La Lune, toi et moi ?
«Mais oui c'est exactement ce que m'as raconté mère l'autre jour ! C'est incroyable !» tenta-t-elle d'articuler, les paroles saccadées par les rires. Nyxis posa doucement son regard sur son amie, et souria. Ces 12 jours passés avec elle avait été les meilleurs de toute sa vie. Enfin, c'est ce qu'elle disait chaque fois qu'elle se trouvait aux côtés de Merine. Lorsque ces deux là sont ensemble, tout semble plus simple. La blondinette est à l'aise. Elle rit à gorge déployée, fait la folle, partage ses tristesses et ses inquiétudes. C'était dans ces moments qu'elle pouvait relâcher la pression et profiter pleinement de son enfance. De son adolescence.
Ces deux dernières semaines pouvaient se résumer à faire des bêtises, se faire des blagues et échapper aux parents désespérés de la surexcitation de leurs enfants. Seulement, depuis quelques jours maintenant, une question taraudait Nyxis. Elle était venue si facilement, lorsqu'elle avait feuilleté le livre que père lui avait prêté, et qu'elle était tombé sur un sujet abordant les gens amoureux. Elle, n'avait jamais été amoureuse. Enfin, elle pense. La Serpentard avait passé tout son temps à lire et apprendre dans son coin, rendant ses interactions sociales quasi inexistantes, ainsi elle ne pouvait avoir rencontré un garçon sympa. Un garçon ? Nous y voilà. Est ce que Nyxis devait être amoureuse d'un garçon ? Et si aucun garçon ne lui plaisait ? Est ce qu'elle aurait le droit d'aimer... Une fille ? Discuter de ce genre de choses avec ses parents était légèrement gênant aux yeux de la jeune fille. Et avec grand-père, n'y pensons même pas.
Alors, tout naturellement, elle se tourna, plutôt réticente, vers son amie. «Euh... Hum. Merine ?» l'appela t'elle, d'une toute petite voix. «Est ce que... euh... tu es déjà tombée amoureuse d'une... enfin je veux dire euh...» ses mots se perdaient tandis que ses joues se tintèrent d'une jolie couleur pourpre. «Est-ce que tu as déjà aimé une fille ? En amour je veux dire...» finit-elle par souffler. Elle ponctua sa phrase d'un petit rire gêné, appréhendant la réaction de son amie. Et si elle la trouvait envahissante ?
La Lune, toi et moi ?
C'est partie pour la mention des gens qui ont fait rougir MerineIl faisait nuit, et la lune qui s'élevait dans le ciel et se reflétait sur la mer était magnifique. La plage était presque déserte, seuls quelques rares promeneurs nocturnes étaient visibles au loin.
Merinda riait à n'en plus finir, ses pieds nus dans l'écume, Nyxis à ses côtés, tout aussi pliée en deux qu'elle. C'était leur dernière nuit ensemble à Tinworth, et les nuits, c'était précieux. C'est dans le noir que se disent les secrets, c'est dans la clarté des bougies que s'emportent les émotions, et c'est au clair de lune que s'amusent les adolescents.
La tente de leurs famille était plantée plus loin, sur les bords de plage, et on apercevait seulement les lueurs de quelques bougies qui éclairaient les silhouettes des parents. La tente semblait minuscule, mais comme toutes les tentes sorcières, elle était immense à l'intérieur et comportait plusieurs pièces. Pour fêter leur dernier soir réunis, les parents avaient fait un grand festin autour de la grande table centrale, avec les enfants, et le repas ne s'était terminé qu'une heure plus tôt environ. Les deux amies d'enfance avaient décidé de fausser compagnie à leurs familles pour une énième soirée ensemble sur la plage, tandis que les petits frères et sœurs de Merinda avaient été mis au lit.
Si les autres soirs, Merinda avait pu se plaindre par rapport au choix de ses parents de la placer au camp pédagogique et de supprimer une semaine sur deux de son stage de karaté, ce soir la jeune fille s'était promis à elle-même de ne pas aborder de sujets fâcheux de ce genre, afin de profiter pleinement de la soirée avec son amie. Alors qu'elles riaient de bon coeur, Nyxis appela soudain Merinda d'une petite voix.
"Oui ?"
Son amie allait-elle mal ? Son humeur semblait avoir changé.
Déjà amoureuse ? Oula mais Nyxis savait qu'elle se penchait sur un sujet dangereux... Son amie était parfaitement au courant de ce qui s'était passé avec Narcisse. Merinda haussa un sourcil, soucieuse de la suite... mais elle fut surprise. Amoureuse d'une fille ? Le rouge monta aux joues de Merinda.
Ses pensées s'embrouillèrent et son cerveau bouillonna. Elle n'en savait rien...
"Euh... si j'avais été amoureuse de quelqu'un, fille ou garçon, tu aurais été une des premières à le savoir, avec Orlaith..."
La mention de la rouquine accentua sans qu'elle ne sache pourquoi son malaise.
Son esprit lui repassa devant les yeux toutes les fois où elle avait rougit. Narcisse, Orlaith, Alice, le mec d'Alice à la patinoire... Et Nerrah aussi. Mais il ne comptait pas lui, elle avait rougit sous le coup de la colère sûrement. Oui c'était forcément ça. Comment tomber amoureuse d'un mec qui lui faisait penser à Clayton ?
Et puis déjà, rougir ça ne voulait pas dire être amoureuse ! Rougir c'était... être impressionné ? Enfin bref, là n'était pas la question !
Et alors que le cerveau de la Vert et Argent fumait et que ses joues rosissaient, une pensée fusa. Et si... ? Elle jeta un œil discret à son amie d'enfance. La lune faisait joliment ressortir le rouge qui parsemait ses joues. Le visage de Merinda s'empourpa à son tour. Et si Nyx lui demandait ça parce qu'elle était amoureuse d'elle ?
Mais oui, et si c'était le cas ? Après tout, elles se connaissaient depuis qu'elles étaient bébés, elles considéraient la famille de l'autre comme la leur, elles passaient plein de bons moments... De quoi tomber amoureuses l'une de l'autre non ?
Merinda décida de tout d'abord répondre bêtement à la question de Nyxis :
"Bah, il m'arrive de rougir devant des filles, comme devant des garçons... Après je crois pas que ça veut dire que je suis amoureuse d'eux tous... Parce que sinon je suis amoureuse de pas mal de gens..."
Merinda eut un petit rire nerveux. Et elle ne put s'empêcher de demander :
"Tu me demandes ça parce que tu... euh... tu es amoureuse de moi ?"
La Lune, toi et moi ?
Nyxis écouta attentivement son amie. En y repensant, ce n'était peut-être pas une bonne idée d'aborder ce sujet avec elle...? Avec ce qu'il s'est passé à avec Narcisse.... Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de la blondinette à la mention d'Orlaith. Il est vrai que par principe, elle n'appréciait aucun Gryffondor, mais elle avait apparemment fait exception pour celle-ci. Après tout, si c'est l'amie de Merine... Elle pouvait bien faire un effort !
Son regard se posa sur les quelques vagues qui leur chatouillaient les pieds. Seule les paroles de Merine venaient interrompre la douce mélodie des vagues dansantes. Comment est le monde sous l'eau ? Est-ce aussi difficile qu'ici ? Nyxis se surpris à penser que peut-être, la vie prendrait tout son sens si je lâchait prise. Après tout, c'est ce que doivent faire les poissons. Autrement, comment pourraient-ils rendre une image si positive de leur existence ?
Si certains ont la capacité de parler aux serpents, elle, aimerait pouvoir communiquer avec ces créatures aquatiques.
Ses pensées dépourvues de sens divaguèrent avant de la ramener à la réalité. À moins que cela ne soit le visage empourpré de Merine qui avait attiré son regard ? Elle semblait être en bataille avec elle-même, comme pour se convaincre de quelque chose. La remarque de Merine lui valu un petit rire étouffée. Mais Nyxis ne parlait pas de rougir. Elle parlait d'aimer. Elle parlait des vrais sentiments. Ceux qui t'en font voir haut en couleurs, ce qui te retournent l'estomac, ceux qui te font perdre tes moyens, ce qui te font tourner la tête. C'est ce qu'avait décrit mère. Cela semblait bien trop féerique pour être réel. Pourquoi aimer quelqu'un te retournerait l'estomac ? On ne mange pas la personne qu'on aime, non ? Elle avait sûrement dû mal comprendre. Elle l'espérait.
Soudain, alors qu'elle aurait voulu faire une remarque sarcastique, son souffle se coupa. Son visage crispé s'embrasa de plus bel alors qu'elle fixait Merinda, interloquée. «Que... Quoi ? » les mots ne lui virent pas.
Amoureuse d'elle ? Mais, c'est ridicule ? Les deux étaient amies depuis leur naissance, Nyxis la considérait comme sa sœur. Oui, elle l'aime, mais d'un amour amical. Autrement, cela serait étrange...
La Serpentard ne comprenait pas. Elle tourna la tête et se mis en boule, comme pour se cacher. Une envie prenante de s'enterrer vivante dans le sable fit son apparition. Ou se noyer. Les deux propositions étaient plutôt sympa. En tout cas, cela serait toujours moins pire que de regarder Merine dans les yeux. «Nan... Nan pas du tout, c'était pas pour ça... Je euh... Non mais c'était pour savoir... 'fin tu vois quoi...» marmonna t'elle, toujours enfouie dans ses genoux, profondément embarrassée. «Merine on est amies, je suis pas amoureuse de toi tu sais... C'était pour... Pour savoir... Tu vois ?»
Elle empoigna le peu de courage qui lui restait et se redressa. Comment pouvait-elle penser que Nyxis était amoureuse d'elle ? Ça serait bizarre... Non ?
Son regard se posa sur les quelques vagues qui leur chatouillaient les pieds. Seule les paroles de Merine venaient interrompre la douce mélodie des vagues dansantes. Comment est le monde sous l'eau ? Est-ce aussi difficile qu'ici ? Nyxis se surpris à penser que peut-être, la vie prendrait tout son sens si je lâchait prise. Après tout, c'est ce que doivent faire les poissons. Autrement, comment pourraient-ils rendre une image si positive de leur existence ?
Si certains ont la capacité de parler aux serpents, elle, aimerait pouvoir communiquer avec ces créatures aquatiques.
Ses pensées dépourvues de sens divaguèrent avant de la ramener à la réalité. À moins que cela ne soit le visage empourpré de Merine qui avait attiré son regard ? Elle semblait être en bataille avec elle-même, comme pour se convaincre de quelque chose. La remarque de Merine lui valu un petit rire étouffée. Mais Nyxis ne parlait pas de rougir. Elle parlait d'aimer. Elle parlait des vrais sentiments. Ceux qui t'en font voir haut en couleurs, ce qui te retournent l'estomac, ceux qui te font perdre tes moyens, ce qui te font tourner la tête. C'est ce qu'avait décrit mère. Cela semblait bien trop féerique pour être réel. Pourquoi aimer quelqu'un te retournerait l'estomac ? On ne mange pas la personne qu'on aime, non ? Elle avait sûrement dû mal comprendre. Elle l'espérait.
Soudain, alors qu'elle aurait voulu faire une remarque sarcastique, son souffle se coupa. Son visage crispé s'embrasa de plus bel alors qu'elle fixait Merinda, interloquée. «Que... Quoi ? » les mots ne lui virent pas.
Amoureuse d'elle ? Mais, c'est ridicule ? Les deux étaient amies depuis leur naissance, Nyxis la considérait comme sa sœur. Oui, elle l'aime, mais d'un amour amical. Autrement, cela serait étrange...
La Serpentard ne comprenait pas. Elle tourna la tête et se mis en boule, comme pour se cacher. Une envie prenante de s'enterrer vivante dans le sable fit son apparition. Ou se noyer. Les deux propositions étaient plutôt sympa. En tout cas, cela serait toujours moins pire que de regarder Merine dans les yeux. «Nan... Nan pas du tout, c'était pas pour ça... Je euh... Non mais c'était pour savoir... 'fin tu vois quoi...» marmonna t'elle, toujours enfouie dans ses genoux, profondément embarrassée. «Merine on est amies, je suis pas amoureuse de toi tu sais... C'était pour... Pour savoir... Tu vois ?»
Elle empoigna le peu de courage qui lui restait et se redressa. Comment pouvait-elle penser que Nyxis était amoureuse d'elle ? Ça serait bizarre... Non ?
@Merinda Swart, si tu as une pelle pour creuser un trou, Nyxis la prendra avec plaisir
La Lune, toi et moi ?
@Nyxis Calderon, Merine a un tout petit peu oublié de répondre et elle a balancé toutes les questions à NyxisNyxis parut perdre ses mots à la question de Merinda, ce qui, dans la tête de la Serpentard, confirmait sa pensée. En voyant son amie d'enfance détourner le regard et se recroqueviller sur elle même, la Serpentard ne savait comment réagir. Elle était si perturbée par la situation qu'elle ne savait que faire.
Heureusement, Nyxis se décida à reparler, et ce fut avec soulagement que Merinda l'entendit lui dire non. Le rouge qui teintait ses joues s'envola, et elle se mit à rire la tête renversée en arrière. Qu'elle avait été bête de penser que la blondinette était amoureuse d'elle ! Elles étaient comme une famille, et on ne tombe pas amoureux de sa famille !
"Ouf ! s'exclama-t-elle en riant. J'ai eu peur Nyx haha ! On est comme des sœurs, alors c'est bizarre d'être amoureuse de sa sœur ! Je sais pas pourquoi je t'ai posé cette question, désolée ! C'était hyyyper gênant haha !"
Le sourire retrouvé, elle donna une tape dans le dos de la blonde aux yeux verts, contente que ce moment malaisant soit terminé. Elle se remit donc à parler sans gêne, comme à son habitude :
"Du coup, tu me demandes ça pour savoir... Savoir quoi ? C'est que t'es amoureuse d'une fille c'est ça ?"
Elle lança un sourire coquin à Nyxis en la regardant dans les yeux.
"Et ça te gêne ? T'sais c'est normal, c'est comme ça pour plein de gens hein ! Regarde Llo !"
La métisse réfléchit un instant.
"T'as peur de l'dire à tes parents c'est ça ? Fin, ils sont pas homophobes à c'que j'sache ! En plus ils sont troooop gentils tes parents, c'est pas comme si t'avait les miens ! Fin surtout mon père tu vois... Bref."
Le regard de Merinda se perdit un instant dans le lointain, sur la lune et son reflet dans les vagues. Quelques secondes après, qui semblèrent une éternité, elle eut comme un léger sursaut et retomba dans le réel, détournant ses yeux de la mer et les reposant sur Nyxis. Elle retrouva rapidement son sourire coquin, et reprit :
"Ah mais c'est pour ça que t'étais à l'atelier chaudron de Charleston ! Je comprends touuuut ! Alors, dis-moi, tu crush sur qui ?"
La galloise regardait son amie les yeux pétillants, attendant qu'elle lui apprenne ce qu'elle avait manqué.
La Lune, toi et moi ?
Merinda sembla soulagée par la réponse de la fillette. Amusée même. Pourtant cela ne faisait pas rire Nyxis. Elle était très sérieuse. Pourquoi Merine riait ? Et oui, comme elle le disait, c'était hyper gênant. Néanmoins la réaction de son amie la sortit de la torpeur, et elle esquissa un sourire. «T'inquiètes, c'est vrai que j'ai pas été très claire...»
À peine remise de ses émotions, son cœur fit un nouveau looping. Elle, amoureuse ? D'une fille ? Nan. N'importe quoi. Toute personne connaissant un minimum la jeune fille savait pertinemment qu'elle n'était pas du genre à tomber amoureuse. Mais si c'était le cas désormais ? Nyxis était terrifiée à l'idée d'avoir des sentiments pour quelqu'un. Encore plus pour une fille. Grand-père avait dessiné tant de limites qu'elle savait pertinemment que jamais il n'accepterait ce genre de relation. Amoureuse d'un moldu ? Tu rêves. Aimer un pauvre ? Tu veux faire couler la famille ou quoi ? Alors aimer une personne du même genre... Ça serait sûrement un truc de déshonneur ou je sais pas quoi...
Disons qu'elle avait remarqué ces derniers temps qu'aucun garçon ne lui plaisait, alors que d'autres élèves de son âge étaient en crush sur eux. Parfois même plusieurs à la fois ! Alors elle en était venue à se poser la question. Peut être qu'elle n'était pas faite pour aimer les garçons ? C'est mal ça, de ne pas aimer les garçons ? Un regard las rencontra les pupilles de Merine. Pour une famille de sang noble, faire tâche à la normalité était un blasphème. Nyxis ne voulait se frotter à se genre de pratique. Elle se marierai avec un bon parti, un homme bien, comme tant d'autres dans sa famille...
Sa réflexion dû être un peu plus longue que prévue, aussi elle se dépêcha de répondre. «Savoir... Je sais pas. Toi, t'étais en crush sur Narcisse hein. C'est un garçon Narcisse. Moi j'ai jamais aimé de garçon. Peut être que ça veut dire que je suis malade ? C'est pas bon signe nan ?»
Malgré les paroles se voulant rassurantes de son amie, Nyxis persista à penser qu'elle était une mauvaise personne. Être différente n'était pas un problème, mais sembler ne pas être attirée par les hommes était inquiétant. C'est compliqué parfois...
Elle pensa à Llo. Oui après tout... Mais Nyxis n'était pas aussi cool qu'elle... Et puis ses parents n'étaient pas vraiment le problème. Mère dirait sûrement comme Merine, mais père... Serait-il influencé par les paroles de grand-père ?
«Nan c'est pas ça... Ils s'en ficherait sûrement... Mais pas grand-père.» murmura t'elle.
Elle s'en voulait de proliférer le mauvais côté de celui-ci. Après tout, il ne voulait sûrement que le bien de sa petite fille, n'est ce pas ? Grand-père est un homme bien... Enfin, elle crois. Là, maintenant, elle n'était plus sûre de rien. Et puis, comment pouvait-elle se plaindre de sa famille alors que Merine traversait des choses beaucoup plus difficiles ? Elle se sentait tellement indigne d'être son amie... Se plaindre alors qu'il existe pire...
Elle se rappela de l'atelier organisé par Mr Charleston. Elle y était allée par pur mécanisme. Enfin, surtout parce qu'il y avait le professeur. Dans l'idée, soutenir la communauté LGBT ne dérangeait pas Nyxis, au contraire. Il était important de ne pas renier cette partie de la population. Seulement, lorsque cela la touchait elle... C'était une autre histoire. Elle n'a pas l'impression d'être comme les autres. Tout est plus flou, difficile, incompréhensible...
«Oui, enfin je crois... C'était un chouette atelier hein...»
Et puis vint le plus difficile. Sur qui elle crushait ? Personne. Il est vrai qu'elle avait déjà éprouvée des sentiments pour des filles. Mais pas des sentiments d'amour. De l'amitié sûrement. Comme avec Merine. Pourtant, malgré la bataille qu'elle menait avec elle-même, elle ne pouvait le nier. Ces choses qu'elle avait ressenties étaient réelles. Sûrement pas de l'amour, mais ça faisait tout de même son petit effet. Un peu comment mère avait décrit la façon dont on tombe amoureux.
Les flashback de cet après-midi dans le dortoir firent surface. Sa main sur son épaule et sa voix douce... Elle se souvint avoir eu une drôle de sensation dans son ventre, un peu comme des chatouilles. Mais c'était sûrement de la colère. Ou de la l'exaspération. Après tout, cette journée avait été forte en émotions, non ?
Sortant de sa transe, elle soupira avant de reprendre. «C'est personne. Je n'ai jamais aimé personne.» Sa réponse fut si sèche qu'elle en grimaça. La vérité c'est qu'elle ne sait pas si elle est amoureuse. L'amour, ce n'était pas de simples crush. Ça, c'est juste de l'attirance. L'amour, c'est à la fois défini et indéfini. Lorsqu'on est amoureux, on le sait. Mais si on ne l'est pas, il est impossible d'en être réellement certain.
Nyxis ne sait pas ce que ça fait d'aimer, et d'être aimée. Elle sait simplement que le jour où elle aimera, elle fera tout son possible pour chérir cette personne. Pour qu'elle se sente appréciée. Pour qu'elle soit en sécurité. Mais ce n'est pas près d'arriver. Ça n'arrivera peut-être même jamais.
Comme pour pourrir un peu plus la soirée, les paroles de cette brune lui revinrent en mémoire et résonnèrent tel un écho dans son esprit. Ne te prétends pas différente, comme tout le monde, tu rêves d'être aimée. Malheureusement pour toi, tu ne l'es pas.... Tu ne l'es pas... Deux ans la séparait de ce douloureux événement, et pourtant, ces propos poignants restaient profondément ancrés dans le cœur de la fillette.
À peine remise de ses émotions, son cœur fit un nouveau looping. Elle, amoureuse ? D'une fille ? Nan. N'importe quoi. Toute personne connaissant un minimum la jeune fille savait pertinemment qu'elle n'était pas du genre à tomber amoureuse. Mais si c'était le cas désormais ? Nyxis était terrifiée à l'idée d'avoir des sentiments pour quelqu'un. Encore plus pour une fille. Grand-père avait dessiné tant de limites qu'elle savait pertinemment que jamais il n'accepterait ce genre de relation. Amoureuse d'un moldu ? Tu rêves. Aimer un pauvre ? Tu veux faire couler la famille ou quoi ? Alors aimer une personne du même genre... Ça serait sûrement un truc de déshonneur ou je sais pas quoi...
Disons qu'elle avait remarqué ces derniers temps qu'aucun garçon ne lui plaisait, alors que d'autres élèves de son âge étaient en crush sur eux. Parfois même plusieurs à la fois ! Alors elle en était venue à se poser la question. Peut être qu'elle n'était pas faite pour aimer les garçons ? C'est mal ça, de ne pas aimer les garçons ? Un regard las rencontra les pupilles de Merine. Pour une famille de sang noble, faire tâche à la normalité était un blasphème. Nyxis ne voulait se frotter à se genre de pratique. Elle se marierai avec un bon parti, un homme bien, comme tant d'autres dans sa famille...
Sa réflexion dû être un peu plus longue que prévue, aussi elle se dépêcha de répondre. «Savoir... Je sais pas. Toi, t'étais en crush sur Narcisse hein. C'est un garçon Narcisse. Moi j'ai jamais aimé de garçon. Peut être que ça veut dire que je suis malade ? C'est pas bon signe nan ?»
Malgré les paroles se voulant rassurantes de son amie, Nyxis persista à penser qu'elle était une mauvaise personne. Être différente n'était pas un problème, mais sembler ne pas être attirée par les hommes était inquiétant. C'est compliqué parfois...
Elle pensa à Llo. Oui après tout... Mais Nyxis n'était pas aussi cool qu'elle... Et puis ses parents n'étaient pas vraiment le problème. Mère dirait sûrement comme Merine, mais père... Serait-il influencé par les paroles de grand-père ?
«Nan c'est pas ça... Ils s'en ficherait sûrement... Mais pas grand-père.» murmura t'elle.
Elle s'en voulait de proliférer le mauvais côté de celui-ci. Après tout, il ne voulait sûrement que le bien de sa petite fille, n'est ce pas ? Grand-père est un homme bien... Enfin, elle crois. Là, maintenant, elle n'était plus sûre de rien. Et puis, comment pouvait-elle se plaindre de sa famille alors que Merine traversait des choses beaucoup plus difficiles ? Elle se sentait tellement indigne d'être son amie... Se plaindre alors qu'il existe pire...
Elle se rappela de l'atelier organisé par Mr Charleston. Elle y était allée par pur mécanisme. Enfin, surtout parce qu'il y avait le professeur. Dans l'idée, soutenir la communauté LGBT ne dérangeait pas Nyxis, au contraire. Il était important de ne pas renier cette partie de la population. Seulement, lorsque cela la touchait elle... C'était une autre histoire. Elle n'a pas l'impression d'être comme les autres. Tout est plus flou, difficile, incompréhensible...
«Oui, enfin je crois... C'était un chouette atelier hein...»
Et puis vint le plus difficile. Sur qui elle crushait ? Personne. Il est vrai qu'elle avait déjà éprouvée des sentiments pour des filles. Mais pas des sentiments d'amour. De l'amitié sûrement. Comme avec Merine. Pourtant, malgré la bataille qu'elle menait avec elle-même, elle ne pouvait le nier. Ces choses qu'elle avait ressenties étaient réelles. Sûrement pas de l'amour, mais ça faisait tout de même son petit effet. Un peu comment mère avait décrit la façon dont on tombe amoureux.
Les flashback de cet après-midi dans le dortoir firent surface. Sa main sur son épaule et sa voix douce... Elle se souvint avoir eu une drôle de sensation dans son ventre, un peu comme des chatouilles. Mais c'était sûrement de la colère. Ou de la l'exaspération. Après tout, cette journée avait été forte en émotions, non ?
Sortant de sa transe, elle soupira avant de reprendre. «C'est personne. Je n'ai jamais aimé personne.» Sa réponse fut si sèche qu'elle en grimaça. La vérité c'est qu'elle ne sait pas si elle est amoureuse. L'amour, ce n'était pas de simples crush. Ça, c'est juste de l'attirance. L'amour, c'est à la fois défini et indéfini. Lorsqu'on est amoureux, on le sait. Mais si on ne l'est pas, il est impossible d'en être réellement certain.
Nyxis ne sait pas ce que ça fait d'aimer, et d'être aimée. Elle sait simplement que le jour où elle aimera, elle fera tout son possible pour chérir cette personne. Pour qu'elle se sente appréciée. Pour qu'elle soit en sécurité. Mais ce n'est pas près d'arriver. Ça n'arrivera peut-être même jamais.
Comme pour pourrir un peu plus la soirée, les paroles de cette brune lui revinrent en mémoire et résonnèrent tel un écho dans son esprit. Ne te prétends pas différente, comme tout le monde, tu rêves d'être aimée. Malheureusement pour toi, tu ne l'es pas.... Tu ne l'es pas... Deux ans la séparait de ce douloureux événement, et pourtant, ces propos poignants restaient profondément ancrés dans le cœur de la fillette.
Alors alors... @Merinda Swart, ma pauvre Nyxis va avoir besoin de réconfort
@Meghan Wardwell, pour la main sur l'épaule
@Linh Olsen, pour avoir un peu plus détruit la confiance en elle de mon bébé
La Lune, toi et moi ?
@Nyxis CalderonLe sourire de Merinda s'élargit plus encore lorsque les lèvres de Nyxis s'étirèrent à leur tour, tandis que son amie lui disait qu'elle n'avait effectivement pas été très claire. Mais le visage de la blondinette se rassombrit trop vite au goût de Merinda, et le temps parut interminable avant que Nyxis lui réponde.
Merinda grimaça à la mention de son ancien crush sur Narcisse, mais étant donné le sujet qu'elles avaient abordé, il fallait s'y attendre. Et puis Nyxis semblait soudain aller assez mal pour que la galloise ne se mette à lui reprocher d'avoir évoqué cette histoire. Merinda ne s'attendait pas à ce que son amie soit aussi touchée par le sujet. Au point de se croire malade ? Mais ça faisait une éternité qu'on savait que l'homosexualité était pas une maladie, elle allait pas remettre ça sur le tapis ! Nyxis avait vraiment besoin de réconfort.
"Toi, malade ? Mais Nyxis, pas du tout !"
Merinda avait levé le ton s'en sans rendre compte, énervée de voir la blondinette manquer autant de confiance en elle. Elle allait lui faire comprendre qu'elle était parfaite et tout à fait normal !
"Sérieux Nyxis, y'a rien qui cloche chez toi ! Entre nous deux, ça serait plutôt moi la meuf malade, avec toutes les conneries que j'fais ! T'as jamais aimé de garçon ! Mais Nyx t'as treize ans ! Y'a plein de gens de treize ans qui ont jamais été amoureux !"
Merinda faisait de grands gestes en parlant, preuve qu'elle était totalement investie dans ce qu'elle disait, et qu'elle prenait à cœur ce qui touchait à son amie.
"C'est totalement normal, okay ? Faut arrêter là, la société nous fait croire que quand on rentre au collège hop tout l'monde cursh sur tout l'monde, et puis quand on passe en étude sup' on se case pour de bon, et puis quand on a un métier on s'marie et on fait des gosses ! Non mais sérieux, tu crois que c'est comme ça pour tout le monde ? Que tout le monde veut ça ? T'as toute la vie devant toi ! On a toute la vie devant nous ! Pas besoin de faire comme tout l'monde et d'être un p'tit mouton hein !"
Merinda reprit son souffle et en profita pour lâcher un sourire à Nyxis, avant de reprendre :
"Et puis me prend surtout pas en exemple hein ! C'est pas parce que j'ai été en crush sur Narcisse que je vaux mieux que toi ou j'sais pas quelle autre connerie du genre ! Déjà, est-ce que j'ai vraiment aimé Narcisse ? Sérieux, j'en sais rien, moi j'dirais oui mais peut-être que pas du tout, peut-ête que c'était juste une... une amourette de gamine !"
Ce n'était pas souvent que Merinda se traitait de gamine ; elle avait même plutôt l'habitude de se grandir. Mais pour aider Nyxis, que ne ferait-elle pas ?
"Et puis... je sais pas moi, p't-être que j'suis bi ? Et que je suis dans le même cas que toi ? En tout cas Nyx, t'es sûrement pas la seule au monde à ne pas aimer les mecs ! Ou tout simplement à ne pas avoir encore aimé un mec ! Parce que bon, c'est pas comme si ça faisait deux ans qu'on fréquentait les même mecs, au bout d'un moment on sait si ça matche ou pas ! Alors bon, p't-être que t'as juste pas encore rencontré le bon mec ? Tu devrais peut-être regarder dans les promos du dessus haha !"
Elle ponctua sa dernière phrase par un clin d'œil. Mais son visage s'assombrit lorsque Nyxis évoqua son grand-père. Celui-çi était un peu comme son arrière-grand-père à elle, un vieux pro-Sang-Pur ayant pour but de... gâcher la vie de ses descendants ?
"Ah non, pas lui ! Nyx, me dit pas que tu l'écoutes, lui ? C'est un vieux anti-Nés-Moldus ! Faut pas faire attention à ce qu'il baragouine ! Il raconte sûrement connerie sur connerie ! Et je t'assure que c'est pas lui qui va dicter tes choix amoureux, nan mais oh ! Je vais pas te laisser devenir une meuf mariée et soumise à un pervers que t'aimes pas tout ça parce que c'est ton vieux qui l'a décidé ! Allez Nyx quoi, faut que tu t'affirmes, ok ?"
Merinda leva un poing vers la lune et s'exclama :
"Girl power !"
Elle se retourna vers Nyxis et posa une main sur l'épaule de l'anglaise.
"Plus sérieusement... tu me promets de jamais te soumettre ? Et surtout, jamais à ton grand-père ! T'es libre Nyxis, et je compte sur toi pour rester libre toute ta vie, okay ? Si t'aimes une fille, bah c'est génial pour toi, et t'as pas intérêt à laisser passer cette chance !"
Merinda regarda son amie dans les yeux, déterminée à la faire promettre.
Elle ouvrit des grands yeux quand Nyxis lui dit d'un ton sec qu'elle ne crushait sur personne. Mais ce qui choqua le plus la galloise, ce fut la deuxième phrase de la blondinette. Je n'ai jamais aimé personne. Là c'était grave. Nyxis n'allait vraiment pas bien. Pas bien du tout. D'où elle sortait ça ?La jeune fille aux cheveux noirs courts se rapprocha plus de son amie et la prit dans ses bras.
"Tu racontes n'importe quoi Nyxis. Vraiment, tu délires là. Tu n'as jamais aimé personne ? Et moi alors ? Tu ne m'aimes pas ? Et tes parents ? Tu ne les aimes pas ? Et Carrie, qui te prend pour sa deuxième grande sœur, tu ne l'aimes pas ?"
Le regard de Merinda se perdait à regarder la beauté de la mer, et elle fit passer un instant où seul le bruit des vagues leur répondait. Son bras entourant toujours Nyxis, elle reprit.
"Et pendant ces jours ici avec nous, tu ne nous as pas aimé ? Et tu ne t'es pas sentie aimée ? Nyxis j'espère vraiment que tu ne crois pas ce que tu viens de me dire. T'as une famille aimante, et tu nous as nous."
Elle tourna sa tête vers celle de la blondinette et la prit doucement par le menton pour la forcer à lever les yeux vers elle. Lorsque leurs yeux verts se rencontrèrent, Merinda dit d'un ton doux qui lui était rare d'utiliser :
"Et tu m'as moi. On t'aime. Et je t'aime. Je t'abandonnerai jamais. T'es ma sœur."
La Lune, toi et moi ?
Nyxis s'appuya un peu plus sur ses coudes alors qu'ils s'enfonçaient dans le sable frais, chatouillant au passage chaque parcelle de peau les rencontrant. Ses pupilles s'attardaient sur les vagues, avant de revenir se plonger dans les iris d'une Merine remontée, éparpillant ses mots d'une véhémence bien connue chez la Galloise. La tempête qu'emportait son propre corps n'était égale à celle qu'on pouvait extirper de la parole de son amie. Un tourbillon de réminiscences saccageait lentement toute région de sa conscience, pourtant une colombe, de son habituelle blancheur troublante, virevoltait au centre de cette destruction, comme porteuse d'une assurance nouvelle, d'un message rassurant sur lequel s'appuyait. Elle n'en cachait pas moins sa poitrine déchirée, serrée dans un étau, dont les battements bombardaient sa cage thoracique d'une omnipotence si conséquente qu'elle crut, l'espace d'un instant, vivre ses derniers instants sur terre. Sa respiration était mêlée d'une étrange peine à se calmer, à un souffle candide cognant, luttant contre cette asphyxie involontaire. Mais, s'il y avait bien une chose, un élément, un facteur qui surpassait de haut tous ces débris de mots, c'était bien cela. Cela ? Cela. Un scintillement, une étoile. Un éclair, une pluie de tonnerre. Une flamme dansant dangereusement avec le diable, un pistil aussi coloré qu'un pétale. Le regard de la Serpentard, aussi simple pourrait-il paraître, semblait s'armer d'une capacité curative que la blonde n'avait jamais observée avant. Mais, peut-être est-ce car elle n'en avait jamais exprimé le besoin ? Tout sembla s'envoler pendant une seconde, s'évaporer à la manière qu'un être peut disparaître, mais également s'évaporer, à la façon dont l'exerce la puissance ardente d'une émotion déchirée lorsqu'enfin, Nyxis acceptait de la libérer, de l'envoyer valser avec l'écume. La plupart des mots qu'étalait la métisse s'éparpillèrent autour de son corps frêle avant qu'elle n'ait le temps de les attraper. Un vide conséquent envahissait ses poumons, mais saisissait tout de même la brise chaleureuse qu'était la voix de son amie. Plusieurs notions réussirent leur chemin jusqu'aux neurones où, avec une étroite difficulté, ses méninges acceptèrent de comprendre quelques-uns de ces propos.
— Mais de nos jours, on voit tellement de jeunes, si proche d'un amour qu'on penserait fabuleux... Peut-être que... La société a évolué, en me laissant derrière ?
Être mise de côté. Être abandonnée. Finir seule, éperdument isolé, comme une âme en peine. Qu'était cette crainte grandissant à mesure que les années avançaient, qu'elle se rapprochait des jours fatidiques ? D'où venait-elle, que voulait elle ? Comment pouvait-on la battre, la détruire, sans même savoir qui elle était ? Qui. Et nous, alors ? Qu'étions-nous ? Serions-nous les individus que nous honorons aujourd'hui, si, dans un ancien temps, aussi loin que nous puissions remonter, nous avions refusé une telle morale, une justice si flegmatique, une raison si absconse ? Pourquoi, plutôt que de laisser indolemment l'irréalisme prendre vie, ne nous sommes t'on pas attelé à construire une réalité plus ferme, plus authentique ? Que serions-nous devenu sans une société basée autour de l'amour ? Nous autres civilisations aurions jeté l'ancre, disparue comme un nuage de fumée, sans descendance, sans rien, ô rien, pour nous rattacher à la vie ? Où se trouve ce juste-milieu que nous attendons tous, la balance entre l'amour pur, évident, et la dépendance à un avenir à deux ? Deux. Ce chiffre fatal, porteur d'une sentence, de la sentence. L'objectif d'une vie, l'attente d'une famille, la motivation menant au dépit. La vibration d'une corde vocale la rappela de nouveau à la réalité. Quelques secondes brumeuses dépassèrent le dos de l'Anglaise qui ne cacha pas son manque d'attention. Cependant, un petit quelque chose l'avait fait tilter ; une suggestion, une brillante idée qui n'attendait plus que d'être mise en action, si elle souhaitait vraiment satisfaire les attentes de Michael. Regarder dans les années supérieures... En voilà un excellent plan. Si elle en avait la foi, elle s'y mettrait probablement à la rentrée.
L'étincelle naissante dans ses yeux s'éteignit aussi rapidement qu'elle était apparue. Le chant de la mer, mêlé à la mélodie de la Lune prit le dessus, et Nyxis s'y perdit, les paupières lourdes d'un effort qui n'était même pas le sien, qui n'était aucunement légitime de l'être. Si la jeune fille avait été seule, toute seule, des fredonnements auraient sûrement pu être audible autour de ce pan de confession qu'était la transparence d'une eau anglaise. Mais cet instant de communion avec l'art sensoriel valait il la plus profonde des solitudes ? Une solitude disparue il y a maintenant 2 ans. 24 mois d'une amitié liée par ce qu'elle pensait être l'âme, celle de deux personnes qui, à l'instar d'un couple, s'étaient réunies en ce jour pour échanger une amitié douce, qu'aucune relation amoureuse ne pourrait combattre, surpasser. C'est cette même amitié qui, en cet instant, lui murmura de lui assurer, de lui jurer un acte jugé simple et évident de manière générale. Mais ce soir, il y avait matière à contester, alors, dans la simplicité du moment, le mot, quelques petites lettres attachées entre elles par un fil d'or, s'échappa de ses lèvres.
— Promis.
Puis, tout repartit en vrille. La quiétude lévient, temporaire certes, mais vivace, l'abandonna, elle aussi. Le discours de Merinda était tout ce qu'on pouvait qualifier de brumeux : d'une certaine façon, il était rassurant, par son unique existence, il l'enveloppait d'une chaleur inégale, lui soufflait qu'elle n'était pas abandonnée, qu'elle était soutenue... Mais, d'une autre, jamais elle n'avait entendu quelque chose d'aussi blessant. Blessant envers sa propre probité, qui combattait l'irrationalité, jour comme de nuit, depuis longtemps, déjà. Ces coups de poignard en plein cœur, ces vérités, si dénuées de prévention, lâchées en pleine face comme sème les graines un agriculteur, au centre de ses terres. Sans le moindre scrupule. Pourtant, ce n'était pas à leur initiatrice qu'elle en voulait, mais bien à elle-même. Qui l'avait poussé à prononcer ces interrogations ? Qui ? Nyxis en était la seule responsable. Elle non plus, n'y était pas allée assez délicatement. Non, elle avait bien aimé des gens. Elle en aimait encore. Elle mourrait d'envie d'enlacer l'amie qu'elle avait toujours rêvé, celle qui, au creux d'une minute, l'avait fait sourire, verser une larme, perdre toute rationalité, tout. L'amie, non, la sœur qu'évoquait Merine à ses yeux, détenait son amour. Celui qui induit le rire, qui conduit à accepter n'importe quelle action si cela pouvait plaire à l'autre, celui qui comble le manque qu'habitait autrefois l'estomac d'un individu. Une amie.
— Merine, évidemment. C'est pas ce que je voulais connoter...
La fin de sa phrase fut presque noyée dans celle de la brune. Elle l'a, elle.
— Je... Moi aussi. Merci, je crois.
Si la limpidité de sa parole était clairement percevable, seul un véritable legilimens détenait la capacité de lire sincèrement le sourire exalté qui embaumait tendrement la totalité de son corps.
— Mais de nos jours, on voit tellement de jeunes, si proche d'un amour qu'on penserait fabuleux... Peut-être que... La société a évolué, en me laissant derrière ?
Être mise de côté. Être abandonnée. Finir seule, éperdument isolé, comme une âme en peine. Qu'était cette crainte grandissant à mesure que les années avançaient, qu'elle se rapprochait des jours fatidiques ? D'où venait-elle, que voulait elle ? Comment pouvait-on la battre, la détruire, sans même savoir qui elle était ? Qui. Et nous, alors ? Qu'étions-nous ? Serions-nous les individus que nous honorons aujourd'hui, si, dans un ancien temps, aussi loin que nous puissions remonter, nous avions refusé une telle morale, une justice si flegmatique, une raison si absconse ? Pourquoi, plutôt que de laisser indolemment l'irréalisme prendre vie, ne nous sommes t'on pas attelé à construire une réalité plus ferme, plus authentique ? Que serions-nous devenu sans une société basée autour de l'amour ? Nous autres civilisations aurions jeté l'ancre, disparue comme un nuage de fumée, sans descendance, sans rien, ô rien, pour nous rattacher à la vie ? Où se trouve ce juste-milieu que nous attendons tous, la balance entre l'amour pur, évident, et la dépendance à un avenir à deux ? Deux. Ce chiffre fatal, porteur d'une sentence, de la sentence. L'objectif d'une vie, l'attente d'une famille, la motivation menant au dépit. La vibration d'une corde vocale la rappela de nouveau à la réalité. Quelques secondes brumeuses dépassèrent le dos de l'Anglaise qui ne cacha pas son manque d'attention. Cependant, un petit quelque chose l'avait fait tilter ; une suggestion, une brillante idée qui n'attendait plus que d'être mise en action, si elle souhaitait vraiment satisfaire les attentes de Michael. Regarder dans les années supérieures... En voilà un excellent plan. Si elle en avait la foi, elle s'y mettrait probablement à la rentrée.
L'étincelle naissante dans ses yeux s'éteignit aussi rapidement qu'elle était apparue. Le chant de la mer, mêlé à la mélodie de la Lune prit le dessus, et Nyxis s'y perdit, les paupières lourdes d'un effort qui n'était même pas le sien, qui n'était aucunement légitime de l'être. Si la jeune fille avait été seule, toute seule, des fredonnements auraient sûrement pu être audible autour de ce pan de confession qu'était la transparence d'une eau anglaise. Mais cet instant de communion avec l'art sensoriel valait il la plus profonde des solitudes ? Une solitude disparue il y a maintenant 2 ans. 24 mois d'une amitié liée par ce qu'elle pensait être l'âme, celle de deux personnes qui, à l'instar d'un couple, s'étaient réunies en ce jour pour échanger une amitié douce, qu'aucune relation amoureuse ne pourrait combattre, surpasser. C'est cette même amitié qui, en cet instant, lui murmura de lui assurer, de lui jurer un acte jugé simple et évident de manière générale. Mais ce soir, il y avait matière à contester, alors, dans la simplicité du moment, le mot, quelques petites lettres attachées entre elles par un fil d'or, s'échappa de ses lèvres.
— Promis.
Puis, tout repartit en vrille. La quiétude lévient, temporaire certes, mais vivace, l'abandonna, elle aussi. Le discours de Merinda était tout ce qu'on pouvait qualifier de brumeux : d'une certaine façon, il était rassurant, par son unique existence, il l'enveloppait d'une chaleur inégale, lui soufflait qu'elle n'était pas abandonnée, qu'elle était soutenue... Mais, d'une autre, jamais elle n'avait entendu quelque chose d'aussi blessant. Blessant envers sa propre probité, qui combattait l'irrationalité, jour comme de nuit, depuis longtemps, déjà. Ces coups de poignard en plein cœur, ces vérités, si dénuées de prévention, lâchées en pleine face comme sème les graines un agriculteur, au centre de ses terres. Sans le moindre scrupule. Pourtant, ce n'était pas à leur initiatrice qu'elle en voulait, mais bien à elle-même. Qui l'avait poussé à prononcer ces interrogations ? Qui ? Nyxis en était la seule responsable. Elle non plus, n'y était pas allée assez délicatement. Non, elle avait bien aimé des gens. Elle en aimait encore. Elle mourrait d'envie d'enlacer l'amie qu'elle avait toujours rêvé, celle qui, au creux d'une minute, l'avait fait sourire, verser une larme, perdre toute rationalité, tout. L'amie, non, la sœur qu'évoquait Merine à ses yeux, détenait son amour. Celui qui induit le rire, qui conduit à accepter n'importe quelle action si cela pouvait plaire à l'autre, celui qui comble le manque qu'habitait autrefois l'estomac d'un individu. Une amie.
— Merine, évidemment. C'est pas ce que je voulais connoter...
La fin de sa phrase fut presque noyée dans celle de la brune. Elle l'a, elle.
— Je... Moi aussi. Merci, je crois.
Si la limpidité de sa parole était clairement percevable, seul un véritable legilimens détenait la capacité de lire sincèrement le sourire exalté qui embaumait tendrement la totalité de son corps.
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