Recueil PNJ Quotidien

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PNJ (Actif) : Diarmad Lobdhain
Thème à la folie : Fouille


— Elle est quelque part là-dedans. Fais attention, vas-y doucement.

Sigmund patientait. Les doigts habiles de son époux s'agitaient dans sa moustache. Avec son visage si proche du sien, le botaniste pouvait compter chaque ride qui marquait les traits de son mari. Ce regard appuyé finit par déconcentrer Diarmad, qui pesta aussitôt.

— Je peux juste utiliser un sortilège d'attraction, tu sais. En deux secondes, ça serait plié.

— Et m'arracher des poils ? Je te dis que c'est coincé. Tu ne peux pas juste l'attirer à toi.

— Alors, arrête de loucher sur mon front et laisse-moi travailler.

Sigmund ferma les yeux. Il ne pouvait pas prendre le risque de contrarier son époux, quand celui-ci tenait sa précieuse pilosité entre ses doigts. Puisqu'il se savait entre de bonnes mains, il n'avait pas besoin d'observer ses gestes. Mais Diarmad était beau, de loin mais surtout de près, car Sigmund pouvait alors s'abandonner à l'observation sans fin des plis de sa peau et des imperfections qui faisaient son unicité. Il aimait le voir concentré, car son regard devenait intense et qu'il reprenait cette habitude tout à fait charmante de se mordiller les lèvres. Ce dernier détail, il devait toutefois l'imaginer : cette bouche disparaissait derrière l'épaisse moustache de Diarmad. Les yeux clos, il regrettait d'autant plus de ne pas le voir.

Diarmad tira sur un poil. Son mari eut un mouvement de recul instinctif.

— Tu me fais mal ! paniqua Sigmund.

— Je l'ai vue ! répondit l'autre, rayonnant. Patiente encore un peu, elle est toute emmêlée.

Il reprit son investigation, fouillant la moustache de son époux avec plus d'empressement mais toujours avec une précision chirurgicale. Il fallait démêler chaque poil un à un.

— Tu sais, ça ne serait pas arrivé si tu raccourcissais ta moustache avant qu'elle n'atteigne tes oreilles.

— Tu ne serais pas tombé amoureux de moi sans cette même moustache, rétorqua Sigmund.

— Faux. Je t'aurais aimé même si tu avais été aussi nu qu'un caillou.

Le ton de Diarmad était formel. Sigmund rougit doucement, surpris. Peut-être devrait-il un jour tester son amour, en rasant intégralement son visage ? L'idée avait quelque chose de proprement terrifiant, mais sur l'instant, elle fit naître un sourire sur les lèvres du sorcier. Paradoxalement, la crainte de se faire arracher un poil restait pourtant bien présente.

Heureusement, Diarmad avait presque fini. Après l'application d'huile de ricin un peu plus tôt pour faciliter la fouille, ses doigts se mouvaient aisément dans la masse volumineuse de poils. Il avait attrapé la petite attache qui leur échappait jusque-là et travaillait à l'extraire tout en douceur. Un instant plus tard, il la tenait entre les doigts, triomphant.

— Et voilà ! L'attache de votre boucle d'oreille, pour vous mon très cher époux.

Un bon service service rendu valait bien un baiser. Puisque sa moustache était déjà parfaitement ébouriffée, Sigmund n'eut aucun scrupule à venir offrir ses remerciements à son époux. Il prit autant de temps, et insuffla la même délicatesse que l'autre avait mise pour le sauver de cette attache de boucle d'oreille perdue dans ses poils.

Code couleur : #783f04 - Autre personnage : Enid Wathen

Recueil PNJ Quotidien
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PNJ (Actif) : Diarmad Lobdhain
Thème à la folie : Plume


— Mon petit canard, tu me passes le fil dans l'aiguille, s'il te plaît ? C'est la troisième fois que j'essaie, je...

— N'en dis pas plus, l'arrêta Diarmad en se glissant à côté de son époux.

Le sexagénaire attrapa le nécessaire de couture de son époux et s'attela à la tâche. Bien plus efficace que Sigmund, l'aiguille fut prête à l'emploi quelques secondes plus tard. Le professeur de botanique s'assura de bien tendre ses deux tissus l'un contre l'autre. Le velours glissait sous ses mains calleuses. C'était un travail laborieux mais Sigmund savait faire preuve de patience. Une fois les bords du tissu rassemblés avec des épingles, il commença à faire passer son fil pour coudre.

— Pourquoi tu n'utilises pas la magie ? le questionna Diarmad.

Ça l'intriguait. Il savait que son époux aimait beaucoup les moldus et par extension, les méthodes non magiques. Mais d'ordinaire, il ne rechignait pas à un gain de temps en faisant usage de sa baguette.

— Si j'utilise toujours des aiguilles magiques, je finis par perdre la main. Et puis, je vais déjà coller les plumes et coudre les boutons avec la magie.

— Des plumes ? fit Diarmad. Son regard se posa sur le sac posé à côté du velours noir que son époux travaillait à coudre. Il ne s'était pas questionné sur son contenu jusque-là.

— Oui, des plumes, confirma Sigmund, un peu pressé. C'est le thème de cette robe... je voulais qu'elle représente un poulet, mais Evelyn m'a dit que ce n'était pas très élégant. Il m'a dit de choisir quelque chose avec un peu plus de panache. J'ai pensé à un cygne mais le blanc, c'est salissant. Je bouge beaucoup sur scène, je transpire et je finis toujours recouvert de poussière. Donc j'ai choisi un corbeau.

— Tu seras donc déguisé en corbeau ?

— C'était une soirée à thème.

Diarmad jeta un œil au modèle que son époux tenait sur papier. Les plumes semblaient destinées à recouvrir le col, avant de s'arrêter pour permettre, à l'aide d'un corset, de montrer une taille marquée. Elles reprenaient ensuite sur une jupe qui s'arrêtait à mi-cuisse. Une traîne largement ornée de plumes derrière symbolisait la queue du volatile.

— C'est une corneille, pas un corbeau, nota Diarmad.

— Non, c'est un corbeau.

— Sur le dessin, le bout de la queue est arrondi... c'est les corneilles qui ont une queue comme ça. Les corbeaux, ça forme comme un pique, au bout. Tu peux coller les plumes différemment, si tu veux que ce soit un corbeau.

Sigmund n'aimait pas qu'on le contredise. Puisque c'était Diarmad, il ne dit rien et se contenta de bougonner en poursuivant sa couture.

C'était un long travail. Deux heures plus tard, il s'adonnait au placement minutieux de chaque plume. Il les colla une à une avec un sortilège de glu. Il fallait faire preuve de patience pour les placer chacune correctement et les aligner avec cohérence. Sigmund avait pris bien trop de temps à fabriquer cette robe, il était hors de question qu'elle soit désordonnée et informe.

Son corbeau — parce que c'en était bien un, ce n'était certainement pas une corneille ! prenait lentement forme. Il avait acheté les plumes en gros et regrettait de ne pas savoir de quel animal elles provenaient. Tant qu'elles étaient noires, s'était-il dit, c'était suffisant. En finalité, pour quelqu'un qui n'était toujours très habile de ses mains, sa robe ne manquait pas de panache.

— Tu mets les boutons en dernier ?

Diarmad s'était encore glissé derrière lui. Son regard le déconcentrait.

— Oui. La plupart sont juste décoratifs donc, je voulais d'abord voir comment je plaçais mes plumes et si l'ensemble rendait bien.

— Oh, je vois... tiens, ce sont des boutons ou des scarabées ? On dirait qu'ils sont noirs mais ils ont des reflets de vert... non, ils sont faits à partir de scarabées, c'est ça ?

Il avait attrapé les petits boutons pour les observer minutieusement derrière ses larges lunettes rectangulaires.

— Tu as l'œil. Je les ai trouvés dans un bric à brac. Sinon, je ne les aurais pas pris...

Sigmund n'aimait pas utiliser des produits animaux pour construire ses vêtements. Il trouvait suffisant d'avoir lesdits animaux dans son assiette (enfin, sauf les scarabées), une part de sa conscience l'encourageait à limiter leur consommation, quelle qu'en soit la forme.

— Finalement, c'est une corneille, se désola l'apprenti couturier après avoir collé ses dernières plumes. S'il avait découpé et cousu le tissu autrement, peut-être aurait-il pu avoir plus facilement une forme en pointe. Ses plumes n'étaient pas assez longues pour être retaillées de façon à construire la forme souhaitée.

— Tu vois, j'avais raison. Et puis une corneille, c'est aussi bien qu'un corbeau, fit Diarmad avec un clin d'œil. Il ne le dit pas tout haut mais, il aurait bien ri s'il avait vu son mari déguisé en gros poulet.

C'était la toute première robe à plumes de Sigmund. Après avoir accumulé toute une collection de chapeaux — l'un des derniers en date portait de fabuleuses plumes de Jobarbille, qui seraient parfaitement assortis à un tel vêtement, il ne lui manquait plus qu'à agrandir sa collection de jolies robes.

Code couleur : #783f04 - Autre personnage : Enid Wathen