PNJ Babyllon

20 Septembre 2050, 15h
Appartement River, Londres


« Lloyd t’as encore laissé traîner tes caleçons ! Sérieux tu peux pas faire attention ? Rah mais… non mais… Lloyd, t’es sérieux ? Il est à moi, lui ! »

J’ai même pas besoin de me lever du canapé pour voir la tronche qu’elle tire. Ses dents découvertes dans une grimace de dégoût, ses yeux plissés plantés sur son slip qu’elle tient pincés entre deux doigts. L’image me fait ricaner, et les secousses font trembler le cendar posé sur ma poitrine.
Ah, et à entendre les pas qui se rapproche, je sens que…
Ouais, je vais voir le slip de plus près. Et non, c’est pas le mien.
Je le dégage de mon visage d’un grand geste de la main. Ok je l’ai porté, et désormais je me sens plus proche de ce morceau de tissu que de n’importe lequel de mes potes, mais c’est pas pour ça que je veux lui taper une bise. Je vois le visage de Jude au dessus de moi, penchée au dessus du canapé sur lequel je suis avachi depuis… il est quelle heure ? Wow la gueule qu’elle tire. Ça c’est ma Jude, la vraie ! Celle qui tue rien qu’avec les yeux ! Pas l’espèce de baronne de la mafia qu’elle pense être depuis quelques semaines. Non mais faut la voir, hein.

« Déso, j’en avais plus des propres », je tente, sans grande conviction. Et l’excuse tombe à l’eau.
Elle me fiche une claque sur front, bien infantilisante, bien humiliante.
« Ben t’a qu’à les laver, tes slips ! ‘tain mais ta baguette, elle te sert pas qu’à te curer le nez !
- Oh eh ! Je l’ai fait qu’une fois ! »
Jude envoie bouler ma défense d’un grognement. Tout en frottant mon front endolorie par sa claque de bûcheronne, je la regarde contourner le canapé pour récupérer son slip -enfin, le mien jusqu’à ce qu’il soit lavé- . Elle marmonne, elle peste, me jette un dernier regard noir, et disparaît dans la salle de bain. Peu après, j’entends l’eau de la douche commencer à couler. Allez, dix minutes de répit. Pour moi, hein. Pas pour elle. Sérieux, vivre avec Jude c’est comme vivre avec un dragon : t’es sur le qui-vive H24. Même quand elle dort, elle m’engueule dans son sommeil !

Je me redresse d’un coup, et le cendrier dont réalise trop tard la présence sur mon torse, vole en avant et retombe sur le tapis. Fais chier… je ramasserai plus tard ! Il me reste quoi ? Neuf minutes ?
Je me lève d’un bond, et vais choper un carnet, je sais pas lequel. C’est… ah, quand t’ouvre la première page et que tu tombes sur une de ces foutues to do list que la patronne t’oblige a tenir parce que soit disant t’oublie tout… c’est que c’est pas ton carnet de chansons.
Balec.
J’attrape le crayon à côté, et je griffonne à la va vite les paroles que Jude et sa possessivité vestimentaires m’inspire. T’as un goût pour la dentelle, mais ça me gratte la ron….
Ouais non, pas sûre pour celle ci.
Mon regard dévie sur la to do list. Wow. Ça fait beaucoup de choses à faire pour peu de cases cochées. Ok… descendre les poubelles… acheter bouffe Dolly… laver le linge… ah ben c’était noté. Ah ! Je fronce les sourcils en levant le carnet devant mon visage. Faire… eh c’est qui qui a écrit ça ? C’est pas moi, ça ! D’où ça devient la liste des tâches de Jude ?!
J’abaisse mon carnet d’un coup et me penche en arrière pour regarder la porte de la salle de bain.

« EH, MORUE ! C’est quoi cette histoire ?! D’où je dois aller faire tes courses, en fait ?! » Je hurle à moitié. C’est pas de la colère, car franchement il m’en faut plus. C’est juste pour qu’elle m’entende. Et elle m’entend pas. Alors je m’élance vers la porte. Je tambourine. « Juuuuuuuuuude ! » J’entends le loquet qui grince. « Hey, Jude !… » Mon poing s’arrête de frapper, mes yeux grands ouverts. « C’est les Beatles, ça ! » Je tape la mesure sur la porte et je me mets à chanter, la tête oscillant de gauche à droite. « Hey Jude, don't make it bad….Take sad song and make it better… » J’aime bien cette chanson. Papa la chantonnait souvent. Tu m’étonnes. Elle est pour sa fille ! Moi, c’est pour Lloyd Cole. Je crois. Je frappe un coup plus fort. « HEY JUDE ! DON’T BE AFRAID !
MAIS FERME LA ! »
Wow. Le dragon est de méchante humeur. Je recule, et je serai pas étonné de voir la porte…
… s’ouvrir en fracas.
Elle a juste passé sa tête, encore dégoulinante de sa douche dont l’eau coule encore et les cheveux bancs de shampoing. Et elle me fusille du regard. Je recule encore, les mains levées.
« T’as encore du shampoing dans les… MAIS AÏE ! »
Je baisse les yeux sur la bouteille de gel douche qu’elle vient de me jeter à la tronche, puis elle. « Ça fait super mal !
Tu voulais quoi ? »
Je lui montre le carnet posé sur le buffet.
« C’est toi qu’a noté que je devais aller acheter des bodys pour bébé ? Quel bébé ? T’es enceinte ?
Oh bordel… Lloyd… »
Jude prend une grande inspiration, je sais qu’elle se retient de me jeter un autre truc… ou alors elle a plus de munition. Elle souffle.
« — Le bébé de la cousine Kelly. Elle accouche bientôt.
Mais non. C’est qui le père ?
… son mari. Rah et arrête de discuter ! Tu vas acheter des bodys ! Il y a un magasin à Godric’s Hollow. Au quotidien des…
T’es sérieuse ?!
AU QUOTIDIEN DES SORCIERS ! »
Je recule d’un bond, les yeux grands ouverts et la bouche bien fermée.
Rah… pas Godric’s Hollow…

Godric's Hollow


J’ai pas envie. Oh ce que j’ai pas envie.
J’aime pas cette ville. Dés que j’y fous un pied, j’ai l’impression qu’on me met une pancarte autour du coup avec écrit dessus « vilain petit filou ».
Je déambule. Je marmonne. Je sens mes doigts qui s’agitent dans ma poche ventrale, juste sur le bidou tout doux de ma Dollydou. Ils tapent une mesure que je connais pas mais que j’aime bien. Tum tum tum. Ça irait pas mal avec un gros riff. Et là tu arrêtes. Tu remets le tum tum tum. Gros riff. Tu laisses un blanc. Et après BAM t’envoie la sauce. Faut vraiment que je trouve un batteur. Un bon. Genre un qui pourra me suivre. Les instruments ensorcelés, ça va cinq minutes. Non franchement ! Un batteur, un bassiste, un deuxième guitariste, et là j’écrase Unikorn et les autres débiles. Je signe avec un label. Je mets la daronne à l’abri. Et je vis ma meilleure vie de rockstar. Oh ouais.
Bon. Ces bodys. Sérieux je sais même pas ce que je dois prendre ! Je vois à quoi ça ressemble, mais… pourquoi des bodys ?
Je rabats la capuche de mon sweat sur la tête. Je croyais l’avoir fait mais vu le regard que je viens de me prendre, j’ai dû oublier. Ah, ça vous dérange mes cheveux verts, ma petite dame ? C’est fait pour !
Mes yeux regardent partout et nul part à la fois…. C’est quoi déjà le nom de la boutique…. oh bordel…

Je chope la première épaule qui me passe sous les doigts.

« Eh, c’est où que je peux acheter des bodys pour bébé ? »

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PNJ Babyllon
15h45

Reducio
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Je pousse la porte de la maison, pour laisser derrière moi les cris des enfants, les éclats de voix de Diane qui tente de maintenir l’ordre, et le chaos bien installé depuis qu’ils ont posé leurs valises sous mon toit. Deux mois, à peine, qu’ils vivent dans le grenier que j’ai retapé pour eux, et déjà ma maison n’est plus vraiment la mienne. Je dis ça avec mauvaise foi : J’ai bricolé l’espace exprès pour eux, et je ne regrette pas. Mais mon jour de congé, je l’imaginais autrement qu’en corvée de courses. Castagne, mon Grand-Duc, piaille, installé sur le bord de la fenêtre. La bestiole est vexée de ne pas être du voyage. J’aurais voulu marcher avec lui, profiter d’un peu de calme, de silence. À la place, j’ai dans ma poche une feuille chiffonnée, héritage du déjeuner avec Diane et les mioches. Elle me l’a tendue sans même me laisser avaler mon café, avec ce ton fatigué : « Tu pourrais… ? » J’ai pris le papier, soupiré, et voilà. Je descends les rues pavées, mains enfoncées dans mes poches. Les pierres des maisons reflètent le soleil de septembre, et l’air sent les fleurs. Ça caille un peu. Godric’s Hollow a cette allure de village parfait. Les voisins se saluent, les gosses jouent, tout semble. Moi, je passe là-dedans comme une note dissonante. Les tatouages dépassent de ma manche, mes Docs sont trop usées pour plaire, et j’ai la tronche du gars qui n’a pas envie de discuter météo. Je croise une vieille sorcière qui me salue d’un signe de tête. Je réponds vaguement, en tirant un sourire de circonstance. Je dois avoir l’air maussade, mais ce n’est pas nouveau. Les gens du coin ont vite appris que Cassidy Powell est aimable, mais n’est pas l’homme des courbettes exagérées. Je sors la liste de ma poche, et la déplie. L’écriture de Diane, toujours parfaite, m’informe que je ne dois pas me planter :

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Je relis avec une grimace. Moi qui vivais très bien avec trois œufs douteux et une bouteille de whisky, je me retrouve à comparer les farines et les biscuits. Bien sûr, je vais le faire. Parce que c’est Diane, parce que c’est les gosses. Mais ça ne m’empêche pas de traîner des pieds. Je range la liste. J’avance lentement dans la rue principale. Deux enfants passent devant moi, en courant après une balle. Je m’écarte, les mains toujours dans mes poches. Au passage d’une maison, mes narines s’emplissent des odeurs d’une potion sucrée qui s’échappe d’une fenêtre ouverte. Ça m’apaise un instant. Le soleil entre les nuages, les ombres sur les pierres, j’observe plus que je ne profite, toujours un peu en décalage. Et puis, sans prévenir, une tape sur mon épaule. Pas violente, mais assez ferme pour que je m’arrête net.
Je me retourne.
Un gars grand, élancé, avec cette allure qu’on ne croise pas souvent dans un bled comme Godric’s Hollow. Un beau mec, faut bien se l’avouer. Ses tatouages dépassent de ses manches, ses cheveux ont cette teinte qu’on devine choisie plus qu’héritée, et il a cette présence qui fait qu’on se retourne dans la rue. Pas le type du village tranquille, ça c’est sûr. Pas l’image du sorcier modèle, non plus. Un type que je connais, sans vraiment connaître. Je cherche dans ma mémoire, ça me revient par bribes : Son bar, une soirée passée là-bas, son visage aperçu entre deux verres. Oui, je l’ai déjà vu. Son nom flotte quelque part… Il me regarde, et je le détaille en silence. Ce qui me frappe, ce n’est pas seulement la reconnaissance vague. C’est le reflet. On pourrait nous confondre, dans un miroir cabossé : Grand, tatoué, l’air un peu en marge, le genre à ne pas rentrer dans le moule sorcier classique. Dans ce village bien coiffé, lui et moi, on détonne. On attire le regard, pas pour les mêmes raisons peut-être, mais assez pour qu’on se reconnaisse d’instinct. Un rictus me monte aux lèvres. Pas un sourire franc, plutôt ironique : Evidemment, que c’est sur lui que je tombe aujourd’hui. Mon jour de congé transformé en corvée, et en prime un miroir ambulant qui me rappelle que je ne suis pas le seul à détonner dans ce décor trop lisse.
- Eh, c’est où que je peux acheter des bodys pour bébé ?
Je cligne des yeux.
- Hein ? Des bodys pour bébé ?
Je regarde le type comme si je voulais être sûr qu’il ne se fiche pas de moi. J’hausse les épaules.
- J’suis pas vraiment calé en layette, moi. Je pars juste acheter de quoi remplir l’assiette.
Je soupire, mais je finis quand même par le renseigner.
- Y a une boutique de fringues à Pré-au-Lard. C’est pas la porte à côté, et pas certain qu’ils vendent des accessoires pour morpions.
Je suis déjà prêt à reprendre mon chemin, mais finalement, je reviens vers lui, je ne sais pas pourquoi…
- Pour ma part, je me rends au « Quotidien des sorciers », à deux pas. Ils proposent de tout. Y’aura pt’être ce que tu cherches ?
Je fais un signe de tête en guise d’invitation. Après tout, si je peux aider, ça ne coûte rien.

Avec l’accord de Diane Turner.

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Godric’s Hollow

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WOW. Alors lui, il a vraiment pas une tronche à se flâner dans Godric’s Hollow. Mes yeux dégringolent le long du type, j’ai même la tête qui se penche pour apprécier toute la tenu. IL A DES DOCS ! Je trépigne dans les miennes comme un gamin en voyant ça. Oh ouais. Ouais, lui, il a du style. La doudoune, bordel. Il porte une doudoune, et ça rend bien de fou. Franchement, j’ai l’impression de voir le daron dans sa période SHARP. Avec le crâne rasé, là. Il en jette.
Je l’écoute à moitié, ce qui est vraiment pas malin mais qu’est-ce que tu veux ? C’est pas tout les jours que je rencontre un frère de Doc. Rah, elles sont aussi pourries que les miennes !

Je le regarde enfin, les yeux brillants d’excitation. J’ai les orteils qui s’agitent tout seul, et je dois lutter pour pas lui couper la parole, lui dire qu’on pourrait aller boire un verre, que franchement cette ville est trop petite pour deux cow-boy comme eux, qu’il a un style de malade, que son tatouage a l’air grave cool. Rah et cette doudoune ! Mais regardez moi cette doudoune ! J’ai envie de lui demander de me la prêter pour essayer. J’aime pas les doudounes. J’ai toujours l’air trop mastoc dedans. Je suis mastoc, ouais. Mastoc comme un gladiateur. Et un gladiateur ? Ca porte pas de doudoune. Non monsieur. Je sais même pas ce que ça porte, en vrai. Non mais moi, j’ai mon sweat. Je suis bien dans mon sweat. Je peux y mettre Dolly, mes clopes, mes clefs, et des bonbons. Lui, dans sa doudoune, il peut mettre quoi ? Ah… il a des poches… bordel, ça rend trop bien…

Il me fait un signe de tête et je sais plus pourquoi. Bordel, ouais ! Le Quotidien des sorciers. C’est ça que m’a dit Judy. Le Quotidien des sorciers pour acheter des bodys pour bébé.


« T’es un frère » je lui lâche. Je hausse une épaule. Je m’appuie sur mes orteils, puis mes talons. « J’sais même pas à quoi ça ressemble un body, sérieux. Moi je vois que ceux des nanas. T’sais les t-shirt ou pull, là, mais qui se ferment en bas. » Je claque mes doigts en levant le nez en l’air, cherchant une meilleure image… qui ne vient pas. « Rah mais t’sais les trucs, là ! Bordel, c’est bien des bodys, non ? Rah, bref ! Les bodys pour gamin, c'est ça qu'il me faut. Pas ceux de gonzesse. Je sais même pas ce que j'en ferai. Ou... BREF. » Je me recule, mains dans ma poche ventrale. Je balance ma tête vers l’arrière, essayant de lui montrer une direction. « C’est par là ? » je lui demande en continuant à reculer.

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Je hausse un sourcil. Le gars est lancé comme une locomotive sans freins. Les mots jaillissent de sa bouche comme si son cerveau n’avait jamais trouvé le bouton pause. J’ai presque envie de vérifier qu’il respire encore entre deux phrases. Sérieusement, il a l’air d’un gamin de dix ans qui raconte sa journée d’école à son père. Ça m’arrache un coin de sourire. Je me dis que j’ai déjà vu ce type de spécimen à Londres dans ma période Undergrund, le genre planqué dans des caves où la musique tapait plus fort que de raison. Des mecs allumés, un peu trop excités, avec les pupilles dilatées, et les mains qui bougent plus vite que leur bouche. Le genre qui ne se tait jamais. Ça m’amusait déjà à l’époque. Ça m’amuse encore, visiblement. Et quand il se met à me parler de bodys, je pige très bien. Pas ceux pour bébé, non. Ceux pour femmes. Les combinaisons qui se ferment en bas, je vois le tableau. Dans ma carrière de créateur, je n’en ai presque jamais dessiné. Pas mon marché, pas mon plaisir non plus. La seule fois, d’ailleurs, que j’ai eu une commande de ce genre au GaiChiffon, c’était une vieille rombière sorcière, un de ces spécimens engoncés dans leurs bijoux et leur parfum étouffant. Elle voulait un body « unique, élégant, ensorcelé ». Je revois encore sa masse imposante dans l’atelier, et moi en train de me dire que j’aurais donné cher pour que quelqu’un d’autre se tape les essayages à ma place. Crois-moi, c’est pas une vision qu’on oublie. Je me contente de marcher à côté, les mains toujours au fond de mes poches, riant intérieurement devant son débit de mitraillette. J’ai pas besoin d’alimenter la conversation, il parle pour deux. Pour trois, même. Finalement, je tourne légèrement la tête vers lui, d’un air neutre :
- T’as des enfants ?
C’est la seule question qui me traverse l’esprit.

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Quand il arrive à ma hauteur, je pivote sur mes talons pour me remettre dans le sens de la marche. J’enfonce à nouveau mes poings dans mes poches. Dolly s’étire longuement quand je la heurte, et je baisse directement le buste en avant pour regarder sa queue verte s’extirper de ma poche. Oh, mon petit bébé d’amour.

Je me redresse d’un coup pour me remettre bien droit. Attends, il vient de dire quoi, là ? Je le regarde, mes yeux cernés s’ouvrant d’un coup comme deux soucoupes. « J’ai une gueule de papa ? » J’éclate d’un grand rire, ma tête basculant en arrière d’un coup, les yeux grands ouverts sur le ciel poisseux de Godric’s Hollow ! Des gosses ! Qu’est-ce que je foutrai avec des gamins ? Ben rien. Concrètement, rien. J’en veux pas, mais alors pas du tout, du tout. Jude aime bien me casser les pieds avec ça, genre je pourrai être papa, à force de multiplier les aventures en terrain hostile. Mais non. Non. C’est juste pas possible. Je suis hyper prudent. Enfin, quand j’y pense.

Ma tête retombe lourdement. « Non, non, j’ai pas de gosses. Tu dis ça pour les bodys ? » Non, il dit ça parce que t’as une tronche de père de famille. Crétin. Ouais, mais alors père de famille vachement dysfonctionnelle. Genre le daron qui claque toute sa paye dans des folies qu’il regrette jamais. Ou encore celui qui est un jour parti chercher du lait, pour finalement revenir des années plus tard, une fois que les mioches sont grands. Ça, je peux faire. Par le premier cas, le deuxième. Ouais, non. Moi, je reviendrai pas. Sérieux, des gosses. Non mais déjà ça me saoule de devoir aller faire des emplettes pour un gamin que je connais pas. Alors gérer les miens ? Qui me bouffent tout mon temps, tout mon pognon. Plutôt crever. « C’est pas pour moi, c’est pour une… » Mes lèvres s’entrouvrent alors que je cherche quel lien j’ai avec la personne pour qui je dois acheter ça. Jude avait dit quoi… Jude… une pote ? Attends. Non. Non c’était pour tatie ? Ben non. Les morveux sont grands, et aux dernières nouvelles, Tess est pas enceinte. Oh bordel, j’espère pas. Celle la, avec un môme ? Oh non. Bordel, non. Je veux pas. Ma petite Tessouille.
Qu’est-ce qu’elle lui va bien sa doudoune. J’ai les yeux qui scanne encore toute sa tenue. « T’as un style, mon pote. Il déchire. Avec le crâne rasé et tout. Respect. T’assure. »

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Je le laisse débiter son torrent : « frère », « doudoune », « respect ». Je sens mes lèvres tressaillir. Le compliment tombe. Je fais mine de n’en rien faire, mais ça touche. Toujours un peu. Je lâche un simple « merci », sobre. Ça m’évite de rougir comme un ado. Je souris à moitié, rien que ça, un rictus. Parce que mon « style », non, ça ne tombe pas du ciel. Je me le raconte en boucle dans la tête : J’ai commencé à bricoler ça à dix-sept, dix-huit ans, quand la rébellion était la seule réponse qui rentrait dans mes poings. L’homosexualité, compliquée à l’époque, mon père qui attendait un fils en costume, et qui avait déjà toutes les réponses prêtes : Je n’en avais aucune qui me convienne. Alors j’ai taillé, rafistolé, assemblé des habits qui me ressemblaient quand personne d’autre n’en proposait. Puis il y eut les caves, la musique trop forte, le milieu Underground. C’est là que j’ai appris à vivre ma marge, à faire du bruit avec moins de couleurs. Londres a accompli le reste. Les études de mode, les ateliers qui sentent la nicotine, les coupes de tissus qui te font comprendre ce que le corps accepte ou refuse, tout ça m’a appris à être efficace, et à choisir ce qui tient. J’ai travaillé en haute couture. Bordel, ça aide à savoir ce que vaut une couture, ce qui tombe bien ou pas. Puis ma mère meurt, et le noir cesse d’être un simple goût. Il devient une peau. Le noir me rassemble, il me protège. Ce n’est pas un simple costume de dramatisation, c’est un choix pratique et fidèle. Le crâne rasé, pareil : Simple visuel. Le matin, c’est plus rapide, et je me reconnais dans le miroir sans négocier si j’ai ou non une sale gueule. Tout ça, je le rumine sans l’ouvrir. Parce que les confessions, très peu pour moi. Je finis par lui indiquer, d’un geste, l’enseigne « Le Quotidien des Sorciers ».
- C’est là. Mec, pour tes bodys bébés, cherche du coton doux, pressions à l’entrejambe, manches croisées, taille 0–3 mois si t’es pas sûr. Prends neutre, tu éviteras les sermons.
Je le regarde, et je pense à Diane, un sourire en coin.
- Et merci pour le « t’assure ». Toi, t’as l’énergie qui va avec tes pompes. Et si t’as encore un doute au rayon layette, appelle moi. Mais je te préviens : Je fais pas les essayages.

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Merci ? Juste merci ? Eh, frangin. Tu vas pas te la jouer comme ça avec moi, hein ? La vache, je suis vexé. Il aurait pu me retourner un truc du genre “franchement, toi aussi t’es hyper classe”. Bon, j’ai pas besoin qu’on me le dise pour le savoir, mais… sérieux, quoi. La politesse ! Eh ouais, c’est moi qui dit ça, alors que franchement… eh, non mais c’est pas moi le soucis, là ! Ah et en fait, on s’en fout, non ? Je suis stylé, il est stylé, et voilà. On est deux mecs ultra stylé dans une ville pourrie. Je lève le menton, sourire aux lèvres. Ouais. Deux bro qui marchent dans la rue. Je pourrais l’inviter à aller boire un verre. Franchement, je nous imagine tellement bien, là, assis au comptoir, à parler, à rire, à se taper dans le dos, à mater les gonzesses. Comme deux frères de la rue ! J’aurai adoré avoir un frère, mais j’ai eu Jude, c’est tout comme. Mais elle, elle supporte pas que je parle des nanas. “T’es vraiment un beauf, Lloyd” qu’elle me dit. Non, madame. Lloyd, il apprécie les belles choses, c’est tout.

Et on s’arrête.
Je me tourne vers lui, je comprends pas, parce qu’on est pas arrivé au bar. Et je me souviens qu’on allait pas au bar.
Je suis son regard, et je découvre l’enseigne. Ah, bordel, oui. Les body. C’est vrai.
Je regarde fixement l’enseigne, puis la devanture de la boutique. Bordel. C’est franchement pas ma came, je le sais déjà. Je parle pas des body. Je parle du… truc. Les magasins sorciers, j’y fous quasi jamais les pieds. Je suis moitié sorcier, mais surtout moitié moldu. J’ai du mal avec leurs trucs depuis que je suis môme. Jude, elle s’en sort bien depuis gamine. Elle arrive à switcher entre les deux mondes tranquiloubilou. Moi ? Bordel, j’aurai préféré être moldu. Bon, après, j’avoue… j’aime bien transplaner. Ça fait des guilis dans le ventre.

Attends, il a dit quoi ?
Je tourne la tête vers lui, la bouche ouverte, les sourcils froncés. Non mais… attends ! Attends, bordel ! Manches croisées ? J’ai les yeux qui s’arrondissent, je suis complètement largué. Même quand il commence à me complimenter -eh, fallait que ça prenne son temps- j’arrive pas à penser à autre chose qu’à la galère dans laquelle je suis. C’est quoi des manches croisées ? Ca s’agite dans ma tête, j’essaye de visualiser le bordel, l’image du body que j’avais ressemble plus à rien. J’ai les yeux qui tombent sur ses pompes. Mon pied s’agite un peu. Manches croisées. Neutre. Neutre, c’est quoi, neutre ? Un modèle ? Ah, non, la couleur, Lloyd ! La couleur ! Neutre, genre beige ? Blanc ? Noir ? Je me mordille les lèvres. J’ai le pied qui s’agite, le talon qui frôle le sol à chaque fois. Manches croisées. C’est quoi ? Pressions à l’entrejambes, ok. Ok, ça j’ai. Bordel, attends.

« Bordel, c’est quoi des manches croisées ? » Je relève la tête d’un coup. Je m’écarte d’un pas, je jette un coup de pied pour désigner la boutique, mes mains trop occupées à tapoter sur le bidou de Dolly. « Vas y, tu veux pas me montrer ? Pas sur toi, t’as capté ! Mais… manches croisées, sérieux ? Ça se croise, les manches, non ? Je veux dire : logiquement ! Genre quand tu les plies ! Ben tu croises les manches. Rah bordel ! Alleeeeez. » Je me remue sur mes genoux, ma voix qui s’étire et se secoue à chaque fois que je me secoue. « ‘teuplait ‘teuplait ‘teuplait ! » J’ouvre grands ma bouche pour lui faire mon meilleur sourire. Enfin, j’essaye… j’ai brossé mes dents, ce matin ?

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Dernière modification par Lloyd River le 9 sept. 2026, 11:10, modifié 1 fois.

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Je cale mes mains dans les poches de ma doudoune, l’air de rien, et je fixe la vitrine devant laquelle il s’est planté. J’ai à peine besoin de réfléchir deux secondes : Il a la tête de celui qui débarque dans un territoire inconnu, comme si un simple body de nourrisson était une énigme plus tordue que les runes anciennes.
- Les « manches croisées », c’est pas une formule magique. C’est juste un cache-cœur pour bébé. Ça s’ouvre devant, t’évites de lui passer un col serré par la tête. Basique.
Je pourrais m’arrêter là, mais sa manière de se dandiner presque sur place, comme un gosse qui veut une glace, finit par m’arracher un sourire. Je me surprends même à trouver ça sympathique. L’énergie de chiot, ça ne me fait plus fuir. Je sors une feuille chiffonnée de ma poche, et je la lui colle sous le nez.
- Mais avant, priorité à ça.
La liste de Diane. Rien qu’à la lire, j’entends déjà les deux crottes de nez galoper dans ma cuisine.
- Farine, lait, compote, savon, etc etc…
Je relève les yeux, un peu plus sérieux.
- Diane, c’est ma meilleure amie. Elle vit chez moi avec ses deux gamins. Du coup, mes courses ressemblent à ça maintenant.
Je secoue la feuille avec un rictus.
- Voilà donc le deal : Je remplis mon caddie avec ce joyeux bordel, et après seulement on s’occupe de tes bodies. Comme ça, chacun son tour.
Je pivote vers l’épicerie, et j’ajoute, sans cacher mon amusement qui pointe :
- T’inquiète. Je t’expliquerai les tailles, les pressions, et même la différence subtile entre « neutre » et « pastel ».
Je me penche juste assez pour jeter un regard à sa poche ventrale, là où ça gigote.
- Et… Ça, ça a droit à ses croquettes, ou ça se nourrit de gratouilles ?
Je pousse la porte du Quotidien, moitié sérieux, moitié rieur.
- Allez, beau gosse, on commence par ma liste, ´fin, une partie de ce que je pourrai trouver. Et après, ton rayon layette. Puis tu paieras ta tournée pour me remercier de t’avoir sauver les miches. Enfin… Si t’as survécu jusque-là.
Je lui jette une oeillade amusée.
Dernière modification par Cassidy Powell le 11 oct. 2025, 15:06, modifié 1 fois.

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Jude va me tuer si je lui ramène pas ces bodys… elle a même pas dit combien ! Elle m’envoie faire ses courses, et elle me dit rien ! De toutes façons je suis sûr que c’est pour avoir un truc à me reprocher. Elle est vicieuse, ma Jude. Franchement je suis le premier à le dire quand je fais mal un truc ! Sérieux ! Ok, pas tout le temps… mais c’est pas une raison pour y aller à la fourbe, là ! Une vraie Serpentard.
Je tourne la tête vers mon bro, qui m’explique ce que c’est que ces foutues manches croisées. Et tu sais quoi ? Je suis encore plus paumé. C’est quoi un cache-cœur ? ´tain mais ils peuvent pas inventer des termes simples et compréhensibles pour tout le monde ? Dire body qui s’enfile comme un gilet, c’est clair, non ? Sérieux ils pourraient penser aux types comme moi qu’on envoie faire les courses pour une patronne exigeante et tyrannique.

Et là, là je sens qu’il est sensible à ma détresse. Ça c’est vraiment un bro. Il va m’aider, il va choisir les bodys, et je pourrai rentrer direct, impressionner Jude qui arrêtera de me casser les pieds pour au moins une heure. Ouais ! Ouais c’est comme ça que ça va se passer ! Ah ! Eh ouais, Lloyd, il a peut-être pas la lumière à tout les étages, mais il sait retomber sur ses pattes ! Comme un chat ! C’est pas aujourd’hui qu’il échouera, Lloyd ! Non madame !

Je louche sur la liste qu’il sort. Je la regarde elle, puis lui, puis elle. Attends, quoi ? Ma bouche s’entrouvre. Faire ses courses ? C’est ça qu’il me propose ? L’accompagner faire ses courses et ensuite il m’aide ? « Vendu ! » je lance sans réfléchir.
Je l’écoute parler, mon regard fixé sur ses lèvres. Diane, meilleure amie, gamins… C’est lui qui lui a fair des gamins, à sa pote ? Wouah. Courageux. Courageux d’assumer. Attends. C’est peut être pas les siens. Mais alors pourquoi il va faire les courses pour elle ? Ah, il y a peut-être un doute sur le père. Genre paf, soirée qui tourne bizarre, et on sait pas. Non… quoi que. J’ai envie de poser la question. Je me retiens. Je sens que ça veut sortir, alors je serre les lèvres. Je balance ma main dans ma poche, je pousse Dolly, je chope mon paquet de clope et en passe une entre mes lèvres. Je l’allume d’un coup de briquet, je tire une longue taffe que je recrache par le nez. Si j’ouvre cette bouche, c’est foutu. Alors je hoche la tête comme ces chiens en plastiques tout doux sur les planches arrière des voitures. Papa en avait un, j’ai voulu joue avec, je lui ai cassé. Je l’ai jamais dit. Faudrait que je lui dise. Ou que je lui en rachète une. Ça s’achète où ça ? On en voit partout, et j’en ai jamais vu dans un magasin. Internet ? Hm-hm. Pas internet. Pas le droit, Lloyd. Sinon, pshhhh PAN !

Je suis son regard qui tombe sur la poche ventrale de mon sweat, là où Dolly bouge pour retrouver une bonne position. Je ricane en la chopant par le ventre et la sortir. Elle pousse un de ces petits grognements que j’adore. Je la soulève entre nous, son corps déplié dans le vide, ses petites dents venant me mordiller le pouce. « Croquettes, gratouilles, papouilles, pied de chaises, mégots, ongles de pied.. elle est pas difficile. » Je lui décroche un gros baiser sur le crâne et la fourre dans ma poche.

Je le vois ouvrir la porte, je… eh. Il m’a dit beau gosse ? Haaa…. J’aime bien ! Ça me fait étirer un grand sourire d’abruti, la clope entre les lèvres. Ah… ouais, la clope. Je peux pas rentrer avec ma clope.
Je tire une grande taffe et recrache tout en lui répondant : « Ouaip ! Ouaip, ouaip. Je te paye ta tournée. Je connais un bon bar, à Londres ! Ça te plairait, je te jure ! » Je tire une autre taffe. « C’est moldu, t’as de la bonne musique qui passe, la bière est bonne et les toilettes sont pas cassées. La serveuse est hyper mignonne. Genre elle est chargée au niveau des … » je secoue les épaules pour faire bouger mon torse, et j’éclate de rire. « Fin, t’as capté. Mais ok ! Ok on fait tes courses pour ta pote et tes momes et après on gère mes bodys ! Deal, bro ! »

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Dernière modification par Lloyd River le 9 sept. 2026, 11:09, modifié 1 fois.

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Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

PNJ Babyllon
Je pousse la porte du Quotidien des Sorciers d’un coup de hanche. La clochette tinte comme un grelot fatigué. L’air sent la magie. Nous entrons dans le temple des listes de courses sans fin, et des nerfs à vif. Je fais un signe à un panier magique. Je connais Diane et sa notion de “deux ou trois bricoles”. Ici, je ne trouverai pas de bouffe, je commencerai donc par acheter ce que je pourrai y trouver. L’autre me suit toujours, avec l’énergie du type qui carbure à l’électricité statique. Je lui souhaite de respirer entre deux phrases, je ne me sens pas de lui faire du bouche à bouche pour le moment. Je déroule la feuille un chiffonnée : Bandes magiques anti-chuttes pour l’escalier, quelques plumes de rechange… J’en profite d’être ici pour acheter quelques babioles de couture. Je prends, j’empile. Mon beau gosse suit, docile, avec l’air de découvrir une autre dimension. C’est touchant. Ridicule, mais touchant.
- Une serveuse hyper mignonne ? Tu sais choisir tes arguments.
Je lâche un sourire en coin.
- Moi, c’est plutôt les serveur à nuque propre, et barbe naissante. Question de karma esthétique.
Pas besoin d’en dire plus. L’info est livrée, nette, sans ruban autour. Il en fera bien ce qu’il veut, et on gagnera du temps. Le panier nous emboîte sagement le pas, et avale avec gourmandise tout ce que je lui balance.
- Et maintenant, rayon layette. On va sauver ton honneur.
Et mes nerfs, au passage. Nous nous engageons dans le petit rayon objets pour bébés, et son explosion de pastel, de murs beiges, ou roses poudrés. Des jouets-nuages sourient sans raison, et des lapins brodés à la chaîne nous lancent des bisous. L’air même semble parfumé à la vanille. Je sens les regards avant même de les croiser. Des mamans, bras chargés de langes fleuris, lèvent les yeux sur nous : Deux grands types, tatoués, lookés comme s’ils sortaient d’un concert de rock au Chaudron Baveur, qui déambulent parmi les bavoirs à coeur, ça ne passe pas inaperçu. J’en vois une qui resserre un peu sa poussette. Une autre chuchote à sa copine. Nous devons avoir l’air d’un duo improbable, perdus dans un champ de coton pastel. Je sens l’ironie me monter au visage :
- On dirait deux extraterrestres à une réunion de mères au foyer.
J’attrape un cintre au hasard:
- Cours accéléré : Un body, c’est une culotte avec un T-shirt soudé. Pressions à l’entrejambe, pour éviter le triple salto au moment du change. « Manches croisées », c’est un cache-cœur. Regarde.
Je déclipse, replie, reclipse, dans une démonstration nette. Les mamans nous regardent, interloquées. J’entends un “Oh, c’est trop mignon”. Je lève un sourcil, avant de coller le body dans les mains de mon acolyte :
- Imagine un bébé. Pas une citrouille, un vrai bébé. Montre moi si tu as tout saisi. Et attention, ne lui fais pas une clé de bras, ou à le retourner comme une crêpe pour lui mettre la manche. Sinon, c’est la garde à vue assurée.
J’ai ce foutu sourire qui monte, encore.
- Allez, champion ! Courage.

Cassidy Powell - Éducateur à l’école Maeve Queen
Godric’s Hollow