisons. Les autres élèves, plus vieux, nous regardent d'un air curieux, sympathisant ou moqueur.
Lorsque c'est mon tour, le Choixpeau prend tout son temps. Trop longtemps. Il fouille dans ma tête comme s’il hésite entre deux réponses que je garde pour moi.
Puis il dit Poufsouffle. Pas avec un cri ou avec triomphe. Juste un mot, comme si c'est évident. Je fronce des sourcils en ne comprenant pas ce choix. Serdaigle à la rigueur, oui. Mais Poufsouffle ? Soit.
Le banquet passe, plutôt timide je discute rapidement avec mes voisins de table. Le soir passé, on rejoint enfin les dortoirs qui sentent le pain chaud et la terre humide. Les lits sont épais, les couvertures rêches. Le genre de confort qui t’attrape par surprise. Je regarde la lumière de ma bougie mourir lentement tandis que mes yeux finissent par faire de même.
Les roues du wagon font vibrer le compartiment d'un bruit régulier. Comme le battement d'un cœur. C'est reposant, au contraire des discussions animées autour de moi. On entend des rires, des histoires de familles, des suppositions sur les maisons, sur les professeurs, sur ce qu’on va devenir. Moi, j’écoute sans vraiment suivre. Les mots passent d'une oreille à l'autre.
J’ai choisi la place près de la vitre. Le paysage file, les champs deviennent des collines puis des forêts. La lumière change à chaque vallées: dorée, puis grise, puis presque bleue. Comme si je visitais différents pays en un. De temps à autre, un reflet me renvoi mon propre visage dans la vitre alors que je perds mon regard en repensant à ma famille.
Le quai 9¾, c'était un autre monde. Pas celui que j'imaginais en tout cas. Il y avait du bruit causé par des gens qui parlaient beaucoup trop fort. Mais aussi des larmes et des sanglots, de joie ou de tristesse. J'espère au fond de moi que ça ne sera pas pareil chaque année. Je n'étais clairement pas dans mon élément, ç'en était gênant.
Mère avait pris ma main tandis que celle de père se trouvait sur mon épaule. Cerys, elle, ne pouvait s'empêcher de trépigner d'impatience. Elle se balançait entre nous en posant pleins de questions sur mon voyage. De mon côté, je n'ai reconnu aucun des jeunes sorciers et sorcières qui passaient devant moi. Je n’ai pas beaucoup d’amis. Je ne crois pas que ce soit parce que je n'aime pas les gens, c’est juste que j'en ressens parfois de la fatigue à parler avec eux. Il est difficile de trouver quelqu'un avec les mêmes passions.
Ma sœur dit que je suis drôle quand je ne le fais pas exprès. Elle rayonne et reste naturelle. Elle n'a pas besoin de faire d'effort. Comme si c'était quelque chose.. d'inné. Je l’envie pour ça. Malheureusement, nous sommes rarement invités dans des familles sorcières avec des enfants. Et je me retrouve souvent parmi des discussions d'adultes. Un quotidien qui risque de beaucoup changer à Poudlard.
Perdu dans mes pensées, père s'était penché vers moi pour me dire de faire preuve d'observation pendant les cours. De ne répondre qu'après. Toujours la même phrase, je me demande s'il n'a réellement jamais aimé prendre de risque. Pour mère c'est différent: je ne dois pas oublier de respirer et vivre. D'expérimenter et de n'avoir aucun regret.
Cerys m’a tendu une bille verte toute brillante. Une babiole qu’elle tenait comme un trésor. Un cadeau de mère il y a deux ou trois noël. Pour pas que t’oublies la maison, qu’elle a dit. Je ne l’oublierai jamais. Elle est au chaud dans la poche de ma cape.
Le sifflement du train annonça le départ. Les parents et Cerys ont reculé, et d’un coup tout ce que je connaissais s’est mis à rétrécir derrière la vitre. Je les ai vus disparaître sans bouger. Mon cœur, lui, se serrait au fur et à mesure que la distance grandissait.
Le garçon du compartiment me ramène au présent quand il me tend une de ses dragées. Milo Green si je me rappelle bien. Il s’est présenté comme si on allait s’entendre tout de suite. Il s’est trompé, mais c'était mieux que de se présenter de façon ennuyante. Moi, j’ai tiré chou-fleur. Lui, cérumen. L'autre fille, un whisky pur-feu. On se met tous à grimacer et tousser ensemble.
La nuit est rapidement tombée. En sortant du train, on nous guide jusqu'à un grand lac. Lisse et immense. Je ne peux m'empêcher de penser à ce qui peut se trouver sous l'eau. Sur le rivage, des barques attendent sous la lueur des lanternes. On monte à quatre par embarcation. Milo est encore là, sifflant un air que je ne connais pas. Puis le château se dévoile. Les tours brillent, les vitres luisent comme si cette forteresse nous observe.
On marche encore, entrant par de grandes portes jusqu'à rejoindre la grande salle. Il y a des bougies en suspension dans les airs. Des tables gigantesques qui s'allongent sur toute la longueur de la salle. Des ornements, des armures, des armoiries. Comme on s'y attend dans un château. L'observation faites, on nous parque comme de jolis petits moutons au milieu de la salle. Devant l'estrade pour être exacte, où les professeurs s'y trouvent ainsi qu'une simple chaise plantée là. L'attente est longue avant d'être placé dans une des quatre maisons. Les autres élèves, plus vieux, nous regardent d'un air curieux, sympathisant ou moqueur.
Lorsque c'est mon tour, le Choixpeau prend tout son temps. Trop longtemps. Il fouille dans ma tête comme s’il hésite entre deux réponses que je garde pour moi.
Puis il dit Poufsouffle. Pas avec un cri ou avec triomphe. Juste un mot, comme si c'est évident. Je fronce des sourcils en ne comprenant pas ce choix. Serdaigle à la rigueur, oui. Mais Poufsouffle ? Soit.
Le banquet passe, plutôt timide je discute rapidement avec mes voisins de table. Le soir passé, on rejoint enfin les dortoirs qui sentent le pain chaud et la terre humide. Les lits sont épais, les couvertures rêches. Le genre de confort qui t’attrape par surprise. Je regarde la lumière de ma bougie mourir lentement tandis que mes yeux finissent par faire de même.
Non inscrit dans la chronologie.
4ème année 2050-2051