Orage PV


@Joe-Lizzie Wilson
janvier 2045

Quelle imbécile. Quelle idiote.
Et son rire qui résonne encore dans mes tympans. Cette hyène.
Je ne sais même pas son nom. Ce sera Hyène. Ça n’a jamais été aussi bien adapté.
Joy, et maintenant elle. Je déteste vraiment cette journée.

Je serre les mâchoires tellement fort que j’en ai mal. Mes sourcils sont froncés et je marche vite, du haut de ma petitesse.
*tu es un paillasson, rappelle-toi*
Et voilà ma colère qui se décuple.

Mon coeur bat extrêmement fort et je crois que j’ai envie de pleurer.
Je me suis forcée à rester calme, tout à l’heure, à garder mon sang froid. J’ai réussi mais ça a duré beaucoup trop longtemps. Maintenant, j’ai envie d’exploser.
Je voudrais retrouver la Hyène et la piétiner.
Retourner chez moi et piétiner cette pintade de Joy. Et ma mère aussi, pourquoi pas.

Une larme commence à couler le long de mon visage neutre mais tendu. Mes poings serrés me font mal, je commence à avoir mal à la tête.
*quel cinéma*
Tais-toi

J’arrive aux toilettes. Quelques filles sont là.

« Oulah ! Ça va ? Tu pleures ? »

Ridicule ! Elle aussi je vais la piétiner si elle continue à me poser des questions aussi débiles ! Je pleure ? Non, j’ai simplement décidé de me mettre de l’eau dans les yeux. Idiote !
*calme-toi*
Je lui lance un regard qui devait en dire long, car elle décampe sans demander son reste. Son groupe la suit. Tant mieux.

J’ouvre un cabinet et le referme en claquant la porte.
Me voilà seule. Sans personne pour me juger.
Sans personne pour rire de moi.
Mais toujours, toujours, la hyène rit dans mes tympans.
*paillasson !*
Arrête
*t’es vraiment une demeurée*
Ferme-la
*nan mais tu t’es regardée ? T’es vraiment puérile comme gamine.*
Ferme-la !
*pas étonnant que tes parents préfèrent ta petite soeur. Elle est si parfaite !*

« FERME-LA !! »

J’illustre mon propos d’un grand coup de pied dans la porte qui, à mon grand soulagement, reste intacte.
Tous ces bruits, tous ces cris. Aussi puissant que le Tonnerre.
Le rire de l’Autre.
Le rire de Joy.
Le rire de maman.
Et Max…

Et moi, je suis là, enfoncée dans ma Solitude dans les toilettes de Poudlard.
Et j’ai mal au pied.
Mon souffle est fort, rapide, comme le Vent.

J’en peux plus.
Alors je m’assoie, dépose mon visage entre mes mains et essaie de me calmer. Mais tout ce qui en résulte sont des sanglots.
La Pluie maintenant.

Tonnerre, vent, pluie.
Mon Âme n'est qu'un Orage gris.


laissez-moi m’abriter quelque part…

ma couleur : #0A7878

Je n'suis qu'une Ombre. Mais les étoiles peuvent pas briller sans ténèbres.

Orage PV
Janvier 2045, Poudlard


- FERME-LA !!

Un grand bruit se fait entendre. Je sursaute. Je viens d'entrer dans les toilettes et mon instinct de peureuse me crie déjà d'en sortir.
Quelques cabines plus loin, je la vois qui sanglote, assise contre un pan en bois. Je m'approche doucement en réfléchissant. Que dois-je faire?
Je me tiens debout, à quelques pas d'elle. Cette tornade qui pourrait me balayer sur son passage.

J'ai peur. Pas de ma camarade, mais de ce qu'elle pourrait lire sur mon visage.
Je n'ose pas vérifier dans la glace, mais j'espère tout simplement qu'elle n'y verra pas de pitié. Son état à elle empirerait sûrement si elle pensait qu'une fillette comme moi l'avait suivie jusque dans les toilettes pour avoir pitié d'elle.
Ce n'est pas ce que je ressens à son égard. Je veux juste l'aider. Mais quelle ironie, toute à l'heure je ne valait pas mieux que les autres. J'étais curieuse comme eux tous qui ricanaient, j'avais vu tout. Pourtant je n'ai rien fait. Fatale erreur. Alors pourquoi maintenant? Pour avoir la conscience plus tranquille? C'est sans doute ce qu'elle me dirait, cette Serdaigle.
Ou peut-être ne prendrait-elle même pas la peine de m'adresser la parole.
Naturellement, je m'accroupie et sors de la poche de ma cape un mouchoir.

- Tiens ça.

Je lui tend simplement le morceau de tissus avant de m'asseoir complètement, à une distance raisonnable pour ne pas qu'elle se sente étouffée par ma présence. Je tripote mes mains en silence. J'aimerai comprendre la raison de son état mais je n'ose pas lui demander. Serait-ce à cause des mots de la lionne? "Tu n'es qu'un paillasson." C'est vrai que cette phrase pourrait fendre le cœur et l’ego de n'importe qui. Mais je suis presque certaine que ses problèmes vont au delà de cette altercation. Cette façon qu'elle avait de se tenir debout, cette braise dans son regard. Toute cette haine ne pouvait être dirigée seulement contre la Gryffondor et ses remarques infantiles.


#0000BF pour ma couleur

Lio Wilson,
"Parce que tous les jours sont aujourd'hui."

Orage PV
Et le Tonnerre continue dans mon esprit. Plus je souhaite y échapper, plus il me rattrape. Une vile entité. Un démon.
La Pluie n'y fait rien. L'eau coule silencieusement, mais le temps ne se calme pas. C'est toujours la tempête, le déluge.
À ce moment, je crois que j'aimerais partir. Loin d'ici, loin de ma famille.
Si je pouvais transplaner, je le ferai.
Illico

Me retrouver dans un endroit calme, au sommet d'une montagne au printemps, écouter le chant des oiseaux, observer les papillons autour de moi, sentir la brise dans mes cheveux.
Oui, le calme. La sérénité.
Rien que le fait d'y penser me calme légérement.
*tu n'es rien comparé à Elle*
Pour mieux repartir

Je sors de la cabine et me rends compte qu'une Autre est présente. Elle m'a entendue. Elle m'a vue. Elle me voit en ce moment même. *impossible de se cacher maintenant*
Elle me tend un mouchoir.
Super.
Comment je dois le prendre ça, hein ? *avec ta main, sans doute*
Je pourrais en mourir de rire.

Je m'empare de son mouchoir en lui glissant un « 'ci » honteux et me mouche près du miroir. Sans me regarder, je replace mes cheveux qui ne répondent qu'à leur propre volonté.
Elle est toujours là. Je ne l'entends pas. Juste une Âme derrière moi, faisant tout pour se faire toute petite. *pas assez petite pour être invisible, Âme*
M'adossant à l'un des lavabos, je me retourne vers elle, les yeux encore humides. Ils doivent être si rouges, si gonflés.
Je porte ma main à mon visage et enfonce une phalange dans ma bouche. Ongle entre dents.
Signe de grande angoisse. Signe assez rare. Que voulez-vous ? J'me sens pas bien, là.

« J'dois avoir l'air d'une idiote. »

Ma voix, qui se veut calme et froide comme à son habitude, est chevrotante et soufflée entre deux reniflements. Classe.

« Dis-moi que tu sais transplaner, que j'puisse me casser d'ici. »

Une petite touche d'ironie ? D'humour ? Avec un visage aussi décomposé et neutre que celui que je dois arborer en ce moment, ça ne fonctionne pas.
N'empêche que je veux vraiment me casser d'ici.


@Joe-Lizzie Wilson, absolument désolée pour ce retard

Je n'suis qu'une Ombre. Mais les étoiles peuvent pas briller sans ténèbres.