Now the world is only white noise
{ I'll set fire to the whole place
I don't even care about our house
It's not the same in here since he left anyways }
Burn It Down - Daughter
I don't even care about our house
It's not the same in here since he left anyways }
Burn It Down - Daughter
29 mars 2048
Kasey venait tout juste de fermer la porte de son appartement, encore déboussolé par les derniers événements. Citrouille, sa chatte, hume l'air dans sa direction, avant de quitter le canapé pour venir se frotter contre sa jambe, bienheureuse de le retrouver. Le potier ressent à peine sa présence. Il ne se sentait pas à l'aise entre ses murs. Rien n'avait changé, mais étrangement, ce n'était plus chez lui. Quelqu'un d'autre avait vécu ici ses derniers mois, utiliser sa cuisine, s'était installé dans son canapé et s'était endormi dans son lit. Il s'avance après s'être déchaussé, ignorant pour le moment Citrouille qui semblait ressentir son inconfort.
Tout était en place, rien n'avait changé, mais tout lui semblait différent. Chaque détail qu'il découvrit l'oppressait davantage. Les photos de ses proches avaient été retournées, sa veste traînait négligemment sur le canapé et des livres étaient laissés là, empilés sur la table basse. La cuisine était en désordre, la vaisselle s'entassait depuis des jours et une tasse de café à moitié vide traînait sur le plan de travail. Tout semblait avoir été utilisé sans la moindre précaution, sans le moindre respect. Kasey se sentait envahi, cet intrus avait pénétré son intimité sans son consentement. Par chance, l'usurpateur s'est assuré que Citrouille ne manquait de rien.
En silence, Kasey observe les gamelles pleines, puis autour de lui. Il se ronge l'ongle. Il n'aimait pas cette sensation, cette impression d'être un intrus dans son propre appartement, d'être un fantôme qui erre dans un lieu qui ne lui appartenait plus. L'équilibre fragile de cet endroit semblait être perturbé par sa présence. Ça le dérangeait. Chaque objet, chaque meuble lui semblait familier, mais pourtant inconnu, comme s'ils avaient été placés là par une main étrangère. L'atmosphère oppressante de la pièce le faisait suffoquer. Il se demandait comment il avait pu se sentir chez lui autrefois, alors qu'il se sentait à présent malade entre ses murs. Le sorcier avise les photos retournées. Une boule d'angoisse se formait dans sa gorge, et il avait du mal à respirer. Tout en lui criait de partir, de fuir cet endroit qui avait cessé d'être son toit.
Kasey s'effondre sur le canapé. L'air manqué. Sa tête tournée. Son corps était pris de tremblement de sueur froide. Il étouffe, perd le contrôle de ses bras. Ses mains agrippent ses cheveux avec force. Ses dents se plantent dans sa lèvre inférieure. Il mord, faisant fi de la douleur qui l'élance sur l'instant. Les images envahissent son esprit, des souvenirs de sa vie passée dans cet appartement, mais tout semble flou et déformé. Kasey se sent déconnecté de tout ce qui l'entoure, comme s'il était spectateur de sa propre vie. Les battements de son cœur résonnent dans sa tête et il a l'impression que sa poitrine va exploser, alors qu'il est submergé par l'angoisse dans laquelle il se noie. Un océan gris et agité. Aucun phare en vue pour le guider.
Et soudain, Kasey entendit un bruit provenant de la cuisine. Tout son corps se crispe et ses sens sont aux aguets. Il y avait quelqu’un dans son appartement ? L’adrénaline ne fait qu’un tour dans son sang. Il cesse de réfléchir, alors qu’il bondit hors du canapé et se précipite sur la porte d’entrée. Alors que sa main attrape la clenche, prêt à s'enfuir. Et Citrouille ? Non, il ne pouvait pas laisser sa chatte ici ! Mais où était-elle ? Il l’entend miauler, elle était dans la cuisine. Était-ce elle qui faisait tout ce bruit ? Après une courte hésitation, le sorcier décide d’y jeter un coup d’œil.
La pièce était vide, à l'exception de Citrouille qui l’observait de ses grands yeux verts. Elle était là, assise sur le plan de travail, elle s’amusait à déplacer la tasse à coup de patte. Il renifle. Ce n’était qu’elle. Le sentiment de soulagement qui l’envahit est vertigineux, si bien qu’il s’écroule, les jambes lâchent. Il pleure, à bout, complètement épuisé et Kasey avait horreur de ça, d’être aussi vulnérable, comme un verre sur le point de se briser. Citrouille miaule dans sa direction, certainement inquiète. Et Kasey sut qu’il devait se reprendre maintenant. Il parvient à se calmer grâce à un exercice respiratoire et à retrouver ses esprits. Le potier se relève lentement, en titubant légèrement, et s'approche de la petite chatte. Il la prend dans ses bras, la serre contre lui et laisse échapper un profond soupir d'allégement.
— Il n'y a que toi, ma petite Citrouille, murmure-t-il, en caressant doucement son pelage. Je suis désolé de t'avoir effrayé fifille, je suis tellement désolé.
Kasey dépose plusieurs baiser derrière son oreille. La chatte se mit à ronronner avec force, contribuant à l’apaisement de son maître. Ce dernier avait grandement besoin de se changer les idées, de se ressourcer. Kasey avait besoin de réconfort après tant d’émotions et ce dont il avait besoin dès maintenant était une bonne tasse de café, celui que sa grand-mère lui avait appris à faire, à l'ancienne. Le genre de café qui réchauffe l'âme et apaise les nerfs. Avec douceur, Kasey repose Citrouille et entreprit de chercher dans ses placards une vieille cafetière en cuivre qu'il avait héritée de sa famille.
Une fois trouvé, il la remplit d'eau et la pose sur le feu une fois le gaz ouvert. Pendant que l'eau chauffait, il prépara un filtre en versant au moins 12g de café moulu, peut-être même plus. Pas grave, de toute manière, Kasey préférait le café quand il était corsé. Au bout du compte, l’eau finit par frémir. Le sorcier infusa le café au-dessus d'une tasse et l'odeur du café ne tarde pas à se répandre dans la pièce. Kasey ferma les yeux un court instant. Il respire profondément pour en apprécier l'arôme.
Sa tasse prête, Kasey tire une chaise pour s’y installer. Lorsqu'il prit une première gorgée de café, brûlante mais délicieuse, il ne put s'empêcher de sourire. C'était comme retrouver un ami perdu depuis longtemps. La chaleur se propagea dans son corps, la caféine apaisa ses nerfs et son anxiété. Il se sentait mieux, revigoré. C’était réconfortant un réconfort après tant d'épreuves. Si doux malgré l’amertume.
Et cela aurait pu être suffisant s’il n’était pas tant à la dérive.
| Anxiété sociale : introverti || ✓ flood & mp || x jeu & animation |
"Je préfère pas, raconter ça, personne n’y croit" Pomme - _Jan carte de noël color : #A47786 |
Absence : 00.00.00 à 00.00.00 Activité : grosse baisse |
Now the world is only white noise
2 avril 2048
Kasey fixait le plafond, épuisé. Il avait beau fermer les yeux, il ne parvenait pas à trouver le sommeil. Il savait que quelqu'un avait occupé son lit, il pouvait sentir la présence étrangère, la chaleur laissée derrière elle. C'était comme si son sanctuaire personnel avait été violé, et cette pensée l'angoissait au plus haut point. Il regarda son réveil, deux heures du matin. Une nuit blanche se dessinait à l'horizon, et Kasey savait déjà que la journée qui s'en suivrait serait tout aussi longue.
Sa main tremblante glisse le long de son visage pâle. Les cernes sous ses yeux témoignent de nuits sans sommeil. Cela faisait trois jours qu'il était revenu chez lui, mais il avait l'impression d'être un étranger dans son propre appartement. Tout avait été chamboulé, retourné, dérangé. L'usurpateur avait pris possession de cet endroit, laissant sa marque partout, comme une empreinte de pas sur un terrain de neige immaculée.
Le sorcier suffoquait, comme si les murs de sa chambre se resserraient sur lui. Il jeta de nouveau un coup d'œil à son réveil : trois heures du matin et l'unique chose qui la berce est son cœur angoissé. Kasey se tend et se redresse tout en attrapant son réveil, confus. Trois heure ? N'était-il pas deux heures il y a cinq minutes ?
— Voilà que je perd la tête, marmonna-t-il d'une voix grave.
Il délaisse son réveil et s'empresse de quitter son lit, enfila son peignoir et se dirigea vers le petit atelier qu'il avait aménagé dans le coin de sa chambre. Il alluma la lumière et attrapa un paquet d'argile qu'il gardait sous le bureau. D'un geste habile, il en découpa un morceau et le posa sur le plan de travail. Il la malaxe jusqu'à ce qu'elle devienne souple et docile sous ses doigts tremblants.
Il façonna une boule parfaite et la déposa sur la roue de poterie. Kasey ferma les yeux, prêt à laisser son inspiration s'envoler, mais le néant le submergea. Il ouvrit les yeux, scrutant la boule d'argile, cherchant désespérément une idée. Mais rien ne venait.
Lourdement, Kasey s'installe sur son tabouret, étourdi par cette sensation oppressante. Il avait beau réfléchir, mais aucune idée ne lui vient, pas la moindre goutte d'inspiration. Le néant persiste, l'engloutit. Ses mains restent immobiles au-dessus de la boule d'argile, comme s'il craignait de laisser échapper le peu de créativité qui lui reste. Quand il finit par se lancer, ses gestes sont lents, hésitants et pénibles.
Les formes qu'il crée semblent sans vie, dépourvues de sens et d'harmonie. Son talent durement travaillé s'était envolé, le voilà incapable de donner vie à l'argile qui glisse sous ses doigts. Son esprit est brumeux et confus, rien ne semble clair. Les mains tremblantes, il sculpte sans conviction, laissant les gestes lents et imprécis prendre le dessus. Chaque coup d'outil et chaque rotation de la roue le plongeait dans l'incertitude et dans le désespoir. Il sait que rien de bon ne peut sortir de cette situation, mais il est incapable de trouver une issue.
Le tic-tac de son réveil le harcèle. Ce bruit discontinu envahit le vide de son esprit. Kasey renifle, ravale ses larmes certainement pas fierté, bien qu'il ne pouvait rien faire contre la panique qui s'insinue en lui. Ses yeux fatigués picotent et il sent la frustration et la colère le submerger peu à peu. Il perd tout contrôle. D'un mouvement enragé, Kasey envoie valser la roue de porterie et la molle de terre qui était censée représenter un début de vase. Le potier agrippe ses cheveux sans tendresse, les graissant au passage à cause de l'argile présent sur ses doigts.
Kasey halète, essayant désespérément de remplir ses poumons d'air. Une douleur aiguë lui transperce le crâne, tandis que son cœur bat à tout rompre dans sa poitrine. Son corps tout entier est en proie à une tension étourdissante qui le contraint à s'asseoir sur le sol. La pièce semble s'agiter autour de lui, la lumière trop vive, les sons trop forts. La panique qui en découle était implacable, alors qu'il tente de reprendre son souffle et de calmer son esprit en vain. La crise d'angoisse l'emporte, le laissant prisonnier de ses propres émotions.
L'eau froide le réveil. Kasey ignore comme il s'est retrouvé sous la douche, mais il y était. L'eau imprègne ses vêtements, c'était désagréable, mais il devait se rendre à l'évidence que la fraîcheur de l'eau, pour ne pas dire glacer, calma ses nerfs. Lentement, Kasey commence à se ressaisir. Les battements de son cœur ralentissent, sa respiration se stabilise, et la tension dans ses muscles diminue peu à peu. Il prend une profonde inspiration, la retient quelques secondes, puis la relâche lentement. Il répète ce processus plusieurs fois, se concentrant sur sa respiration, jusqu'à ce qu'il se sente assez calme pour sortir de la douche.
Il enfile un pyjama propre sans grande conviction et décide d'infuser une tasse de café corsé. Kasey était encore étourdi, ailleurs diront certains. Depuis la cuisine, le sorcier avisait l'horloge mural. Deux heures trente. Perdait-il la tête ? Il en oublie son eau sur le feu, dose mal son café qui, une fois prêt, était clairement imbuvable. Pour autant, Kasey le termine cul-sec, mécontent à l'idée de gâcher la moindre goutte. Ses lèvres se tordent dans une sale grimace et il tousse pour la forme. Le pire café de sa vie.
Il délaisse la tasse dans l'évier avec la promesse de la nettoyer dans la journée si l'envie y était. Pour le moment, Kasey n'était capable de rien, lui qui s'affale dans son canapé. Il avise son chat qui profite de la chaleur que la cheminée dégage, bien que le feu soit étouffé depuis une bonne heure. Cette dernière finit par quitter son panier, non sans s'étirer préalablement. Elle baille ensuite, avant de s'installer à son tour sur le canapé. Toute ronronnante, elle vient se blottir contre son propriétaire qui, d'un geste distrait, caresse son pelage roux. D'une certaine manière, Kasey était apaisé grâce à sa présence, mais le mal-être demeure. Il n'était pas bien, le nier ne servait à rien. Il refusait de sortir, de rassurer ses proches et fuyait la boutique comme la peste. Le sorcier était conscient que cette situation n'allait pas durer, mais il ignorait la finalité de cette dernière et ça, Kasey en était effrayé. Maniaque, avoir le contrôle sur sa vie avait quelque chose de rassurant, il savait où il se rendait. Là, au poids mort, Kasey était complètement perdu.
L'océan grisâtre l’engloutissait.
Kasey fixait le plafond, épuisé. Il avait beau fermer les yeux, il ne parvenait pas à trouver le sommeil. Il savait que quelqu'un avait occupé son lit, il pouvait sentir la présence étrangère, la chaleur laissée derrière elle. C'était comme si son sanctuaire personnel avait été violé, et cette pensée l'angoissait au plus haut point. Il regarda son réveil, deux heures du matin. Une nuit blanche se dessinait à l'horizon, et Kasey savait déjà que la journée qui s'en suivrait serait tout aussi longue.
Sa main tremblante glisse le long de son visage pâle. Les cernes sous ses yeux témoignent de nuits sans sommeil. Cela faisait trois jours qu'il était revenu chez lui, mais il avait l'impression d'être un étranger dans son propre appartement. Tout avait été chamboulé, retourné, dérangé. L'usurpateur avait pris possession de cet endroit, laissant sa marque partout, comme une empreinte de pas sur un terrain de neige immaculée.
Le sorcier suffoquait, comme si les murs de sa chambre se resserraient sur lui. Il jeta de nouveau un coup d'œil à son réveil : trois heures du matin et l'unique chose qui la berce est son cœur angoissé. Kasey se tend et se redresse tout en attrapant son réveil, confus. Trois heure ? N'était-il pas deux heures il y a cinq minutes ?
— Voilà que je perd la tête, marmonna-t-il d'une voix grave.
Il délaisse son réveil et s'empresse de quitter son lit, enfila son peignoir et se dirigea vers le petit atelier qu'il avait aménagé dans le coin de sa chambre. Il alluma la lumière et attrapa un paquet d'argile qu'il gardait sous le bureau. D'un geste habile, il en découpa un morceau et le posa sur le plan de travail. Il la malaxe jusqu'à ce qu'elle devienne souple et docile sous ses doigts tremblants.
Il façonna une boule parfaite et la déposa sur la roue de poterie. Kasey ferma les yeux, prêt à laisser son inspiration s'envoler, mais le néant le submergea. Il ouvrit les yeux, scrutant la boule d'argile, cherchant désespérément une idée. Mais rien ne venait.
Lourdement, Kasey s'installe sur son tabouret, étourdi par cette sensation oppressante. Il avait beau réfléchir, mais aucune idée ne lui vient, pas la moindre goutte d'inspiration. Le néant persiste, l'engloutit. Ses mains restent immobiles au-dessus de la boule d'argile, comme s'il craignait de laisser échapper le peu de créativité qui lui reste. Quand il finit par se lancer, ses gestes sont lents, hésitants et pénibles.
Les formes qu'il crée semblent sans vie, dépourvues de sens et d'harmonie. Son talent durement travaillé s'était envolé, le voilà incapable de donner vie à l'argile qui glisse sous ses doigts. Son esprit est brumeux et confus, rien ne semble clair. Les mains tremblantes, il sculpte sans conviction, laissant les gestes lents et imprécis prendre le dessus. Chaque coup d'outil et chaque rotation de la roue le plongeait dans l'incertitude et dans le désespoir. Il sait que rien de bon ne peut sortir de cette situation, mais il est incapable de trouver une issue.
Le tic-tac de son réveil le harcèle. Ce bruit discontinu envahit le vide de son esprit. Kasey renifle, ravale ses larmes certainement pas fierté, bien qu'il ne pouvait rien faire contre la panique qui s'insinue en lui. Ses yeux fatigués picotent et il sent la frustration et la colère le submerger peu à peu. Il perd tout contrôle. D'un mouvement enragé, Kasey envoie valser la roue de porterie et la molle de terre qui était censée représenter un début de vase. Le potier agrippe ses cheveux sans tendresse, les graissant au passage à cause de l'argile présent sur ses doigts.
Kasey halète, essayant désespérément de remplir ses poumons d'air. Une douleur aiguë lui transperce le crâne, tandis que son cœur bat à tout rompre dans sa poitrine. Son corps tout entier est en proie à une tension étourdissante qui le contraint à s'asseoir sur le sol. La pièce semble s'agiter autour de lui, la lumière trop vive, les sons trop forts. La panique qui en découle était implacable, alors qu'il tente de reprendre son souffle et de calmer son esprit en vain. La crise d'angoisse l'emporte, le laissant prisonnier de ses propres émotions.
L'eau froide le réveil. Kasey ignore comme il s'est retrouvé sous la douche, mais il y était. L'eau imprègne ses vêtements, c'était désagréable, mais il devait se rendre à l'évidence que la fraîcheur de l'eau, pour ne pas dire glacer, calma ses nerfs. Lentement, Kasey commence à se ressaisir. Les battements de son cœur ralentissent, sa respiration se stabilise, et la tension dans ses muscles diminue peu à peu. Il prend une profonde inspiration, la retient quelques secondes, puis la relâche lentement. Il répète ce processus plusieurs fois, se concentrant sur sa respiration, jusqu'à ce qu'il se sente assez calme pour sortir de la douche.
Il enfile un pyjama propre sans grande conviction et décide d'infuser une tasse de café corsé. Kasey était encore étourdi, ailleurs diront certains. Depuis la cuisine, le sorcier avisait l'horloge mural. Deux heures trente. Perdait-il la tête ? Il en oublie son eau sur le feu, dose mal son café qui, une fois prêt, était clairement imbuvable. Pour autant, Kasey le termine cul-sec, mécontent à l'idée de gâcher la moindre goutte. Ses lèvres se tordent dans une sale grimace et il tousse pour la forme. Le pire café de sa vie.
Il délaisse la tasse dans l'évier avec la promesse de la nettoyer dans la journée si l'envie y était. Pour le moment, Kasey n'était capable de rien, lui qui s'affale dans son canapé. Il avise son chat qui profite de la chaleur que la cheminée dégage, bien que le feu soit étouffé depuis une bonne heure. Cette dernière finit par quitter son panier, non sans s'étirer préalablement. Elle baille ensuite, avant de s'installer à son tour sur le canapé. Toute ronronnante, elle vient se blottir contre son propriétaire qui, d'un geste distrait, caresse son pelage roux. D'une certaine manière, Kasey était apaisé grâce à sa présence, mais le mal-être demeure. Il n'était pas bien, le nier ne servait à rien. Il refusait de sortir, de rassurer ses proches et fuyait la boutique comme la peste. Le sorcier était conscient que cette situation n'allait pas durer, mais il ignorait la finalité de cette dernière et ça, Kasey en était effrayé. Maniaque, avoir le contrôle sur sa vie avait quelque chose de rassurant, il savait où il se rendait. Là, au poids mort, Kasey était complètement perdu.
L'océan grisâtre l’engloutissait.
| Anxiété sociale : introverti || ✓ flood & mp || x jeu & animation |
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3 avril 2048
Kasey regardait avec agacement sa mère faire des allers-retours frénétiques dans son appartement, chiffon et baguette en main. Elle avait débarqué sans prévenir, comme à son habitude, et Kasey n'avait d'autre choix que de la laisser entrer, même s'il n'avait aucune envie de supporter sa présence. Le potier aurait pu agir comme d'habitude, jouer les hôtes attentionnés et offrir une tasse de café et quelques biscuits, mais cette fois-ci, il n'en avait pas la moindre envie. La simple présence d'Hélène, sans même qu'elle ne s'annonce au préalable, était suffisante pour ébranler le peu de paix intérieure qu'il avait retrouvé. Il ne voulait pas qu'elle soit là, ni même quiconque d'autre dans cet endroit qui était censé être le sien. Chaque objet, chaque meuble, chaque recoin de l'appartement lui rappelaient que ce n'était plus vraiment chez lui. À présent, sa mère avait décidé d'y mettre son grain de sel.
Cette dernière s'affairait à droite à gauche avec une désapprobation évidente. Ses sourcils ne cessent de se froncer à chaque boule de poussière rencontrée. Kasey roule des yeux, l'avise du coin de l'œil, tendu. Son comportement le mettait mal à l'aise, mais il ne pouvait rien y faire. Il était pris au piège dans sa propre léthargie.
— Depuis le temps que tu es revenu, tu aurais pu faire un effort, répéta-t-elle, sa voix résonnant dans l'appartement. Tu refuses de nous voir et maintenant, tu laisses la poussière s'accumuler.
Kasey savait que ses paroles étaient vraies. Il se sentait coupable de ne pas avoir vu sa famille depuis si longtemps, mais il était pris dans une spirale de dépression qui l'empêchait de bouger. Il savait que la colère d'Hélène était motivée par l'amour qu'elle lui portait, elle s'inquiète énormément pour lui, mais cela ne rendait pas la situation plus facile à supporter. Au contraire. La culpabilité pèse sur ses épaules, mais également sur ceux de sa mère. C'était criard : elle s'en voulait d'avoir été incapable de différencier son enfant, celui qu'elle a donné la vie, d'un usurpateur.
— Est-ce que tu es repassé à ta boutique ?
La question d'Hélène fait sourciller Kasey. Repasser à la boutique ? Pour quoi faire ? Il n'avait certainement pas envie de voir ce que l'usurpateur en avait fait. Il se contente donc de secouer la tête, sans prononcer un mot, mais Hélène ne semble pas satisfaite de cette réponse et reprend sur un ton ferme :
— Kasey, tu dois retourner à ta boutique. Tu as travaillé dur pour en arriver là, tu ne peux pas laisser tomber maintenant.
Le potier ne put contrôler cette colère sourde qui lui monte au nez. Comment pouvait-elle dire ça ? Non, ce n'était pas lui qui avait travaillé, ce n'était pas lui qui a monté cette boutique ni même mener sa première ouverture. Il n'a strictement rien fait, alors que c'était son projet à lui.
— Ce n'est pas ma boutique, marmonne-t-il d'un ton amer.
Hélène le regarde, surprise par ses mots. Elle ne comprend pas ce qui lui prend.
— Ne dis pas de bêtise, Kasey, tu as travaillé dur pour en arriver là, insiste-t-elle.
Kasey l'avise avec froideur.
— J'ai passé huit mois enfermé dans une cave pendant que quelqu'un d'autre menait ma vie à ma place, sans que personne ne s'en rende compte, même pas mes propres parents, crache-t-il. Alors non, ce n'est pas ma boutique.
Il savait que c'était injuste, cruel même. Ses parents n'y étaient pour rien dans cette affaire. Mais il ne pouvait pas s'empêcher d'être en colère. La façon dont l'intrus avait réussi à le remplacer était effrayant, comme si lui, ce qu'il était au plus profond n'était rien. Et contre son gré, Kasey avait même dû jouer un rôle dans cette mascarade, aidant l'imposteur à tromper tout le monde dans l'espoir de survivre. Quant à Hélène, elle reste silencieuse. Elle était bouleversée par ce qu'elle venait d'entendre. Elle en était même chagriné, mais elle ne lui en voulait pas. Au contraire, la sorcière compatissait du mieux qu'elle pouvait.
Hélène l'observe. Elle ne sait pas comment réagir, ni quoi dire pour atténuer toute cette douleur et cette colère qui émane du potier. Cela l'inquiète, la ronge de l'intérieur. Était-elle une mauvaise mère ? Elle secoue la tête avec désapprobation. Non, ce n'était pas en se flagellant qu'elle aiderait son fils, bien au contraire. Seulement, elle se sent impuissante devant sa détresse. Hélène pose son chiffon et sa baguette sur la table, avant de s'installer près de Kasey, bien qu'incertaine de la manière dont elle devrait agir. Elle ne pouvait pas imaginer la douleur qu'il ressentait, elle n'avait rien connut de tel.
Après un silence qui parut long, Kasey laisse échapper un soupir. Il passe une main dans ses cheveux mal coiffés et regarde sa mère avec des yeux fatigués, creusé par les cernes.
— Je suis désolé, maman. Ce n'est pas de ta faute, murmure Kasey d'une voix plus calme.
— Non, c'est moi qui devrais m'excuser. Je me suis montré envahissante alors que... tu as juste besoin de temps.
Elle croise les bras, elle réfléchit à ce qu'elle pourrait dire, mais rien ne semblait convaincant et encore moins rassurant.
— Je ne prétends pas comprendre ce que tu traverses et... et je suis certainement maladroite en te disant que tu dois te reprendre en main, que ce n'est pas en restant sur ce canapé que les choses vont s'arranger... mais ce n'est pas aussi simple que ça, n'est-ce pas ?
— Non, ce n'est pas simple, répondit Kasey d'une voix faible.
Hélène sentait les larmes lui monter aux yeux alors qu'elle détournait le regard de son fils, bouleversée par son état. Elle tenta de poser une main réconfortante sur son épaule, mais Kasey se déroba sous son toucher.
— S'il te plaît maman, j'aimerais être seul.
Sa voix était à la fois implorante. Sur le coup, se refuse de bouger ou même de prendre en considération la demande de Kasey. Finalement, après une longue seconde, Hélène acquiesce, même si son cœur se serrait à l'idée de laisser son fils seul dans cet état.
— Je comprends, dit-elle doucement.
Elle récupéra sa baguette et son chiffon, avant de quitter l'appartement d'un pas lent et hésitant, comme si elle avait peur de ce qui allait se passer une fois qu'elle aurait tourné le dos.
Kasey regardait avec agacement sa mère faire des allers-retours frénétiques dans son appartement, chiffon et baguette en main. Elle avait débarqué sans prévenir, comme à son habitude, et Kasey n'avait d'autre choix que de la laisser entrer, même s'il n'avait aucune envie de supporter sa présence. Le potier aurait pu agir comme d'habitude, jouer les hôtes attentionnés et offrir une tasse de café et quelques biscuits, mais cette fois-ci, il n'en avait pas la moindre envie. La simple présence d'Hélène, sans même qu'elle ne s'annonce au préalable, était suffisante pour ébranler le peu de paix intérieure qu'il avait retrouvé. Il ne voulait pas qu'elle soit là, ni même quiconque d'autre dans cet endroit qui était censé être le sien. Chaque objet, chaque meuble, chaque recoin de l'appartement lui rappelaient que ce n'était plus vraiment chez lui. À présent, sa mère avait décidé d'y mettre son grain de sel.
Cette dernière s'affairait à droite à gauche avec une désapprobation évidente. Ses sourcils ne cessent de se froncer à chaque boule de poussière rencontrée. Kasey roule des yeux, l'avise du coin de l'œil, tendu. Son comportement le mettait mal à l'aise, mais il ne pouvait rien y faire. Il était pris au piège dans sa propre léthargie.
— Depuis le temps que tu es revenu, tu aurais pu faire un effort, répéta-t-elle, sa voix résonnant dans l'appartement. Tu refuses de nous voir et maintenant, tu laisses la poussière s'accumuler.
Kasey savait que ses paroles étaient vraies. Il se sentait coupable de ne pas avoir vu sa famille depuis si longtemps, mais il était pris dans une spirale de dépression qui l'empêchait de bouger. Il savait que la colère d'Hélène était motivée par l'amour qu'elle lui portait, elle s'inquiète énormément pour lui, mais cela ne rendait pas la situation plus facile à supporter. Au contraire. La culpabilité pèse sur ses épaules, mais également sur ceux de sa mère. C'était criard : elle s'en voulait d'avoir été incapable de différencier son enfant, celui qu'elle a donné la vie, d'un usurpateur.
— Est-ce que tu es repassé à ta boutique ?
La question d'Hélène fait sourciller Kasey. Repasser à la boutique ? Pour quoi faire ? Il n'avait certainement pas envie de voir ce que l'usurpateur en avait fait. Il se contente donc de secouer la tête, sans prononcer un mot, mais Hélène ne semble pas satisfaite de cette réponse et reprend sur un ton ferme :
— Kasey, tu dois retourner à ta boutique. Tu as travaillé dur pour en arriver là, tu ne peux pas laisser tomber maintenant.
Le potier ne put contrôler cette colère sourde qui lui monte au nez. Comment pouvait-elle dire ça ? Non, ce n'était pas lui qui avait travaillé, ce n'était pas lui qui a monté cette boutique ni même mener sa première ouverture. Il n'a strictement rien fait, alors que c'était son projet à lui.
— Ce n'est pas ma boutique, marmonne-t-il d'un ton amer.
Hélène le regarde, surprise par ses mots. Elle ne comprend pas ce qui lui prend.
— Ne dis pas de bêtise, Kasey, tu as travaillé dur pour en arriver là, insiste-t-elle.
Kasey l'avise avec froideur.
— J'ai passé huit mois enfermé dans une cave pendant que quelqu'un d'autre menait ma vie à ma place, sans que personne ne s'en rende compte, même pas mes propres parents, crache-t-il. Alors non, ce n'est pas ma boutique.
Il savait que c'était injuste, cruel même. Ses parents n'y étaient pour rien dans cette affaire. Mais il ne pouvait pas s'empêcher d'être en colère. La façon dont l'intrus avait réussi à le remplacer était effrayant, comme si lui, ce qu'il était au plus profond n'était rien. Et contre son gré, Kasey avait même dû jouer un rôle dans cette mascarade, aidant l'imposteur à tromper tout le monde dans l'espoir de survivre. Quant à Hélène, elle reste silencieuse. Elle était bouleversée par ce qu'elle venait d'entendre. Elle en était même chagriné, mais elle ne lui en voulait pas. Au contraire, la sorcière compatissait du mieux qu'elle pouvait.
Hélène l'observe. Elle ne sait pas comment réagir, ni quoi dire pour atténuer toute cette douleur et cette colère qui émane du potier. Cela l'inquiète, la ronge de l'intérieur. Était-elle une mauvaise mère ? Elle secoue la tête avec désapprobation. Non, ce n'était pas en se flagellant qu'elle aiderait son fils, bien au contraire. Seulement, elle se sent impuissante devant sa détresse. Hélène pose son chiffon et sa baguette sur la table, avant de s'installer près de Kasey, bien qu'incertaine de la manière dont elle devrait agir. Elle ne pouvait pas imaginer la douleur qu'il ressentait, elle n'avait rien connut de tel.
Après un silence qui parut long, Kasey laisse échapper un soupir. Il passe une main dans ses cheveux mal coiffés et regarde sa mère avec des yeux fatigués, creusé par les cernes.
— Je suis désolé, maman. Ce n'est pas de ta faute, murmure Kasey d'une voix plus calme.
— Non, c'est moi qui devrais m'excuser. Je me suis montré envahissante alors que... tu as juste besoin de temps.
Elle croise les bras, elle réfléchit à ce qu'elle pourrait dire, mais rien ne semblait convaincant et encore moins rassurant.
— Je ne prétends pas comprendre ce que tu traverses et... et je suis certainement maladroite en te disant que tu dois te reprendre en main, que ce n'est pas en restant sur ce canapé que les choses vont s'arranger... mais ce n'est pas aussi simple que ça, n'est-ce pas ?
— Non, ce n'est pas simple, répondit Kasey d'une voix faible.
Hélène sentait les larmes lui monter aux yeux alors qu'elle détournait le regard de son fils, bouleversée par son état. Elle tenta de poser une main réconfortante sur son épaule, mais Kasey se déroba sous son toucher.
— S'il te plaît maman, j'aimerais être seul.
Sa voix était à la fois implorante. Sur le coup, se refuse de bouger ou même de prendre en considération la demande de Kasey. Finalement, après une longue seconde, Hélène acquiesce, même si son cœur se serrait à l'idée de laisser son fils seul dans cet état.
— Je comprends, dit-elle doucement.
Elle récupéra sa baguette et son chiffon, avant de quitter l'appartement d'un pas lent et hésitant, comme si elle avait peur de ce qui allait se passer une fois qu'elle aurait tourné le dos.
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"Je préfère pas, raconter ça, personne n’y croit" Pomme - _Jan carte de noël color : #A47786 |
Absence : 00.00.00 à 00.00.00 Activité : grosse baisse |