Le petit démon à sa maman solo PNJ

Mercredi 5 Octobre 2050
Londres


Avant de transplaner, Jude et moi on se regarde droit dans les yeux. Elle inspire longuement. J’inspire longuement. Elle expire longuement. J’expire longuement. Ses mains pleines de bagues viennent attraper mon visage, et elle me tapote les joues dans un grand sourire.
« On récapitule pour éviter d’avoir des soucis avec les parents ? » Notre petit rituel continue. J’y suis habitué, et pourtant… bordel, ça me gonfle. Exercices de respiration, listing des trucs à pas dire et les trucs à dire, répéter la liste des médocs que je suis censé prendre… ça dure des plombes à chaque fois ! C’est hyper infantilisant, sérieux. A chaque fois ! A chaque fois qu’on va voir la famille, toujours pareil. Et le pire ! Le pire c’est que dés qu’on rentre, elle me fait un bilan de la soirée ! Sur ce que j’ai dit qu’il fallait pas dire ou…
Elle serre les joues entre ses griffes pour me ramener dans le présent. Je ricane, et j’inspire. « — Allez vas y. J’écoute, patronne.
Ça se passe super bien au cabaret.
Ça se passe super bien au cabaret.
Non, la clientèle est pas craignos.
Non, la clientèle est pas craignos.
Je prends bien mes médocs.
Je prends bien mes médocs.
Et qu’est-ce que je fais pas ?
Des bêtises dans le sous-sol avec la clientèle craignos. T’sais franchement papa il compr-AÏE ! »

Je m’écarte en boitant, mon tibia endolori par son coup de pied. Mais quelle espèce de brute, c’est pas possible ! C’est toujours comme ça, avec elle ! Et c’est moi qui suis impulsif ? L’autre, elle est montée sur ressort ! Dés que je dis un truc qui lui plait pas, BAM coup de pied !
Je la regarde, la bouche plissée par la douleur, les sourcils courbés. Et… je baisse les yeux quand je vois sa tête se pencher sur le côté avec toute la lenteur de la meuf qui n’a pas besoin de se presser pour bien me faire comprendre que c’est moi le chiot et elle la louve, que j’ai absolument rien à dire, rien à penser, que j’ai même pas le droit de me plaindre parce que c’est elle l’aînée, la patronne, la foutue force de frappe de l’équipe. Un vrai tyran, je vous jure. Mais je l’aime. Ça doit être ça, le syndrome de Stockholm.

PNJ actif : Jude River
402 mots

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Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

Le petit démon à sa maman solo PNJ
Mercredi 5 Octobre 2050
Dublin


Chez papa et maman, ça sent toujours bon. Maman cuisine de bons petits plats a chaque fois qu’on vient bouffer. Elle passe des heures derrières les fourneaux depuis qu’on est môme. Et à chaque fois, bordel, c’est une tuerie.
Jude et moi, on se jette un regard en arrivant sur le palier de leur appart. Ses narines frémissement en même temps que les miennes, et on sourit ensemble : ça sent bon. « Je parie sur les cornish », lance t-elle en me devançant pour marcher vers la porte. Je lève la tête vers l’ampoule du couloir qui clignote. Comme d’hab. « Nop, ça sent pas les cornish », je tapote mon index sur mon nez. « — Ça, c’est le ragoût d’agneau 
Dis pas de connerie. Ça sent pas le ragoût.
Je te dis que si. Ça sent la bière, et maman met toujours de la bière dans son ragoût !
Mais que dalle. Ça sent pas la bière. Bordel, Lloyd ! T’as pas changé ton sweat ! »
Je baisse les yeux sur l’objet de sa colère, qu’elle pointe d’un doigt horrifié.
« Ben… tu m’avais pas dit de le changer. » Ses yeux s’ouvrent en grand. Je recule d’un pas, les mains tendues devant moi. « Ok ! C’est pas grave ! Je vais… »

La porte s’ouvre derrière Jude. Maman. Je souris en grand en voyant son air mi-heureux mi-curieuse qu’elle nous lance. Finalement, elle sourit. « Vous faites un de ces raffut… »
Jude s’avance et embrasse la joue de Maman qui pose ses mains sur ses épaules. « Bonjour, maman ». Jude regarde les cheveux roux de la daronne avec un sourire. « T’as changé de couleur ? C’était pas un peu plus foncé, la dernière fois.
Oh, figure toi que je me suis trompé de boîte dans le rayon ! Ils ont tout mélangé, et puis moi, j’ai mes petites habitudes alors je n’ai pas regardé. Mais elle me va bien, non ? Ton père n’a pas vu la différence, lui. »
Jude lâche un rire et rentre. Je m’approche pour enlacer Maman. Enfin, j’allais le faire, mais elle attrape mon visage entre ses mains toutes froides et me force à me courber en deux pour être à sa hauteur. Je lui fais mon plus grand sourire alors que ses yeux fouillent les miens. « Bonjour mamaaaan… » Elle tire mon visage vers elle, si près que j’arrive à sentir son parfum. Oh je l’aime pas ce parfum. Il sent la vieille, c’est affreux. Pourquoi elle continue à nous infliger ça, sérieux ?
« Oh, Lloyd, tu as vu tes cernes ? Tu as dormi cette nuit ? » Elle hausse le ton en jetant un regard par dessus son épaule. « Judith, il a dormi cette nuit ? »
Jude, occupée à se démener avec sa dernière Docs dont elle extirpe son pied d’un coup de talon, ne nous regarde même pas. « Oui, et il a même fait son rot. Par contre, me demande pas pour le reste, je l’accompagne pas aux toilettes.
Oh, que tu es bête ! »
Maman me libère enfin, mais pas avant de m’avoir collé un baiser sur le front. « Allez, entre ! J’ai fait des cornish pasties ! »
Jude attend que maman la contourne pour lever son majeur, le regarder avec surprise… Et me le montrer.
PNJ actif : Gladys River
569 mots

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Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

Le petit démon à sa maman solo PNJ
Chez papa et maman, c’est la même déco depuis toujours. Photos de familles aux murs, long tapis rougeâtre dans le couloir de l’entre, crucifix au dessus de la porte, poules en céramiques sur le buffet que je manque de fracasser à chaque fois que je passe à côté et les diplômes de Jude encadrés au milieu des poulettes. Chez eux, t’es jamais dépaysé, et ça fait du bien. Ça a ce côté réconfortant, t’as capté ? Genre tout à beau changer dans ta vie, c’est le bordel dans le monde mais ici, tu sais que dés que tu passeras la porte, t’auras jamais de mauvaise surprise, tu seras jamais perturbé… parce que t’es chez papa et maman. Je sais pas si je suis clair. Je veux dire…

« RÉFLEXE ! »

La boule de chaussettes rebondit contre mon torse et retombe par terre dans un pof amorti par le tapis. Papa pousse un grand soupir désabusé. « Elle était simple celle là, quand même ! 
C’est toi qui tire comme un manche ! Ils sont hyper bons, mes réflexes !  »
J’avale la distance qui nous sépare et vient le choper dans mes bras pour un gros câlin bien viril. Sa grosse paluche frictionne mes cheveux bleus et me les décoiffe plus qu’ils en l’étaient. Il s’écarte, regarde ma tignasse, la bouche plissée. « Ils étaient pas rouges, la semaine dernière ? »
Jude sort la tête de la cuisine, un bâton de concombre entre les dents. « Ils étaient verts ce matin, si tu veux tout savoir. Il change plus souvent de couleurs de cheveux que de caleçon. » J’entends la daronne qui râle après Jude, qui lui répond direct que ça vaaaaa il y a pour un régiment.
Papa me relâche juste un peu pour pouvoir m’entraîner avec lui dans le salon, son bras derrière mes épaules. Il est grand, papa. Un peu plus que moi, et je suis déjà haut. Niveau gabarit, par contre… c’est moi le gladiateur. Il a de beaux restes, hein, on va pas se le cacher. Il a encore le physique du gars qui peut te coucher d’une droite. Papa, il a la classe. Il approche de la soixantaine… et c’est toujours le même gros lion de mon enfance. Je l’adore. Il a trop la classe. Cette beubar, bordel… j’en suis hyper jaloux. Elle est longue, lisse, elle le gratte pas… moi, je la laisse pousser, j’ai l’air d’un pouilleux. Non et puis ça me va pas. Papa, ça lui va bien.

Arrivé dans le salon, il me lâche et va s’asseoir dans le canapé bien douillet bien fat qu’on a depuis toujours. Je me laisse retomber dedans, et j’entends maman qui m’engueule à l’autre bout de la baraque. Paraît que je suis trop brusque !
Papa se tourne vers moi. « Alors ? Ça va, le cabaret ? Vous gérez ?
Ouais, nickel. Les clients sont pas trop relou et quand ils le sont BAM coup de pied au cul et ça dégage.
Et les concerts ? T’as du monde ?
Ouais, grave. J’te jure ça fait trop plaisir. Je remplis pas encore la salle mais ça va venir. J’aimerais trop que tu puisses venir voir ! Genre ! Attends ! » Je me tourne face à lui, le bras appuyé sur le dossier. « T’sais j’ai pas encore de groupe mais j’ai eu une idée ! Jude elle est pas pour parce que on a pas encore les moyens, gnagnagna… On a les moyens ! Clairement on les a ! Mais non, parce qu’il y a des priorités. Elle me saoule avec ça. Genre faudrait déjà qu’on engage plus de danseuses, mais franchement on en a déjà deux et elles me cassent déjà suffisamment les…
Tu m’as perdu, garçon. C’était quoi, ton idée ? »

Je m’arrête, je le regarde… et je sais plus. Il voit que je sais plus, parce que j'ai les yeux ronds, la bouche entrouverte, la mâchoire qui se claque d'un coup et manque de me pincer la langue. Il sourit, sa grande main vient attraper ma nuque. « C’est pas grave. Ça va revenir. Donc, tes danseuses ? »
PNJ actif : Brennan River
702 mots

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