Les Nous de Derrière les Miroirs
Alison, 2ème année
16 Janvier 2046,
◦ Toilettes des filles ◦
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16 Janvier 2046,
◦ Toilettes des filles ◦
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LIBRE SOUS CONDITIONS
Ordinairement, il y avait trois raisons potables pour venir dans ce lieu qui n'était pas des plus accueillants, soyons un brin honnête.
Soit on cherchait la solitude, et alors, notre cerveau dans un soucis de nous asphyxier de relents capables d'étouffer même les pensées les plus coriaces nous ordonnait de venir ici.
Soit on avait vraiment besoin d'utiliser les toilettes alignées comme des punies contre le mur.
Soit on avait un besoin viscéral de ragots en tout genre. C'était bien connu, les toilettes étaient renommées pour être les lieux de passage, ceux où l'on ne reste que le temps d'une pause nécessaire ou d'une retouche de maquillage.
Elle haïssait en particulier les toilettes parce qu'elles avaient des miroirs.
Et pourtant, aujourd'hui, alors qu'il faisait un froid à congeler un strangulot sur place, elle se retrouvait ici entre deux cours pour la deuxième option dans sa liste.
Après avoir tiré la chasse, elle se lava méticuleusement les mains malgré l'eau glacée, puis se jeta un coup d’œil critique dans le miroir.
Des cheveux trop longs qui ne ressemblaient à rien, peignés à la va-vite, noirs comme des plumes de corbeaux. Deux billes d'émeraude qui la fixaient d'un air sombre, des paillettes dorées valsant à l'intérieur. Deux sourcils trop fins, encadrant les émeraudes, légèrement froncés en une muette protestation. Une bouche grimaçante et gercée à cause du froid et de ses dents *et du piètre reflet que j'suis.* Un nez droit, légèrement relevé et actuellement magnifiquement froncé en une moue tenace de mépris. Des cernes violacées qui se détachaient merveilleusement bien sur sa peau pâle, soulignant le regard mauvais et lui donnant encore plus de force.
Ce visage froid qui la contemplait lui rappelait à chaque instant à quel point elle détestait se regarder dans un miroir. Elle se trouvait trop chétive, trop pâle, avec un visage trop fin où ses yeux nageaient Merlin-savait-comment au milieu.
Retroussant les lèvres sur une rangée de dents parfaitement blanches et alignées, elle s'essaya à un sourire des plus faux. Le sourire disparut aussi vite qu'un viffet lorsqu'elle aperçut du coin de l'œil le résultat dans la glace.
Dans ces bons jours, elle se fichait pas mal de ressembler à quelque chose. Mais là, en se voyant enroulée dans un épais pull de tricot multicolore, un pantalon de velours brun, ses éternelles bottines brunes vissées aux pieds, sa fidèle écharpe jaune enroulée distraitement autour de son cou *trop maigre*, sa cape d'hiver doublée de fourrure et sa sacoche qui commençait à vieillir en bandoulière.
Elle aurait voulu être un dessin au crayon. Elle se serait gommée la figure, aurait refait ces yeux trop profonds, ces sourcils trop sévères. Elle se serait entaillé le visage d'un vrai sourire comme ceux de la Gazette. Elle aurait fait ses pommettes plus rebondies et plus douces, aurait enlevé l'éclat dur qui résidait dans ses yeux continuellement.
Elle n'enviait pas toutes ces créatures déambulant dans les couloirs avec des tronches barbouillées de maquillage. Elle ne s'intéressait pas à la mode, sachant que ce truc était si éphémère que l'année d'après, il s'évaporerait en poussière. En fait, de loin, on aurait pu la dire jolie.
Mais elle était proche du miroir, qui lui renvoyait impunément tous les défauts de son visage dans la face, et cela la mettait en rogne.
*Plic plic.*
Arrachant ses yeux du reflet fantomatique, elle les vissa au robinet qui continuait à déverser un flot d'eau glacé. *Pas encore gelé sur place?* Avec des gestes méthodiques, elle referma le robinet et sécha ses mains humides sur son pantalon, y laissant de larges tâches sombres.
Se retournant férocement vers le reflet qui semblait toujours la narguer silencieusement, elle lui tira la langue pendant un instant, avant de faire volte-face pour rejoindre la porte.
Un doute affreux fit pourtant sa place dans sa tête, l'empêchant de faire plus de deux Pas décidés vers la porte.
Se retournant avec un air suspicieux vers le Miroir, elle rencontra une Elle à l'air méfiant la jauger de haut en bas.
Faisant chemin en sens inverse, elle écrasa sans douceur ses mains sur la faïence du lavabo, entendant avec une grimace le "Bong" retentir dans la pièce.
Jetant un regard fatigué au Reflet qui avait pris une saleté d'air excédé, elle lui soupira, lasse :
"Lâche-moi les basques, OK? C'tait bien avant, on s'voyait pas. Alors dégage, on r'commence comme avant."
C'était parfaitement vain et stupide de parler à un Truc qui vous représentait et glissait comme de l'eau sur une surface plate, se dérobant à tous les reproches. Mais elle en avait assez de s'imaginer voir des fantômes dès qu'elle tournait la tête. Alors si pour une fois, elle pouvait coincer une de ces Illusions et lui dire ses quatre vérités dans la face, elle prenait.
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.
Les Nous de Derrière les Miroirs
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@Alison Morrow
15 Janvier 2046
Droit devant, marchant dans les couloirs vers un endroit assez calme si on ne compte pas le nombres de jeunes filles qui viennent si réfugiés pour noyez leur chagrin j’ai nommé les toilettes des filles.
J’imagine pas celles des garçons, ça devait peut-être être le bazar, faisait il des batailles d’eau et de papier à l’intérieur ?
Bref, je poussa la porte des toilettes pensant être la seule personne ici à cette heure là mais bon, une jeune fille, elle semblait être de Poufsouffle si l’on faisait attention à son écharpe jaune et noir, ça se voyait, au moins si vous êtes pas aveugle ni daltonien…
Je resta sans bouger, je tenais toujours la porte, quand je la relâcha je failli me la prendre dans la tête mais bon.
J’imagine pas celles des garçons, ça devait peut-être être le bazar, faisait il des batailles d’eau et de papier à l’intérieur ?
Bref, je poussa la porte des toilettes pensant être la seule personne ici à cette heure là mais bon, une jeune fille, elle semblait être de Poufsouffle si l’on faisait attention à son écharpe jaune et noir, ça se voyait, au moins si vous êtes pas aveugle ni daltonien…
Je resta sans bouger, je tenais toujours la porte, quand je la relâcha je failli me la prendre dans la tête mais bon.
- Eum Bonjour…
Je me dirigea vers un miroir, peut-être que cette fille ne voulait pas vraiment parler, pas grave !
Je regarda mon reflet en souriant, tournoyant pour faire virevolter les volant de ma jupe grise à carreaux et remettait en place mon blazer avec un air assuré, bref je faisais mes activités habituelles avec confiance.
Je baissa la tête puis reposa mon regard sur le reflet du miroir.
Je fixais mes propres yeux et me plongea dans mon propre regard, j’avais l’impression que même mon propre reflet me souriait…
Je regarda mon reflet en souriant, tournoyant pour faire virevolter les volant de ma jupe grise à carreaux et remettait en place mon blazer avec un air assuré, bref je faisais mes activités habituelles avec confiance.
Je baissa la tête puis reposa mon regard sur le reflet du miroir.
Je fixais mes propres yeux et me plongea dans mon propre regard, j’avais l’impression que même mon propre reflet me souriait…
Si quelque chose te dérange j’éditerai mon post et encore Sorry du retard
Dernière modification par Evie Parkson le 3 juil. 2021, 22:20, modifié 1 fois.
Raise a glass to freedom, one thing they can never take away • Cinquième Année RP • #A12020
Les Nous de Derrière les Miroirs
Noire colère.
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"Eum Bonjour…"
Comment cela, cette journée ne pouvait pas être pire ? Mais bien sûr que si ! C'était sous-estimer le hasard ! Il fallait impérialement que quelqu'un se ramène alors qu'elle parlait à son reflet.
Foudroyant la brune aux yeux verts qui la toisait calmement derrière le verre, elle recula un peu du lavabo.
N'ayant aucune envie de s'éterniser dans les toilettes, elle ne jugea pas utile de répondre à la fille. Et puis quoi, encore ? Prendre le thé en discutant de la pluie et du beau temps ?
Très peu pour elle.
Pourtant, son reflet semblait ne pas en avoir fini avec ses pensées aujourd'hui.
Ses billes vertes s'entrechoquèrent à nouveau avec leur parfaite image, toujours aussi dure. Rapidement, elle jeta un coup d’œil à l'écharpe jaune sagement enroulée autour de son cou. Elle masquait ainsi le bas de son visage, ce qui était très bien. Ainsi, on ne pouvait pas voir ses lèvres gercées.
Et puis, elle avait l'impression que moins elle laissait de surface de peau visible, moins on pourrait la croire affable, et prête à discuter, et prête à recevoir des regards.
Elle aimait passer inaperçu. Elle aimait être Invisible. Elle aimait tout cela, et ce n'était pas un stupide reflet qui allait y changer quoi que ce soit. Pas aujourd'hui, ni demain, ni jamais.
L'autre en avait profité pour se rapprocher du miroir en tourbillonnant sur elle-même. *Allons bon.*
La fixant dans le miroir, elle haussa un sourcil avant de regarder la fille en détail. Des yeux bleus, clairs. Un peu comme le Lac un jour de grand beau, lorsqu'aucun nuage ne vient enrayer la surface lisse. Une jupe grise à carreaux, un blazer, un sourire sur les lèvres. Une frange et des cheveux plutôt courts, d'une couleur brun chaud.
*Elle fait ma taille.*
Cela plus encore que les autres détails la frustra. Elle savait bien qu'elle n'était pas très grande, mais c'était agaçant de voir tous ces Autres la dépasser. Après, elle pouvait passer inaperçu, mais c'était peu pratique quand on essayait d'être crédible en jetant un regard noir à quelqu'un.
La fille semblait absorbée dans la contemplation de l'image dans le miroir, chose qu'elle ne pouvait pas comprendre. Ou alors, qu'elle ne Voulait pas comprendre?
C'était absurde de se regarder dans un miroir en souriant. *Pour s'dire quoi? T'es jolie ? Cette couleur te va bien? Ou ce maquillage ? Ou ce froufrou, et autres trucs niais à en vomir?*
Ce sourire l'agaçait, sans qu'elle sache pourquoi. Quelle était l'utilité de perdre des heures et des heures devant un miroir? Pourquoi les filles de son âge passaient du temps devant ces surfaces lisses et réfléchissantes ? Pourquoi est-ce qu'elles essayaient de se faire belles ? *Essayaient seulement. Avec de piètres résultats à l'arrivée.* Pourquoi est-ce qu'elles se tartinaient la tronche de trucs collants pour faire plus joli ?
Cela lui échappait totalement. Pourquoi perdre autant de temps dans sa vie à s'admirer alors qu'il y avait tant à faire dans une seule journée ?
Retournant à son propre reflet, elle grimaça à sa vue. On aurait dit une Antigone aux cheveux longs. Noiraude, maigre, renfermée, sombre. Mais pas du tout rêveuse. Au regard et aux traits... Tranchants.
Si elle s'était rencontrée au détour d'un couloir, elle aurait pu avoir peur d'elle.
*Alors... A-alors qu'l'autre là... Elle... J'sais pas... Elle... Rayonne ?*
Ce mot ne la satisfaisait pas, mais elle n'arrivait pas à en trouver d'autre.
C'était comme si... Elle était heureuse de se regarder dans un miroir, et d'y trouver son sourire.
Le double de ses yeux lui renvoya une interrogation muette : "Et toi, ton sourire, qu'est-ce que t'en as foutu?"
Elle se retint de ne pas envoyer un bon sort dans la tronche du reflet, pour le faire taire une bonne fois pour toute. Elle n'était pas seule, et cela ne servirait à rien de briser un miroir. *Sauf s'entraîner pour lancer des Reparo.*
Elle sentait l'agacement lui ronger les veines, se presser contre ses lèvres, faire se crisper ses mâchoires, s'ancrer dans ses traits durs.
"Mais pourquoi tu souris, à la fin ?!" explosa-t-elle, en jetant un regard furieux à l'autre.
C'était peut-être injuste, mais elle avait besoin de se défouler sur quelqu'un de matériel. Et puis, peut-être que l'autre avait une réponse satisfaisante à "Pourquoi perdre autant de temps devant un miroir ?" *Ahah. Carrément, et moi, j'suis la réincarnation de Circé.*
Ahah, une pauvre Evie qui n'avait rien demander et qui se fait hurler dessus... Navrée du retard, Plume.
Je n'étais par ailleurs pas sûre de la couleur de cheveux d'Evie, si je me suis trompée, tu me le dis et je change ça !
Je n'étais par ailleurs pas sûre de la couleur de cheveux d'Evie, si je me suis trompée, tu me le dis et je change ça !
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.