Une lueur d'espoir

26 juin 2049
Avec @Merinda Swart
D'épais nuages gris masquent le soleil, comme si le temps s'était accordé à mon humeur. Ça fait plus de vingt minutes maintenant que j'attends que mon père me rejoigne. Même si je préférerais rentrer seul au manoir. Je n'ai pas envie de subir sa colère et vu la situation qu'on vient de vivre, je ne vais pas y échapper. Il m'avait pourtant prévenu "Si tu m'accompagne Elias, tu as intérêt à te montrer exemplaire. Je ne veux pas de problèmes." Il n'avait pas eu besoin de préciser quels genres de problèmes il voulait éviter. Je le savais. Depuis quelques années, des événements étranges ont lieu autour de moi et ma famille n'a pas mis beaucoup de temps avant de me nommer coupable. Et même si ce genre de chose n'arrive que très rarement, les Walker et les Lawson préfèrent prendre des mesures. C'est pourquoi, je n'avais encore jamais eu le droit de visiter le second lieu le plus important pour ma famille après le manoir, la banque familiale. C'est dans cet immense bâtiment au cœur de Cardiff que travaille les Walker et les Lawson depuis deux générations. Mon père étant le directeur, je suis né dans le but de lui succéder. Enfin ça c'était avant que ma famille découvre que j'étais en réalité un monstre. Depuis, c'est mon cousin Sean qui est considéré comme le successeur de cette banque.

- Te voilà enfin !

La voix de mon père me fait sursauter et je me tourne vers lui en baissant les yeux.

- Je suis désolé...

Ses doigts m'agrippent le visage pour me forcer à le regarder. Son œil est encore rouge, signe que ce qu'il s'est passé dans son bureau n'était pas le fruit de mon imagination.

- Tu as une explication, j'espère ?

Une explication ? Comment expliquer qu'un bouchon de stylo à soudain été expulsé de sa place pour atterir dans son œil ?

- Je sais pas...

Je n'ai pas le temps de continuer que sa main s'abat sur ma joue. Comme si la météo avait lu dans mes pensées, une fine pluie commence à tomber du ciel, masquant les larmes qui s'échappent de mes yeux.

- Tu ne sais pas ? S'énerve-t-il. Je vais te le dire moi, tu n'es qu'un sale monstre qui n'assume pas ses actes. Un humain normal n'attaque pas son père en faisant voler un bouchon de stylo dans son œil. Je ne sais même pas pourquoi nous te laissons vivre sous notre toit. Un jour, toute la famille finira possédée par ta faute !

Sans me laisser le temps de réagir, il sort un parapluie et marche en direction de la voiture. Je ne vais pas le rejoindre. Dans tous les cas, il ne me laissera pas monter. Je n'ai même pas d'argent pour me payer un trajet en bus. Il va falloir que je rentre à pied sous la pluie. Je laisse de nouvelles larmes couler sur mon visage tout en massant ma joue. Je n'ai pas envie de rentrer chez moi, pourtant plus j'attends, plus la colère de mon père montera. N'étant pas en état de me mettre en route tout de suite, je m'installe sur un banc mouillé pour tenter de faire le vide dans mon esprit.

1A / 11 ans

Une lueur d'espoir
Tenue : crop top noir, jean baggy taille basse bleu foncé et troué, rangers noires
Accessoires : anneaux aux oreilles, lobe et cartilage, et chaîne à l'oreille gauche
Merinda était partie faire du skate au skatepark de Cardiff une heure plus tôt, et elle rentrait désormais chez elle, faisant la route de retour en skate. Les nuages gris qui menacaient depuis un moment déjà s'accumulaient de plus en plus, et la pluie se mit finalement à tomber. La météo peu estivale ne gênait pas la métisse, qui au contraire appréciait la pluie. Mais alors qu'elle roulait tranquillement, son oreille entendit des cris. Se tournant vers la source des bruits, elle vit un homme frapper un enfant. Ouvrant de grands yeux effarés par cette violence venue d'un adulte, elle stoppa net son skate et, d'un coup de pied habitué, le lança dans sa main.

Alors qu'elle s'approchait du conflit, elle entendit l'adulte parler de bouchon qui avait volé dans son œil. Il partit avant qu'elle n'arrive, et le jeune garçon s'assit sur un banc. Elle s'asseya à côté de lui, son skate à ses pieds, pas gênée du tout par la pluie qui s'abattait sur eux.

"Salut !"

Une main sur l'épaule du blondinet, un grand sourire pour le mettre en confiance. Merinda observa la joue du garçon qui avait été giflée, et où une marque rouge persistait. La main qu'elle avait posé sur l'épaule remonta pour effleurer la joue de l'enfant, et elle était encore chaude, malgré la pluie qui ruisselait.

"Par Merlin, il y est allé de main forte, ce vieux. C'était ton père ?"

Elle laissa retomber son bras le long de son corps.

"Tu es tout seul maintenant ?"

Elle jeta un œil aux alentours : personne ne semblait se soucier du blondinet.

"Tu t'es déjà promener seul dans le centre de Cardiff ? Sous la pluie tout est encore plus beau."

Elle leva les yeux pour admirer la pluie qui tombait, et son sourire s'élargit lorsque les gouttes tombèrent frontalement sur son visage. Puis elle se tourna de nouveau vers le garçon :

"Tu sais rentrer chez toi ? Fin je dis pas ça pour que je te ramène, vue ce qu'il s'est passé pas sûre que t'ai envie de rentrer. Ou peut-être que t'aimes pas la pluie ? Enfin... si tu connais le chemin pour rentrer chez toi quand tu en auras envie, on peut aller se promener si tu veux ! On est pas très loin du sentier pour se promener sur la baie ! On pourra parler. Tu pourras me raconter cette histoire de stylo dans l'œil par exemple !"

D'un coup de pied sur le bord de son skate, elle le fit bondir dans sa main, avant de se retourner vers le garçon, pour une précision importante :

"Je te jugerai pas, t'inquiète ! Des conneries j'en ai faites aussi !"

"quand je suis en colère, je ne hurle pas je brûle" - Rupi Kaur
4A RP, 15 ans inRP / #047c38 / Présidente de l'OURAGAN / Fiche PR / PNJs / La Péliade

Une lueur d'espoir
À peine quelques minutes après m'être installé sur ce banc mouillé, des pas attirent mon attention. Sachant que mon père ne se serait pas amusé à faire le chemin inverse, je lève les yeux pour voir une fille s'installer près de moi. Elle doit avoir à peu près l'âge de mon cousin Sean et pendant un court instant, je me demande si elle n'est pas l'une de ses amies. Mais son style vestimentaire ne correspond clairement pas à ce qu'il aime. Son sourire me rassure un peu, mais je ne peux pas m'empêcher de trembler au moment où sa main se pose mon épaule. Je retiens mon souffle quand ses doigts effleure ma joue encore douloureuse. Est-ce qu'elle va se moquer de moi ? Alors que je m'attendais à une pique, sa voix est plutôt douce au moment où elle prend la parole. Donc elle a vu toute la scène. Je me contente de hocher la tête pour répondre à ses questions. Oui, cet homme est mon père et oui je suis tout seul. Comme à mon habitude. Quand la fille me propose d'aller me balader, j'hésite un instant. Je devrais rentrer au manoir au plus vite pour éviter un nouvel excès de colère de mon père. Après tout, je peux toujours lui dire que je me suis perdu en chemin. Je glisse mes doigts dans mes boucles blondes trempées pour les écarter de mes yeux.

— Je n'ai pas le droit de me promener seul... enfin normalement...

Ma voix est plus faible que d'habitude, sûrement à cause de mes pleurs silencieux. Elle a l'air tellement gentille que je n'ai pas envie de refuser. Après tout, je ne serais pas seul. Quand elle évoque le fait de rentrer chez moi, un nouveau frisson me parcourt. Non, je crois bien que je ne suis vraiment pas prêt à rentrer. Puis en cas de problème, la fille me prêtera sûrement son téléphone pour que je puisse appeler Eliza. Je sais qu'elle viendrait me chercher directement si besoin.

— Je connais le chemin, mais c'est un peu loin... enfin je veux dire que j'habite un peu en dehors de la ville. Mais on peut aller se balader... enfin si ça ne t'embête pas...

Alors que j'allais me lever, sa dernière phrase attire mon attention. Lui raconter l'incident qui s'est produit dans le bureau de mon père ? Impossible ! Déjà parce qu'elle me prendrait pour un fou. Mais aussi parce que mon père me tuerait s'il apprenait que j'en ai parlé. Je décide d'ignorer ses dernières paroles, espérant qu'elle ne relance pas le sujet. Je me lève au moment où elle m'annonce faire des bêtises elle aussi. Clairement, je ne pense pas qu'elle fasse les mêmes que moi. Personne ne peux les faire.

— Tu ne peux pas comprendre...

Mon regard se perd dans le ciel gris et je ferme rapidement les paupières au moment où une goutte atterrie dans mon oeil. Si seulement quelqu'un pouvait me comprendre et me guérir.

— Je suis un monstre...

Mon murmure ne s'adresse pas vraiment à elle. Mais plutôt à moi. Il va falloir que j'arrête d'espérer et que j'accepte le fait de ne pas être comme les autres. De ne pas être humain.

1A / 11 ans

Une lueur d'espoir
Le garçon hocha la tête. C'était bien son père qui l'avait giflé. Merinda sentit une bouffée de colère passagère monter en elle contre cet homme qui s'était permis de lever la main sur son enfant. Et fort en plus ! L'enfant écarta ses boucles blondes mouillées de ses yeux, et c'est un regard triste qui se dévoila à Merinda. Il se mit à parler d'une toute petite voix, lui expliquant qu'il n'avait pas le droit de se promener tout seul.

"Tu ne seras pas tout seul, je serais avec toi", sourit-elle.

Ah mais peut-être qu'il n'en avait pas du tout envie ? Ou qu'il avait peur d'elle ? Après tout, elle était bien plus grande que lui, et sa façon de s'exprimer franchement avait pu le perturber. C'est pourquoi Merinda rajouta rapidement :

"Enfin, si t'as pas envie on peut juste rester sur ce banc hein. Juste, la balade c'est plus cool mais je comprends que tu sois pas forcément intéressé, ou que t'ai peur de te retrouver seul avec moi, ou je sais pas quoi d'autre !"

Les parents répétaient sans cesse aux enfants qu'il ne fallait pas suivre les inconnus, et elle était une inconnue pour ce jeune blondinet. Il se décida finalement à parler de nouveau, lui disant qu'il vivait un peu en dehors de la ville. Effectivement, dans ce cas-là Merinda ne pourrait pas le raccompagner. Elle connaissait le centre-ville et les quartiers par cœur, mais pour ce qui était du dehors de la ville, comme sa famille utilisait toujours un moyen sorcier pour voyager... il lui était inconnu. Mais son sourire réapparu dès que le garçon dit qu'il voulait bien aller se balader finalement, si ça ne l'embêtait pas. Bien sûr que non ça ne l'embêtait pas, c'était elle qui le lui avait proposé ! La métisse se leva brusquement, son skate à la main, et s'exclama :

"Nan t'inquiète ! J'adore me promener ! Par contre je connais le centre-ville par cœur, mais pas l'extérieur ! Si tu veux quand tu voudras rentrer tu pourras me donner un point précis de la ville qui est pas trop loin de chez toi, et je t'y raccompagnerai ! Tu n'auras que la fin à faire tout seul !"

Quel homme horrible quand même, ce père qui abandonnait son fils !

"D'ailleurs, tu t'appelles comment ? Moi c'est Merinda ! Fin tu peux m'appeler Merine, si tu veux."

Autant tout faire pour qu'il se sente à l'aise. Le garçon se leva, mais se referma immédiatement en disant qu'elle ne pouvait pas comprendre. Ce genre de phrase avait le don d'énerver Merinda. Comment les gens pouvaient-ils affirmer qu'elle ne comprendrait pas, sans même avoir essayé de lui expliquer ?

"Ne dis pas ça, il suffit que tu m'expliques bien, et je suis prête à comprendre toutes les bêtises du monde !"

Elle détailla rapidement le garçon. Il ne portait pas des habits parfaitement conformes à la bêtise.

"Je suis sûre que j'ai fait pire que toi", sourit-elle en lui faisant un clin d'oeil.

Mais le blondinet murmura une phrase horrible. Une phrase qu'on ne devait jamais se dire à soi-même. Je suis un monstre. Merinda n'aimait pas que les gens se dégradent quand ils ne le méritaient pas, et elle était sûre à cent pour cent que cet enfant ne méritait pas de se traiter de monstre. Pour un simple stylo envoyé sur son père ! Les poings sur ses hanches, elle durcit un peu son ton :

"Un monstre ? Non mais tu rigoles ? Tu t'es vu ? T'as la gueule d'un ange ! Alors qu'importe la connerie que t'as fait, je peux t'assurer que t'es pas un monstre, ok ? Tu vas pas me faire croire ça à moi, parce que des monstres j'en ai déjà vus, et ils avaient pas la tronche d'un gamin de 10 ans avec des larmes sur les joues !"

Elle radoucit son ton mais garda les sourcils froncés et les yeux plantés dans ceux du garçon, pour être sûre qu'il tienne compte que ce qu'elle avait dit. Ce gamin manquait clairement de confiance en lui, et elle comptait bien lui faire monter son estime de soi.

"Alors tu vas arrêter de te dégrader comme ça d'accord ? Les autres seront très bons pour te rabâcher que t'es nul pendant toute ta vie, alors tu n'en rajoutes pas une couche ! Il faut que tu croies en toi pour passer outre ce que les gens te crachent à la figure !"

Elle posa une main sur l'épaule du garçon et l'entraîna doucement avec elle dans le début de leur promenade vers la baie.

"Racontes-moi l'histoire du stylo, et je pourrai t'assurer que tu n'es pas un monstre."
@Elias Walker

"quand je suis en colère, je ne hurle pas je brûle" - Rupi Kaur
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