Pertes des fondations.
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Paroles
Paroles d’Uriel
Paroles de Michael
Paroles d’Uriel
Paroles de Michael
Mercredi 01 Septembre
A 10:41
A 10:41
"T'abuses hein, m'abandonner là avec lui. T'es le seul à avoir un minimum de bon sens ici, comment oses-tu me laisser-"
"Par les Dieux Uriel, arrête de dire des choses qui n'ont ni queue ni tête, et dis en revoir à ton fils !"
Nous attendons près du mur entre les voies n°9 et 10 depuis environ cinq minutes, et voilà mes deux papas, en train de se chamailler. Encore. Michael, toujours habillé de sa vieille chemise de bûcheron à l'odeur de bois de cheminée, porte un jean troué et un long manteau noir, qui se marie parfaitement à la veste couleur ivoire d'Uriel, en baskets grises et pantalon oversize.
Alors qu'ils se disputent en rigolant à moitié, je sens Soun, le croup de la famille, gratter mon pantalon en couinant. Un croup est une créature fantastique comparable à un fox-terrier, mais avec une queue fourchue, si vous ne le saviez pas. Le notre possède un pelage d'une belle couleur chocolat, et des yeux noisettes, comme mes parents.
Je me met à genoux, me retrouvant nez à nez avec la truffe de cette boule de poils hyperactive, qui n'hésites pas une seconde avant de me sauter dessus pour lécher ma joue. Je rigole doucement, mon rire est presque étouffé à cause de mon habitude à ne pas exprimer mes émotions, mais il est là, sincère et tendre. Je pousse doucement Soun pour le faire reculer, et lui fait signe de s'asseoir sagement, action qu'il effectue directement. Je viens glisser mes mains sous ses oreilles, protégeant mes doigts de l'air frais de Septembre. Je colle mon front à celui de mon chien avant de chuchoter doucement.
"Tu voudras bien dire en revoir à Moun pour moi en rentrant à la maison ? Hmm ?.. Bon chien."
Je souris doucement, avant de lui faire une dernière caresse et de me relever. En sautillant, Soun retourne directement aux pieds d'Uriel, son maître d'origine. Ces animaux fantastiques ont obligation d'être parfaitement dressés et obéissants à leurs propriétaires, ce qui est parfaitement logique, voilà pourquoi il est si sage.
Je regarde l'heure : Il est déjà 10:46. Je me tournes vers mes pères, mais avant que je ne puisses dire quoique ce soit, je sens des bras s'enrouler autour de moi et me serrer avec force. Je sens Michael me balancer un peu de droite à gauche. Il relève la tête, me regarde, les larmes aux yeux, et me refait un câlin. Il fait ça plusieurs fois, m'arrachant un petit rire, toujours aussi bas, et je glisse timidement mes bras autour de ses épaules en souriant, mes pupilles se dilatant presque directement.
"Ça va aller papa, je vais revenir tu sais ? Ou alors je me métamorphoserai et tu ne me verras plus jamais..."
Alors que Michael me regarde avec horreur, Uriel éclate de rire, sa voix grave résonnant dans toute la gare. Les moldus le fixe de travers, me faisant tiquer de la langue. Ils s'éloignent rapidement, effrayés par mon regard glacial. Une fois calmé, aussi bourru qu'il soit, il vient gentiment enrouler un bras autour de la taille de son mari pour le rassurer autant que pour le câliner, et un autour de mon épaule, Soun s'asseyant sagement à nos pieds.
"Décidément, toi, tu n'es pas mon enfant pour rien ! Sache que ce n'est pas parce que ton père et moi avons été à Serdaigle que tu dois te sentir obligé d'y être. De toute façon, tu ne choisis pas. Amène donc un peu d'originalité à cette famille Arta !"
Il me regarde, ses yeux noisettes brillent de fierté et de larmes non versées. Il soupir, et dépose un petit bisou rapide sur mon front, sa barbe hirsute grattant contre ma peau froide, me faisant écarquiller les yeux de surprise. Il toussote et s'éloigne en direction de la sortie de la gare, où se trouve la voiture, emmenant Soun avec lui alors que je caresse mon front, un petit sourire jouant sur mes lèvres fines en voyant ses oreilles rouges de gêne après cette soudaine démonstration d'affection. Je me tournes vers Michael, qui lui ne se retient pas de pleurer à moitié. Il vient doucement caresser mes joues, ses jolis iris couleur terre noyées sous l'eau salée de ses larmes, un grand sourire sur son visage.
"Je t'es vu surmonter tellement de choses, mon petit tournesol... Tu vas beaucoup me manquer, à Moun et Soun aussi, et Uriel bien évidemment. Si tu as besoin de quoique ce soit, envois nous un hibou, fais toi des amis, amuse toi, même si je sais que tu as du mal, et si tu fais une crise, fais attention ! Pour la nourriture, même si c'est difficile, il faut que tu-"
Je souris, écoutant mon père déblatérer toute sortes de conseils que je connais déjà par cœur. Je viens glisser mes mains sur les siennes, et plantes mes yeux grisâtres dans les siens, ma voix sévère mais tendre à la fois, résonnant comme si nous n'étions que tout les deux dans cette gare pleine à craquée de monde.
"Papa. Tout va bien ce passer. Je vous enverrais des hiboux si j'ai des choses à dire, et je prendrais soin de moi. Je ne disparaîtrais pas, promis."
Il hoche la tête, et essuie ses larmes, quelques sanglots lui échappant encore. Il caresse ma joue, touche mes cheveux blonds en batailles, de par mon interaction avec Soun quelques minutes avant. Son regard est doux, et son touché l'es tout autant. Il dépose un bisou sur mon front à son tour, au même emplacement que celui d'Uriel, avant de caresser mon bras et de s'éloigner.
"S'il te plais, ne t'exclus pas tout seul mon fils, et restes toi-même. On t'aime. Va maintenant, avant que je ne te resserres à nouveau dans mes bras pour te garder avec nous !!"
Je rigole à nouveau, de bon cœur, mon rire comme du velours et de la soie, légère et discrète, avant d'hocher la tête et de pousser mon chariot de fournitures en direction du passage de la voie du Poudlard Express. Je me retournes une dernière fois, Micheal me fait un grand sourire, et j'entends Soun aboyer avec Uriel à ses côtés.
Je prends une grande inspiration, avant de courir, et de passer le mur. Je clignes plusieurs fois des yeux pour m'habituer à la luminosité ambiante. Je vois un panneau en l'air, "Voie n°9 ¾", à côté d'une horloge : 10:54. Parfait. Je sors mon ticket pour ne pas l'oublier avec mes bagages, mon côté anxieux toujours présent quoiqu'il arrive. Un immense train à vapeur est garé sur le côté, la couleur rouge de sa coque créant un effet magique et sensationnel, je ne peux m'empêcher d'admirer la machine et ses engrenages, même si je n'aime pas la méchanique, je trouves ça impressionnant. Je m'avance le long de la gare, des milliers d'élèves saluant leurs parents. Certains pleurent, d'autres rient.
*Pathétique.*
Pourtant, quelques secondes avant, tes pères et toi étiez dans le même état.
Ma voix intérieur prends le dessus comme à sa fâcheuse habitude. Le vacarme me donnes mal à la tête, mes oreilles sifflent, et je grogne d'agacement, l'envie même de faire demi-tour me traverse l'esprit pendant une seconde. Je soupir, avant de rentrer à l'intérieur du train, vérifiant mon numéro de wagon à plusieurs reprises.
*Mes tics sont déjà de retour. Et bien, il n'a pas fallu grand chose.*
Une fois à l'intérieur de ma cabine, mes bagages déposés, seul, le brouhaha ambiant commences à s'estomper, permettant enfin à mes pensées d'exister librement. Je m'assois près de la fenêtre, observant les élèves aller et venir sur le quai.
Lorsque les mouvements ralentissent, et qu'il ne reste que les adultes sur le côté, je sais qu'il est l'heure : voilà 11:00.
Un mouvement de recul me bouscule, et me fais sursauter. Le train démarre, et c'est immédiat. Le paysage commences déjà à défiler devant mes yeux, mais je ne suis pas émerveillé du tout. Ma sérénité est partie aussi vite que je me suis réellement rendu compte que j'allais définitivement être séparé des piliers de ma vie. Un nœud de stress prends place au creux de mon ventre, et je me sens trembler. Comme un mollusque séparé de sa coquille, je me blottis contre le coin de la cabine, y cherchant du réconfort, regardant le ciel dans l'espoir d'y trouver de l'aides, sans succès.
*Tu es tout seul, Artamiel. Pour la première fois depuis longtemps, tu es tout seul.*
1423 mots
"I don’t belong in the world.
That’s what it is."
That’s what it is."