Le vilain petit canard
Samedi 29 avril 2045, dans la matinée.
Je regarde ce qui m'entoure à travers les interstices entre mes doigts. La lumière naturelle du beau milieu de la journée m'éblouit encore. Des années que je ne l'ai pas vu, et ces satanés yeux n'arrivent pas à s'en remettre. Je sens une petite brise caresser mes doigts osseux. Je plisse des yeux, puis remets mes lunettes de soleil. J'ai trop de mal de faire sans, pour le moment. Je traverse la rue, plutôt calme à cette heure, pour atteindre un commerce à l'enseigne discrète. "Salon de beauté", annonce-t-il. Y suis-je la bienvenue ? Je n'en sais rien. Tout le monde me regarde étrangement, murmure entre eux lorsqu'ils me dépassent. Ils critiquent ma chevelure crasseuse et emmêlée, ils jugent ma tenue modeste - une simple robe noire en coton, droite, allant jusqu'aux chevilles, avec un manteau de laine, noir et droit également - ils se moquent de l'allure de sans-abris que j'ai. S'ils savaient. S'ils savaient d'où je viens, ce que j'ai enduré, et pendant combien de temps. Jamais ils n'oseraient ne serait-ce que poser le regard sur moi, de peur de ce que je pourrais leur faire.
Je finis par prendre mon courage à deux mains et je franchis le palier du commerce. Une petite clochette annonce mon arrivée. Une jeune employée se retourne vers moi pour m'accueillir, puis s'arrête net en me voyant. Je crois qu'elle ne s'attendait pas à cela. D'ailleurs, sa collègue et les quelques autres clientes me dévisagent également. Elle sourit à nouveau, imperturbable, me salue et me propose de prendre mon manteau. Je l'enlève et le lui tends. Puis elle m'installe à un poste de consultation beauté. Un grand miroir me fait face, de manière à me laisser admirer le désastre personnifié que je suis devenue après près de 14 ans à Azkaban. Elle me demande ce qui me ferait plaisir.
"J'aimerais démêler, couper et coiffer mes cheveux, s'il vous plait..." je dis d'un ton incertain. Puis je baisse le regard vers ma petite bourse pour en découvrir le contenu. Je crois que j'ai assez pour une manucure également, mais pas pour une pédicure. Mais j'aurais aussi voulu une mise en beauté. *J'aurais dû voler une personne à l'allure plus riche, j'en étais sûre...* je pense. Je remonte le regard.
"J'aurais voulu une mise en beauté et une manucure, mais je crois que je n'ai pas assez." j'avoue, espérant un miracle. J'entends les autres clientes chuchoter. Cela me perturbe, m'énerve, me donne envie de me retourner et de les étriper. A ce moment, la clochette retentit à nouveau, et les murmures cessent.
Je finis par prendre mon courage à deux mains et je franchis le palier du commerce. Une petite clochette annonce mon arrivée. Une jeune employée se retourne vers moi pour m'accueillir, puis s'arrête net en me voyant. Je crois qu'elle ne s'attendait pas à cela. D'ailleurs, sa collègue et les quelques autres clientes me dévisagent également. Elle sourit à nouveau, imperturbable, me salue et me propose de prendre mon manteau. Je l'enlève et le lui tends. Puis elle m'installe à un poste de consultation beauté. Un grand miroir me fait face, de manière à me laisser admirer le désastre personnifié que je suis devenue après près de 14 ans à Azkaban. Elle me demande ce qui me ferait plaisir.
"J'aimerais démêler, couper et coiffer mes cheveux, s'il vous plait..." je dis d'un ton incertain. Puis je baisse le regard vers ma petite bourse pour en découvrir le contenu. Je crois que j'ai assez pour une manucure également, mais pas pour une pédicure. Mais j'aurais aussi voulu une mise en beauté. *J'aurais dû voler une personne à l'allure plus riche, j'en étais sûre...* je pense. Je remonte le regard.
"J'aurais voulu une mise en beauté et une manucure, mais je crois que je n'ai pas assez." j'avoue, espérant un miracle. J'entends les autres clientes chuchoter. Cela me perturbe, m'énerve, me donne envie de me retourner et de les étriper. A ce moment, la clochette retentit à nouveau, et les murmures cessent.
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Le vilain petit canard
Charly avait décidé de profiter de ses vacances scolaires pour se refaire une beauté. Elle ne comptait pas toucher à sa coiffure, mais elle avait entendu beaucoup de bien d’un petit salon qui proposait des prestations de manucure incroyables. Elle avait laissé son habituel manteau couleur mangue au placard pour le remplacer par une veste d’un bleu turquoise aussi claire que l’eau de l’archipel idyllique des Seychelles. Elle y avait voyagé à plusieurs reprises au cours de sa vie, et elle y retournait occasionnellement quand ses finances le lui permettaient. Elle vivait dans l’utopie de pouvoir repartir en voyage très prochainement, mais en attendant, ces couleurs vives étaient parfaites pour avoir l’impression d’être loin de chez elle, et de rêver aux tropiques alors qu’elle était coincé dans la grisaille de la Grande-Bretagne. En passant la porte de la boutique, elle eut comme l’impression qu’elle interrompait quelque chose, mais ne s’en formalisa pas. L’étudiante s’approcha du comptoir pour signifier qu’elle avait rendez-vous, et c’est à ce moment-là qu’elle remarqua une... silhouette, peut-être celle d’une femme, à l'apparence particulièrement étrange. On l’installa sur le siège vacant à côté de cette personne, ou elle eut le loisir de la dévisager d’une manière très peu discrète en attendant que l’on revienne s’occuper d’elle. Il s’agissait bien d’une femme, qui ressemblait outrageusement à une clocharde. En fait, la brune n’avait jamais rien vu de tel dans le monde sorcier. Dans le monde moldus, elle avait eu l’habitude de croiser des mendiants, ou autres sans-abris, et c’était à cela que lui faisait penser la femme assise à ses côtés.
Mots soulignés pour la cabane de Cristal
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Le vilain petit canard
Une jeune femme entre et se fait placer juste à côté de moi. Je me sens drôlement gênée, plus qu'auparavant. Je ne sais pas si c'est la proximité avec cette personne bien portante et propre sur elle qui me pousserait à une comparaison difficile à encaisser, ou bien simplement parce que je deviens nerveuse lorsque je suis entourée de plusieurs sorciers. Cela fait 14 ans que je n'ai pas utilisé ma baguette et me réapproprier ma magie est un chemin semé de plus d'embuches que je ne l'aurais pensé. Cela a rapidement fait naitre en moi un complexe d'infériorité que je supporte difficilement. Je crois que ce n'est pas dans mon caractère. Je jette un rapide coup d'oeil à la nouvelle venue puis regarde à nouveau devant moi en espérant qu'elle ne me détaille pas plus que ça.
Distraite mais faisant mine d'être occupée, j'écoute l'esthétimagicienne lorsqu'elle me répond. Elle m'indique discrètement qu'avec la somme dont je dispose, je peux aussi avoir une mise en beauté classique et me faire limer les ongles des mains. J'acquiesce, pensant que je m'en satisferais bien. Je regarde droit devant moi, détaillant mon allure de clocharde avec attention, en attendant que l'employée revienne vers moi. Nous commençons par les cheveux, et elle s'applique à répandre une potion lissenplis sur ce que l'on pouvait autrefois appeler ma chevelure.
Distraite mais faisant mine d'être occupée, j'écoute l'esthétimagicienne lorsqu'elle me répond. Elle m'indique discrètement qu'avec la somme dont je dispose, je peux aussi avoir une mise en beauté classique et me faire limer les ongles des mains. J'acquiesce, pensant que je m'en satisferais bien. Je regarde droit devant moi, détaillant mon allure de clocharde avec attention, en attendant que l'employée revienne vers moi. Nous commençons par les cheveux, et elle s'applique à répandre une potion lissenplis sur ce que l'on pouvait autrefois appeler ma chevelure.
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Le vilain petit canard
Charly s’installa tranquillement, retirant son manteau et disposant ses mains devant elle en attendant qu’on vienne s’occuper d’elle. Une jeune femme vint s’installer devant elle et commença à lui couper les ongles obliquement. Elle lui posa quelques questions, certainement dans le but de faire la conversation, mais la vérité, c’est que c’était étourdissant. Elle voulait juste se détendre. Ou continuer d’observer la femme qui se trouvait à côté d’elle. Son allure aurait certainement fait scandale s’il y avait eu plus de monde dans ce salon de beauté. Le peu de personnes semblait déjà trouver déplacé le fait de se montrer ainsi. Les cheveux dans lesquels l’employée du salon passait ses mains ne ressemblaient à rien. Ils étaient tellement emmêlés qu’on semblait y apercevoir des cornes de cerfs. Des dreadlocks peut-être ?
« Vous devriez essayer de couper court, dit-elle en la regardant à travers le miroir. Ça vous irait bien et en plus, c’est plus facile à entretenir »
Elle se sentait légèrement hypocrite de lui donner un tel conseil alors qu’elle abordait une splendide chevelure, brillante et parfaitement démêlée. Ils ondulaient d’une manière fluide sur ses épaules, mettant en valeur ses yeux bleus. Elle était peut-être étudiante, mais elle avait réussi à gagner un peu d’argent, et cela lui permettait de s’offrir de fabuleuse potions de beauté, et de temps à autre des soins comme celui-ci. Faste période.
Mots soulignés pour la cabane de Cristal
« Vous devriez essayer de couper court, dit-elle en la regardant à travers le miroir. Ça vous irait bien et en plus, c’est plus facile à entretenir »
Elle se sentait légèrement hypocrite de lui donner un tel conseil alors qu’elle abordait une splendide chevelure, brillante et parfaitement démêlée. Ils ondulaient d’une manière fluide sur ses épaules, mettant en valeur ses yeux bleus. Elle était peut-être étudiante, mais elle avait réussi à gagner un peu d’argent, et cela lui permettait de s’offrir de fabuleuse potions de beauté, et de temps à autre des soins comme celui-ci. Faste période.
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Le vilain petit canard
Je croise brièvement le regard de la jeune femme qui s'adresse à moi, à travers le miroir, puis baisse les yeux sur mes genoux, grattant doucement la peau de mes mains avec mes ongles crasseux. L'esthétimagicienne s'occupant de moi sourit et acquiesce aux propos de la cliente. En un coup de baguette, elle fait flotter un magazine devant mes yeux, tournant doucement les pages pour me montrer les coupes qu'il serait sans doute possible de faire compte tenu de la base que nous travaillons. En même temps, la potion lissenplis fait effet et la chevelure se trouve démêlée bien plus rapidement que ce que je n'aurais cru. Toujours crasseuse, elle finit rapidement en queue de vache. Couper sera effectivement nécessaire. L'esthétimagicienne sourit en me montrant à nouveau tout un tas de variations de carrés et coupes pixie. Je m'arrête finalement sur un carré avec quelques mèches dégradées sur le devant pour cadrer mon visage. Je regarde à nouveau la cliente d'à côté à travers le miroir, et lui fais un signe de tête pour la remercier de son conseil.
L'employée me fait me lever pour m'amener au bac de lavage. Lorsque je me redresse, une chevelure digne d'une princesse Raiponce sans abri tombe quasiment jusqu'au sol. Les clientes commères étouffent un cri de surprise et de dégout. 14 ans que je n'ai pas coupé mes cheveux, ça se voit. Vivement que je me débarrasse de tout ça.
Je reviens rapidement à mon siège initial, une fois le tout propre. L'esthétimagicienne prépare de quoi couper et une boule se forme dans mon estomac. Les ciseaux me font peur, je ne sais pas pourquoi. Je tente de ne pas montrer mon angoisse, ferme les yeux et attends patiemment qu'elle fasse ce qu'elle a à faire.
L'employée me fait me lever pour m'amener au bac de lavage. Lorsque je me redresse, une chevelure digne d'une princesse Raiponce sans abri tombe quasiment jusqu'au sol. Les clientes commères étouffent un cri de surprise et de dégout. 14 ans que je n'ai pas coupé mes cheveux, ça se voit. Vivement que je me débarrasse de tout ça.
Je reviens rapidement à mon siège initial, une fois le tout propre. L'esthétimagicienne prépare de quoi couper et une boule se forme dans mon estomac. Les ciseaux me font peur, je ne sais pas pourquoi. Je tente de ne pas montrer mon angoisse, ferme les yeux et attends patiemment qu'elle fasse ce qu'elle a à faire.
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Le vilain petit canard
Charly observa un instant la femme, puis reporta son attention sur ses ongles. Elle ne savait pas encore quelle couleur elle allait choisir. Un bleu, assorti à celui de son manteau peut-être. Ou un rouge classique. Elle ferma les yeux un moment se laissant bercer par le bruit ambiant et le contact des mains de l’esthéticienne sur les siennes. La brune n’ouvrit à nouveau les yeux qu’en entendant quelques cris derrière, et pu apercevoir l’impressionnante cascade de cheveux de sa voisine. Alors qu’on était occupé à lui limer les ongles, Charly capta une nouvelle fois le regarde de la femme à travers le miroir. Mais cette fois, celle-ci semblait la remercier. Elle la vit ensuite fermer les yeux, et elle jeta un coup d’œil à son impressionnante chevelure qui commençait à tomber au sol pour former un entrelac de mèches châtaines. En regardant les formes de celles-ci, la jeune femme ne put s’empêcher de se demander si quelque part dans le monde, il existait une pratique divinatoire utilisant les cheveux. Elle avait bien entendu parler de la bostrychomancie, mais ça n’était pas la même chose. À défaut de se concentrer sur les cheveux de la cliente, la brune se concentra sur ses mains. Elles étaient abîmés, et si elle ne pouvait pas voir ses paumes, elle pouvait constater qu’elles étaient sèches et sales. Charly n’arrivait pas à deviner d’où elle sortait, mais elle était sûre que cette femme n’avait pas eu la vie facile ces dernières années.
Le vilain petit canard
Sans m'en rendre compte, les yeux toujours fermés, je plante mes ongles dans mes mains pour oublier l'angoisse des ciseaux. Depuis quand ai-je peur de cela ? Je n'en sais rien, je ne l'avais jamais remarqué ? Est-ce que quelqu'un m'a fait quelque chose avec ce type d'objet, par le passé ? Je ne saurais dire. Ma respiration se fait saccadée, mais je tente de l'apaiser, de la couvrir, pour que personne ne le remarque. Mon coeur bat si fort que je n'entendrais que ça, au détail près que le bruit de découpe des cheveux aux ciseaux affutés me parait assourdissant et insupportable. Mon esprit se fixe sur ces sons horribles, si bien que je sursaute quand la voix de l'esthétimagicienne s'élève à mes côtés pour me dire qu'elle m'a servi une infusion de camomille. Sans doute prend-elle pitié de mon état, de mes réactions enfantines. En en buvant une gorgée, mon regard s'arrête à nouveau sur mon triste reflet. Plus aucun signe de jeunesse, de beauté ou d'élégance. Ma vie est passée, mes jeunes années m'ont échappées.
Une nouvelle fois, l'esthétimagicienne brise le silence, cette fois pour me demander si je veux mon carré plus court. Elle s'excuse de ne pas avoir pu garder plus de cheveux. La masse n'est certes pas impressionnante, mais la longueur ne choque pas. Un carré qui arrive entre les oreilles et les épaules, exactement. Mes cheveux démêlés, même mouillés, paraissent déjà bien plus soyeux que quand je suis entrée. Je referme vite les yeux pour ne pas montrer d'émotion, mais cela m'émeut. Je suis surprise d'avoir encore ce genre d'émotion en stock. Je la sens appliquer une potion, sans doute un dernier coup de Lissenplis, puis créer un tourbillon d'air tiède pour sécher le tout. En quelques minutes, la chevelure est propre, coupée, séchée et stylisée. Elle me dit que je peux ouvrir les yeux pour découvrir le résultat.
Une nouvelle fois, l'esthétimagicienne brise le silence, cette fois pour me demander si je veux mon carré plus court. Elle s'excuse de ne pas avoir pu garder plus de cheveux. La masse n'est certes pas impressionnante, mais la longueur ne choque pas. Un carré qui arrive entre les oreilles et les épaules, exactement. Mes cheveux démêlés, même mouillés, paraissent déjà bien plus soyeux que quand je suis entrée. Je referme vite les yeux pour ne pas montrer d'émotion, mais cela m'émeut. Je suis surprise d'avoir encore ce genre d'émotion en stock. Je la sens appliquer une potion, sans doute un dernier coup de Lissenplis, puis créer un tourbillon d'air tiède pour sécher le tout. En quelques minutes, la chevelure est propre, coupée, séchée et stylisée. Elle me dit que je peux ouvrir les yeux pour découvrir le résultat.
Pardon pour l'attente.
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Le vilain petit canard
Après avoir détaillé la femme Charly se concentra de nouveau sur ses ongles. Le rouge. C’était une belle couleur. Classique pour des ongles, passe-partout, mais qui lui évitait toute faute de goût. Elle se laissa faire, profita du calme pour se détendre. La jeune fille ne détourna la tête que lorsque l’esthétimagicienne pris la parole pour lui servir une infusion de camomille, comme elle l’avait fait précédemment avec d’autres clientes. La brune profita du fait que sa main droite soit pour l’instant libre pour en prendre une gorgée, car bientôt, celle-ci se retrouverait entre les mains de la professionnelle pour être peinturlurée d’une couleur vive. La fin de sa manucure se déroula plus rapidement qu’elle ne l’aurait pensé. Peut-être grâce au fait que la femme qui lui faisait face ait finalement compris qu’elle ne souhaitait pas faire la discussion. Ou bien était-ce car ses discrets coups d’œil à sa voisine lui avaient permis de se distraire au fur et à mesure que le travail sur ses ongles avançait. Quand le tout fut terminé, Charly remercia l'esthétimagicienne, paya son du, et sortie de salon. Elle jeta un rapide coup d’œil magique et voyant qu’elle disposait encore d’un peu de temps avant l’heure du repas, elle s’alluma une cigarette, et s’appuya contre la vitrine du salon de beauté. Elle savait que son père n'aimait pas la voir fumer. Alors elle profitait de ce moment pour s’intoxiquer sans croiser son regard accusateur.
Le vilain petit canard
Lentement, nerveusement, j'ouvre les yeux. Je n'avais pas vu mes cheveux si beaux et soyeux depuis des années. Les cheveux courts, étrangement, me rajeunissent. J'en ai le souffle coupé et je en sais que dire. Quelques minutes de plus, et mes ongles sont limés, et je suis délicatement et simplement maquillée. La vieille clocharde craintive que j'étais en entrant a disparu pour laisser place à une femme mûre soignée et sûre d'elle. Je me regarde dans le miroir. Du coin de l'oeil, je vois l'esthéticienne qui me sourit, de toute évidence fière d'elle. J'aperçois également, plus au fond sur ma gauche, le groupe de petites bourgeoises moqueuses qui me regardent, chuchotent entre elles, et me jugent. Je me lève, paie à l'employée ce que je lui dois, et sors de l'établissement.
Un pas dehors, et je me sens comme une nouvelle version de moi-même. Plus personne ne me regarde bizarrement, personne ne remarque même que quelque chose est différent chez moi, par rapport à eux. Personne ne me pense pauvre, sans domicile fixe, ancienne taularde. Personne ne sait rien.
Je ferme les yeux une seconde, respire un peu d'air frais, qui se retrouve vite altéré par l'odeur du tabac. Je les rouvre et regarde autour de moi, pour finalement tomber sur ma voisine de fauteuil de ce matin. Je m'étonne de la voir encore ici.
"Merci pour vos conseils. De toute évidence une coupe plus courte était le bon choix." je lui dis. Puis, je fais un signe de tête comme pour lui souhaiter une bonne journée, et m'en vais. Je marche avec confiance pour me tapir dans l'ombre de l'allée des Embrumes. Direction Londres, donc. Je marche avec confiance vers l'avenir sombrement vivifiant qui m'attend : mon nouveau look de tueuse va à merveille avec la noirceur de mon âme. Ai-je appris de mes erreurs ? Oui, d'une certaine manière. Je suis prête à me remettre en selle, et cette fois je ne me ferais pas choper aussi facilement.
Un pas dehors, et je me sens comme une nouvelle version de moi-même. Plus personne ne me regarde bizarrement, personne ne remarque même que quelque chose est différent chez moi, par rapport à eux. Personne ne me pense pauvre, sans domicile fixe, ancienne taularde. Personne ne sait rien.
Je ferme les yeux une seconde, respire un peu d'air frais, qui se retrouve vite altéré par l'odeur du tabac. Je les rouvre et regarde autour de moi, pour finalement tomber sur ma voisine de fauteuil de ce matin. Je m'étonne de la voir encore ici.
"Merci pour vos conseils. De toute évidence une coupe plus courte était le bon choix." je lui dis. Puis, je fais un signe de tête comme pour lui souhaiter une bonne journée, et m'en vais. Je marche avec confiance pour me tapir dans l'ombre de l'allée des Embrumes. Direction Londres, donc. Je marche avec confiance vers l'avenir sombrement vivifiant qui m'attend : mon nouveau look de tueuse va à merveille avec la noirceur de mon âme. Ai-je appris de mes erreurs ? Oui, d'une certaine manière. Je suis prête à me remettre en selle, et cette fois je ne me ferais pas choper aussi facilement.
FIN
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