Cousues de fil d'or Pv


05/09


"-Bonsoir Madame

C'est sur ces mots que Murphy quitte Ursula Parkinson avant de se diriger d'un pas lent vers les vestiaires pour se débarrasser de son manteau et récupérer ses effets personnels. 
Malgré sa démarche assurée et élégante, elle a l'air d'une femme fatiguée. Ses joues sont creusées et le dessous de ses yeux sont assombris par le manque de sommeil. Effectivement, Murphy dort peu, elle préfère occuper ses nuits à s'inquiéter. Bien qu'elle ait un poste haut placé et bien payé, bien que son jeune fils vienne de guérir, elle s'inquiète. 

Et si tout cela n'était qu'éphémère? 
Elle n'arrive pas à s'enlever de la tête que tout peut s'arrêter du jour au lendemain, avec le moindre coup d'état, la moindre prise d'otage, le moindre enlèvement et tellement d'autres choses encore. Le gouvernement Blackwave est tombé si vite que pour elle, rien de tout cela n'est impossible, même si son travail consiste à empêcher ce genre de choses d’arriver. Si jamais la Citadelle venait à tomber, Murphy serait une des premières à en subir les conséquences, et cela lui fait peur. Non pas pour elle, mais pour sa famille. Elle ne peut pas les abandonner, et surtout pas William. 

Elle s'inquiète pour lui également. Il y a tellement de potentiel dans ce garçon, mais il est tellement fragile et instable. Elle éprouve tellement de peine quant à ses malheurs, mais elle se sent impuissante en même temps. Le voir pleurer avant de partir à Poudlard a profondément attristée Murphy même si elle ne l'a pas montré.
Sur ses trois garçons, c'est lui que Murphy a choisi pour transmettre ses connaissances en matière de Magie Noire. Charles est trop jeune, Michael trop dissident. Aux yeux de Murphy, William est le vrai futur de la famille Barckeley. Il faudra qu'il encaisse, mais elle est sûre qu'il en sera capable. 
C'est à 18 ans qu'elle a commencé à apprendre la Magie Noire en Bulgarie, et cela durant presque dix ans. Elle ne veut pas attendre autant pour Will, pas alors que la Magie Noire n'est plus taboue. Cependant la trace étant encore active, il faudra qu'elle trouve une solution. Il aura 13 ans dans 24 jours, il sera assez grand.

Prise d'une migraine, Murphy porte la main sur son front en rentrant dans les vestiaires. La pièce est sombre et austère mais cela n'a guère d'importance pour un lieu qui a comme principale fonction de garder les manteaux.

Quelqu'un est déjà présent, et Murphy reconnait plus la personne par le numéro 14 tatoué sur le dos de sa main que par son visage.

-Bonsoir Morrigan."

Elle se défait de son long manteau aux baguettes cousues de fil d'or, puis le range soigneusement dans son casier.

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PNJ: Morrigan Harrison (Carry Harrison)

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La journée se terminait et le soleil se couchait doucement sur la magnifique citadelle du Conseil. A l’intérieur, les zones publics commençaient à se vider et la sécurité commençait à échanger leur poste pour laisser les équipes de nuits prendre leur poste. Parmi ceux qui avaient terminé, Morrigan attendait celui ou celle qui devait la remplacer. Sous aucun prétexte, elle n’avait le droit de laisser son poste sans surveillance, qui sait ce qui aurait pu se passer si jamais elle s’en allait. Dans la pièce que gardait Harrison, les files d’attentes commencèrent à se vider tout comme les visiteurs de la citadelle. Les guichets se fermaient un à un et le boucan sonore qu’il y’avait en milieu de journée se taisait peu à peu pour laisser place au silence.

Dans le couloir principal de la citadelle, un homme habillé de la même tenue que Morrigan s’approcha de celle-ci et se présenta en lui faisant signe d’un simple geste de la tête lui assurant que tout était sous contrôle. La garde noire, le regard vide et ne laissant aucune expression apparaitre sur la partie visible de son visage, répondit-elle aussi d’un hochement de tête avant de s’engager en direction des vestiaires pour se changer et enfin rentrer chez elle pour se reposer. Elle en avait besoin ces derniers temps car ces nuits étaient courtes et ses cauchemars se multipliaient. Etaient-ce des rêves prémonitoires ou bien juste le fruit de son imagination ?

Peu importe, ce qui était certains s’était le manque de sommeil qui commençait à se faire ressentir et pas qu’un peu. La tête levée, les pensées errantes.  Elle était là, dans les vestiaires, seule, assise sur le banc qui faisait face à son casier. Tout ce qui était en train d’arriver n’allait pas durer éternellement et le jour ou tout s’arrêtera qu’adviendra-t-il d’elle et de sa famille ? L’angoisse se manifesta sous forme de stresse mettant mal à l’aise la garde noire qui se leva pour enfin ouvrir son casier et commençait à se changer.

-Bonsoir Morrigan.

Le nez toujours dans le casier, Morrigan soupira d’amusement. Elle s’était belle et bien présentée à tous ses collègues mais la Sang-pur n’était toujours pas habituée à entendre son prénom sur son lieu de travail. Habituellement elle avait pour appellation : Garde, Numéros quatorze voir même Miss Harrison si la personne qui l’interpellait la reconnaissait. Mais Morrigan ? C’était une appellation quasiment inexistante.

C’était Murphy Barckeley qui l’avait interpellée. Elle aussi était une garde noire et possédait le numéro onze au dos de sa main tout comme Morrigan portait le numéro quatorze sur la sienne. Murphy ne semblait pas être une personne vieille car a en juger sur son physique c’était une jeune femme qui devait avoir dans la trentaine et qui était à peine plus grande que Morrigan d’un ou deux centimètres. Elle avait des cheveux mi-long châtain et des yeux vert émeraude pour le moins très visible.

-Bonsoir Murphy. Lâcha Morrigan d’un ton amicale. Je ne m’attendais pas te voir terminer à cette heure-ci. C’est bien la première fois que je te vois sortir en même temps que moi.

Morrigan regarda autour d’elle pour voir s’il y’avait d’autre personnes présentent dans les vestiaires mais après une brief inspection, il n’y avait que Murphy et elle dans la pièce. Toujours en train de se changer, Morrigan ne posa pas un seul regard sur son interlocutrice. Elle connaissait déjà sa voix, nul besoin de s’échanger des regards de politesse, au fond elle savait bien que Barkeley s’en fichait tout comme elle. Après tout elle n’était que collègue de travail, sans plus.

-Les ne-moldus commencent à devenir de plus en plus téméraires ses derniers temps. Pas mal d’entre eux sont venus faire leur Serment Inviolable pour servir le Conseil. Ils croient qu'ils vont retrouver leur vie d’avant en se soumettant a nous…Les imbéciles. Ses affaires dans sa valisette, Morrigan referma la porte de son casier pour enfin regarder Murphy dans les yeux. Mais ça tu dois surement l’ignorer puisque que tu es quasiment tout le temps avec notre merveilleuse Miss Parkinson. D’ailleurs comment va-t-elle ? Est-ce qu’elle a mentionné quand nous irons enfin faire la chasse au Ne-moldus ? Tu n’imagines pas à quel point j’attends qu’elle en donne l’ordre. Je rêve tellement de voir ses Sang-de-bourbe bruler jusqu'au dernier. Morrigan détourna son regard sur son casier et afficha un sourire affreux avant de poser son regard sur Murphy de nouveaux.

Dans les paroles de Morrigan se cachait une certaine amertume qu’elle dissimulait à moitié. Harrison avait en effet le travail qu’elle voulait mais pas l’affectation qu’elle souhaitait. Au lieu de se préoccuper de la sécurité de celle a qui la famille Harrison lui devait tout, Morrigan s’occupait simplement des affaires de sécurité mineurs qui se passait à la citadelle. Mais ce n’était pas ce qu’elle voulait. Son désir le plus fort était de se tenir au côté d’Ursula et de lui servir justement de main de la justice pour enfin être reconnue à sa juste et véritable valeur…Mais au lieu de ça, c’était Murphy qui était au plus proche d’elle et Morrigan avait du mal à contenir sa jalousie.


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Alors qu'elle prenait son sac et refermait délicatement le casier, Murphy se tourna poliment vers son interlocutrice. Elle ne connaissait guère bien Morrigan Harrison, ne l'ayant croisé qu'en de très rares occasions, mais sa réputation la précédait. Même ici au sein de la citadelle, d'aucuns la qualifiaient de monstre.

En détaillant le visage angélique d'Harrison, Murphy n'y voyait guère plus qu'une jeune femme, presque encore adolescente, trop téméraire et sans grande jugeote. 

Alors que Morrigan commençait une discussion, Murphy s'avança par politesse et constata qu'elle n'était guère plus grande que Numéro 14. C'était assez rare pour le souligner.

-"Il est vrai, nous finissons rarement en même temps, mais j'ai aujourd'hui mon jeune fils à récupérer chez ma mère. 

Thomas n'étant pas disponible pour le garder, Murphy n'avait eu d'autres choix que de placer Charles chez sa mère, Jeanne Cobb. Jeanne était une femme froide et fermée, dépourvue de moyens pour montrer un quelconque amour envers qui que ce soit. C'est pourquoi Murphy exécrait laisser son petit garçon là-bas, mais il était encore moins envisageable de le confier aux parents de Thomas. 
Murphy soupira discrètement tandis qu'elle écoutait d'une oreille ce que Morrigan avait à lui dire. Ses paroles étaient teintées d'une haine profonde mais aussi d'un amour inconditionnel pour Madame Beurk Parkinson. 

Les propos de numéro 14 provoquèrent un frisson chez la mère de famille qui ne put s'empêcher de voir chez elle l'avenir de William. Une fois son discours fini, Murphy sourît à Morrigan.

- Il serait idiot de blâmer ces nés-moldus de nous rejoindre, toute baguette est bonne à prendre. Peu importe les raisons qui les poussent à se tourner vers nous, tant qu'ils sont sous contrôle, il n'y a aucune raisons de s'inquiéter. Murphy marqua une pause. En fait, je préfère largement les savoir dans nos rangs qu'en train de comploter je ne sais où.

Il y avait des ennemis partout. Ça aurait été se mentir que de penser que l'arrivée au pouvoir  d'Ursula convenait au plus grand nombre. Le danger pouvait survenir de partout, de n'importe qui. 
Le métier de Murphy la rendait paranoïaque mais elle était en même temps heureuse d'avoir la responsabilité de faire en sorte que tout ne s'écroule pas, mais plus encore, que Madame Beur Parkinson reste en vie. 

- Il est compliqué de parler de Madame Parkinson tant elle est une femme difficile à cerner. Je ne pourrais ainsi même pas t'affirmer si elle va bien ou non. Murphy plissa légèrement les yeux. J'entends beaucoup de choses, pourtant je n'en apprends que peu. Ses paroles sont impénétrables et ses pensées insondables.

Murphy ne voulait guère en dire plus. C'est vrai qu'elle avait connaissance de plusieurs informations qui étaient sensibles et bien que Morrigan était une Garde Noire elle n'en restait pas moins d'un numéro inférieur. Murphy ne voulait faire aucune erreur, même si elle n'avait absolument aucun doute sur la fidélité de Morrigan pour la Citadelle.

Murphy ria d'un rire jaune dissimulé.

-Et enfin je n'ai pas connaissance d'une éventuelle chasse aux nés-moldu. Elle se força a sourire. On chasse les animaux, et bien que je ne porte pas les nés-moldu dans mon cœur, je ne les considérais pas pour autant comme tel. Elle marqua une pause. Non... Ils sont bien humains, et c'est pour cela qu'ils sont une grande menace. L'homme est toujours la plus grande menace.

Murphy élargit son sourire.

-Je comprends ta haine Morrigan, mais les brûler serait du gâchis. Il n'y a plus précieuse ressource que des sorciers asservis, aussi faible leur magie soit-elle. 

Murphy baissa les yeux sur son sac et caressa machinalement le cuir dont il était composé. Elle réfléchissait. Peut-être allait elle faire une erreur, mais elle aurait le temps de s'en apercevoir. 

- Ta jeune sœur... Carry, c'est cela? Est-elle aussi enthousiaste que toi? Mon cadet, William la connaît de vu, il me semble qu'ils ont seulement un an d'écart"

Elle prévoyait sur le long terme, mais il n'était jamais trop tôt pour préparer l'avenir de sa famille.  

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-Et moi je préfère voir les Née-moldus dans des cages ou dans un cimetière. Répondit Morrigan a la réflexion de Murphy qui préférait les voir parmi eux. Ces gens n’ont pas leur place parmi nous, Murphy. Oui ils respirent, ils pensent, ils mangent comme nous. Cependant eux, ils détruisent de toutes les manières possibles ! Les Née-moldus ne sont qu’une « évolution » de leur espèce primitive qui n’est bonne qu’a s’entre-tuer s’il n’y a personne pour les guider. Morrigan marqua une pause pour reprendre ses esprits et ne pas céder à la colère. Cependant tu as raison sur un point…Les bruler serait du gâchis . A y repenser, je préfèrerai les voir enchainer à genoux comme des esclaves. Hommes, Femmes, enfants peu importe au moins , ils se tiendront tranquille avec nous en maitres. Garde a l'espirt que  aontrairement à toi et moi,  ils ne sont pas digne de confiance.

La valise pesante a la main, Morrigan vint s’installer sur le banc en bois avant de pousser un soupir de frustration. Elle ne s’attendait pas à ce que Murphy la comprenne et encore moins qu’elle admette que la menace moldue est réel. Tout ce dont Morrigan avait besoin, s’était de lâcher toute la haine qu’elle ressentait envers les sang-de-bourbe pour retrouver la paix intérieure. Il fallait passer à autre chose car ce genre de conversation n’était jamais très plaisante à utiliser comme source de distraction.

Morrigan détourna la tête à l’opposer de Murphy quand elle entendit le nom de sa petite sœur. Carry n’avait rien à faire dans cette conversation et qui plus est comment connaissait-elle son existence ? Elle ne l’avait jamais mentionnée auparavant. Mais Murphy expliqua rapidement que son fils William lui aurait déjà parler d’elle auparavant. La seule explication logique etait que Miss Barckeley ait fait le lien entre le nom de famille de sa sœur et le siens.

Dans les vestiaires, Morrigan resta silencieuse pendant une bonne poignée de seconde réfléchissant à quoi répondre à Murphy. Harrison n’aimait pas parler de sa famille au travail et encore moins de sa petite sœur qu’elle aimait plus que tout et qui s’avérait donc être son seul point faible psychologique. Morrigan prit une profonde et longue inspiration pour s’aérer l’esprit d’un nouvel air. Maintenant qu’elle le disait, la garde noire ignorait si Carry était comme elle ou non. A vrai dire, elle était presque persuadée que sa sœur avait la même opinion qu’elle au sujet des moldus puisqu’elle aussi avait reçu l’éducation de la valeur du sang de ses parents mais s’était à confirmer puisqu’entre elles, elles n’en avaient jamais concrètement parlé.

-Carry vient d’entrer en troisième année à Poudlard. Répondit Morrigan d’un ton neutre en regardant Murphy d'un air amusee. Si elle continue comme elle est maintenant, je peux te répondre que oui elle sera aussi enthousiaste que moi. Elle m’a raconté ce qu’elle a fait à un petit Ne-moldu dans le parc …Elle a trainée le garçon dans la boue et a fait de lui son petit chien apparemment. Je n’étais pas là pour le voir mais si elle continue comme ça, alors elle saura ou est sa place quand elle deviendra adulte. cependant je ne peux pas t'assurer qu'elle continuera dans cette voie la...C'est ce qui m'inquiete. Je refuse de voir ma petite soeur devenir la victime de ses sang-de-bourbes. Tout ce que je fais la , je le fais pour elle , pour qu'elle ait un chemin tout fait...

Morrigan arbora un sourire plein de fierté en pensant a sa sœur. Carry, étant encore toute jeune, avait fait déjà bien plus que sa sœur ne l’aurait fait à son âge. Pendant sa scolarité à Poudlard, la seule chose que Morrigan pouvait faire pour régler ses problèmes était de retrouver son grand frère dans la salle commune de Serpentard et pleurer pour qu’il lui offre sa protection. Pour la plus petite des Harrison s’était diffèrent, elle était seule au château, personne pour la protéger et savait déjà comment soumettre les faibles et s’imposer au château. Si elle continuait ainsi alors son avenir promettait d’être grand.

-Qu’en est-il de Will ? Est-ce qu’il est aussi « ouvert d’esprit » que toi ou bien se rapproche-t-il plus de mes idéologies ? C’est très étrange je trouve que ma sœur et votre fils ne soient pas aussi proche. Entre sang-pur je m’attendais à ce qu’ils s’entraident mutuellement.

Murphy avait posé des questions à Morrigan, c’était au tour de Morrigan de poser les questions. Le but n’était pas de se montrer agressif mais plus à chercher à se connaitre mutuellement. Après tout, la famille Barckeley était une famille de Sang-pur aussi, les deux familles avaient déjà indirectement créé un lien de confiance qu’il fallait encore consolider.


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Murphy se crispa un peu plus à chaque phrase de Morrigan. 

- "Que l'on s'entende Morrigan. Je hais les nés-moldu tout autant que toi mais je n'oublie pas mon objectif principal: protéger Madame Parkinson de ses ennemies. Des nés-moldus sous serment inviolable ne sont pas des ennemies, plus encore, ils sont des armes.

Murphy resta debout et joignit ses mains. Son faux sourire avait disparu et laissait place à un visage fermé. Morrigan était jeune et têtue, une vraie tête brûlée. Son impulsivité et ses visions extrêmes la rendaient dangereuse, et Murphy se demanda comment elle en était venue à rejoindre la Garde Noire, elle devait avoir des qualités magiques incontestables.

- À ton âge, j'étais tout aussi véhémente que toi, quand je déambulais dans le monde moldu, j'avais la nausée, je me sentais mal à l'aise et étais prête à exploser... Tous ces... gens, vivant dans l'ignorance d'un monde qui les dépasse, d'un monde qu'ils oppriment sans le savoir. Écœurant.  

La femme avait serré la mâchoire en parlant, elle sentait toute sa colère et sa haine resurgir. Elle souffla silencieusement puis repris. 

- Avec le temps, j'ai appris à canaliser cette haine, à en tirer quelque chose de constructif. La haine est très utile dans l'apprentissage d'une certaine forme de magie... 

Elle repensa à cette nuit du 29 septembre 2031 où elle avait été contrainte à accoucher dans un hôpital moldu, à Sheffield. Sortant de chez sa mère, elle rejoignait un réseau de cheminette à quelque pâtés de maisons mais fut prise de contractions. Elles étaient d'une violence extrême, peut-être cinq à dix fois plus violentes que durant son premier accouchement. Elle ne tenait plus debout et des moldus avaient appelé une ambulance. Pendant cinq longues heures elle agonisait et pleurait à n'en plus finir. Elle ne pleurait pas à cause de la douleur, elle pleurait parce qu'elle en était réduite à dépendre de moldus et elle ne s'était jamais senti aussi humiliée, alors pendant tout son accouchement, elle haïssait un William qui n'avait encore jamais vu la lumière du jour. Puis lors de la dernière contraction, elle hurla si fort, de rage, de peine et de douleur que les lumières de tout l’hôpital vacillèrent et l'ampoule de la chambre de Murphy éclata en mille morceaux. 
Son premier contact avec William ne fut pas visuel, mais tactile et sonore. Paniqués par ce qui venait de se passer, après avoir coupé le cordon, le personnel avait posé William sur Murphy et était parti chercher de quoi y voir quelque chose. Quand la sage femme revînt dans la chambre avec une lampe torche, avant même d'entrer elle entendit les pleurs du bébé se stopper net et quand elle pénétra, il n'y avait plus personne. 

Sans ces satanés moldus, Murphy n'aurait peut-être pas survécu. Cette épreuve avait appris à la jeune femme à tout relativiser et à ne plus partager le monde en deux parties bien distinctes.

Murphy avait retrouvé un semblant de sourire en entendant parler Morrigan de sa sœur. On sentait tout l'amour qu'elle lui portait et cela montrait que Harrison n'était pas qu'une coquille remplie de haine. En revanche, lorsqu'elle parla des agissements de sa petite sœur, Murphy raya dans sa tête l'idée qu'elle avait eue quelques minutes auparavant. 

-Je partage tes craintes quant à Poudlard. Je ne voulais pas que William y retourne, mais Madame Parkinson m'a assuré qu'il était préférable qu'il y aille. Aussi logique et solide soit elle, l'idéologie de Madame Parkinson n'est pas partagée par le plus grand nombre, et je sais comment sont les enfants. Ils vont s'en prendre à lui. Elle marqua une pause. Tu sais, je ne pense pas que nous ayons une idéologie différente,  mais soit. 

Murphy regarda sa montre et poursuivit. 

-William est un petit garçon très intelligent mais qui a énormément de mal à se sociabiliser. Il est rempli d'amertume, et n'aime pas les autres enfants de manière générale. Concernant ses idées, elles sont semblables aux miennes, même si je pense qu'il ne comprend pas encore tout, je pense qu'il a au moins compris pourquoi il vaut mieux que les moldus et tout ce qui s'en rapproche. 
Peut-être se rapprochera-t-il de Carry cette année, si c'est une enfant calme et discrète, je suis sûre qu'il pourra l'apprécier. "

Rien qu'avec la description de Carry par Morrigan, Murphy était d'ors et déjà sûre que jamais William ne pourrait s'entendre avec une enfant aussi sûre d'elle, mais elle devait faire bonne figure. 

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Morrigan ne savait pas trop quoi penser des paroles de Murphy. IL y avait du vrai dans ce qu’elle disait et la jeune femme se rendit bien vite compte que son tempérament violent pourrait un jour lui couter très cher. Canaliser sa haine était quelque chose de bien compliquer mais pas impossible à faire. La onzième fit part à la quatorzième qu’Ursula Parkinson elle-même avait assuré qu’il était préférable pour son fils de retourner à Poudlard. Chose étonnante puisque la jeune sorcière en tira des conclusions décevantes et rassurantes à la fois. Si miss Parkinson conseillait à Murphy de renvoyer son fils las bas, cela voulait dire que la chef du Conseil sorcier n’avait aucunement l’intention de s’attaquer à l’école et donc de laisser les enfants de moldus pulluler à Poudlard, chose qui fit grincer les dents de la Garde noir mais le point positif c’était qu’elle n’aurait pas à intervenir pour protéger Carry, qui elle aussi était retournée las bas.

-Il y a six ans à peine je finissais mes études à Poudlard et croit moi ce n’était pas une partie de plaisir de rester là-bas avec les Ne-moldus. Crois-moi, ces imbéciles se pensent au-dessus de tout le monde parce qu’ils viennent d’un autre monde que le nôtre. Ils sont tous comme ça, sans exception… Enfin je ne veux pas ressassez le passé car aujourd’hui le monde est différent, nous sommes différentes parce qu’aujourd’hui nous sommes au sommet de la pyramide. Ça me rassure d’un côté de savoir que Miss Parkinson n’a pas l’intention de s’attaquer à l’école. Nos proches seront en sécurité. Mais ce qui m’inquiète c’est que ces Sang-de-bourbes verront cette école comme un refuge. Si seulement la directrice nous laisse entrer juste pour faire notre travail, mais bon ça serait rêver éveiller…

Oui il y avait un sentiment de soulagement et de déception. Mais il fallait trouver une manière d’attraper les enfants de moldus qui résidaient encore dans cette école. Murphy continuait de parler de son fils en le décrivant comme quelqu’un d’intelligent mais assez insociable car il avait du mal à s’entendre avec les autres enfants. Quelque seconde plus tard, la mère de famille émit l’hypothèse où si Carry était quelqu’un de calme et discrète peut-être qu’elle arriverait à s’entendre avec son fils, chose que doutait énormément la grande sœur qui adressa un sourire dubitatif. Carry était loin d’être discrète, au contraire elle aimait quand le monde remarquait ses exploits et quand on lui cherchait des problèmes, elle était tout sauf calme. Morrigan savait d’ores et déjà que les deux enfants ne s’entendraient pas.

-Nous verrons bien pour Will et Carry, rien ne me ferait plus plaisir de savoir que ma petite sœur réussisse à fréquenter quelqu’un comme ton fils.  Morrigan se racla la gorge avant de se croiser les jambes pour se servir de ses cuisses comme d’appui pour le coude qui allait maintenir le menton de la jeune femme. Je suis d’accord sur le fait qu’un moldu sous serment peut servir d’arme, mais dans ce cas-là, nous devons forcer tous les Ne-moldus de le faire sans quoi, ils représenteront tous une menace potentielle. Morrigan marqua une pause avant de poser son regard dans le vide, une question taraudait son esprit. Dit moi Murphy, depuis que tu es ici, as-tu déjà eu recours à l’un des trois sortilèges impardonnables pendant ton service ?


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Murphy se souvint pendant quelques instants de ses études à Poudlard. Elles avaient été heureuses, elle y avait rencontrer Thomas et s'était fait un cercle d'amis plutôt conséquent. Déjà à l'époque, Murphy était une femme influente dans son entourage. La femme au cheveux gris se fit la réflexion qu'en ce temps là, elle ne se souciait guère des nés-moldus, c'est seulement quelques années avant son départ en Bulgarie qu'elle embrassa pleinement l'idéologie de ses parents, et de sa famille au sens plus large.

Elle repensa brièvement à son parcours et se dit qu'elle pouvait en être fière. Elle eu en revanche un peu peur lorsqu'elle se rendit compte qu'elle était actuellement au sommet. Elle ne voulait pas redescendre. Au contraire, elle voulait encore gravir les échelons. Elle se mordilla la langue en s'imaginant faire partie des neuf lances. Seulement deux petits numéros...

Commençant à ressentir une certaine fatigue, Murphy n'avait pas vraiment écouté Morrigan dans ses dernières paroles, mais la question posée à la fin interpella Murphy. Pourquoi poser cette question si cela ne relève pas d'une curiosité malsaine? Dans sa formation, les sortilèges impardonnables avaient été le pivot d'un long apprentissage. Murphy se rappelait les nombreux échecs quant à leurs incantation, lancer un sortilège de la mort requiert une certaine puissance magique qui n'est pas donné à tout le monde.

-"Les sortilèges impardonnables...

Un sourire énigmatique s'étendit sur le visage de Murphy. L'espace d'un instant, des images lui revinrent en tête. Une main au doigts crispés, des muscles qui se tendent, des pleurs, puis l'inertie.

-Non, pas depuis que je suis en service. Il faut dire que tout est plutôt calme en ce moment. J'ai en revanche cru comprendre qu'il se tramait quelque chose avec les Neuf Lances ce soir, quelque chose d'important, alors nous ferions mieux de rester en alerte.

Murphy se souvint quelques peu de certaines rumeurs qui courraient sur la cruauté de Morrigan, sa curiosité la poussa à poser cette question:

-Et toi Morrigan? J'ai entendu dire que tu aimais beaucoup t'amuser avec des nés-moldus, t'es t'il déjà arrivé d'aller jusque là?"

Cruelle n'était pas un mot très juste pour qualifier Murphy bien qu'elle était capable d'une cruauté déguisée et vicieuse. La cruauté souligne la notion de plaisir dans le fait d'infliger la souffrance. Pour la mère de famille, il fallait être quelqu'un de plutôt malsain pour en arriver à des extrêmes pareils. Murphy n'avait jamais eu de scrupule à faire du mal aux autres car lorsqu'elle l'eue fait, c'était toujours parce qu'elle l'avait jugé nécessaire.

Elle ne savait pas encore tout à fait de quoi elle était capable dans la violence, justifiée ou non. Un  drôle de sentiment lui disait qu'elle n'allait pas tarder à le découvrir. 
Elle savait en revanche très bien qu'elle serait prête à tuer n'importe qui pour protéger ses enfants et Madame Parkinson, la figure de la nouvelle grandeur de sa famille. 

Machinalement, Murphy triturait sa boucle d'oreille en forme de perle en pensant qu'il serait bientôt l'heure d'aller récupérer Charles si elle ne voulait pas être en retard.

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-M’amuser ? En voilà un bien grand mot. S’offusqua Morrigan en rigolant. Je mentirais si je disais que je ne prends aucun plaisir à les torturer mais il faut savoir que je ne leur donne que ce qu’ils méritent. Est-ce que j'en ai déjà utilisé ? Hm Je ne tiens pas vraiment à ce que cela se sache car je pense que cela pourrait être considérée comme étant de l’excès de zèle. Donc ma réponse sera neutre, peut-être. Lui dit-elle dans un sourire aussi vague que son dernier mot.

Morrigan assise sur le banc, regardait la petite pendule qu’il y’avait jute au-dessus de la porte de sortie. Le temps passait si lentement remarqua-t-elle. Elle qui pensait qu’une demi-heure s’était écoulée depuis la fin de son service, elle réalisa très vite en regardant de plus près la pendule que sa conversation avec Murphy n’avait duré que dix minutes et l’autre Garde Noire donnait l’impression qu’elle avait presque finit de se changer. De son côté Morrigan tapa le talon de sa botte gauche sur la pointe de son autre botte comme pour faire lâcher prise a la boue qui s’était collée à sa chaussure et répéta la procédure inversement.

Plusieurs secondes se passèrent en silence dans le vestiaire et dans un coin de sa tête, Morrigan repensa à ce qu’avait dit sa collègue de travail, qu’il se tramait quelque chose avec les Neuf Lances et que de grands événements allaient avoir lieux cette nuit même. Mais ce qui allait se passait cette nuit n’était pas ce qu’avait retenu Morrigan, ce qu’elle avait retenu c’était la mention des neuf Lances de Miss Parkinson. *Les neufs lances…* C’était l’objectif ultime de Morrigan de les rejoindre et elle savait que si elle voulait un jour les rejoindre il fallait qu’elle ait des états de services irréprochables mais aussi une loyauté sans faille chose qui était extrêmement difficile. Mais elle savait qu’elle aurait le temps de se développer et d’évoluer au saint du nouveau gouvernement tout ce dont elle avait besoin c’était de temps et elle en avait énormément vu à quel point elle était jeune…Peut-être trop jeune.

Garde noire a vingt-trois ans juste après avoir fini ses études ? Elle faisait partie des gardes les plus jeunes de la Citadelle et c’était quasiment un miracle qu’elle soit prise au sein de la tour des manteaux noire. En réalité, Il fallait surtout remercier ses capacités en magie pour lui avoir ouvert la porte car s’il fallait se pencher sur les résultats de l’examen psychologique, il était à la limite de l’acceptable. Mais tout ça n’était qu’une question de maturité et comme elle le pensait, elle aurait tout le temps nécessaire pour pallier ce problème.

-Dit moi Murphy, par simple curiosité, qu’est ce que tu sais sur les Neuf Lances ? Ayant le numéro onze étant très proche du neuvième, ça m’étonnerait que tu te contentes du poste actuel donc je me demandais, as-tu l’intention de pousser ton ambition au point de les rejoindre ?

Morrigan était curieuse car malgré le fait que Murphy soit une collègue, elle la considérait comme un exemple à suivre, toutes personnes ayant un numéro supérieur au siens étaient des exemples à suivre et Murphy en faisait partie. La jalousie ? Il y’en avait oui, mais il y’avait aussi de l’admiration car généralement quand on obtient un certain poste, on ne l’obtient pas par hasard.


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Muhphy leva un sourcil aux dires de Morrigan. Elle ne savait pas exactement où elle voulait en venir. Si elle ne voulait pas que ça se sache qu'elle est utilisé des sortilèges impardonnable, alors elle m'aurait tout simplement répondu qu'elle ne l'avais pas fait.
De plus, ce n'est pas comme si elle risquait quelque chose à dire qu'elle en faisait usage. Pas ici en tout cas.

Plus elle apprenait à la connaître, plus Murphy se faisait la réflexion que cette femme s'avérait être une sociopathe. Prendre du plaisir à torturer... Non, torturer ne doit jamais être fait gratuitement, il faut toujours en tirer quelque chose d'utile, de concret. Le plaisir, ça ne sert à rien. Pas dans ces circonstances.

Murphy se releva lentement puis se baissa pour tirer l'ourlet de son pantalon. Elle se retourna ensuite pour se regarder dans le miroir de corps. Elle se satisfaisait de son apparence, même lorsqu'elle portait le manteau de la Garde Noire. Son regard était sévère et même envers elle même. Murphy avait conscience de renvoyer l'image d'une femme froide et calculatrice, mais elle ne le répugnait guère. Après tout, elle avait moins d'ennuis grâce à cela.
Elle ajusta son sac, regarda sa montre une dernière fois et attendit la fin des question de Morrigan pour répondre et prendre congé.

- « Je ne les ai pas tous rencontrés. Je n'ai jamais rencontré les numéros un et deux, Blanche et Noire. J'ai fait connaissance brièvement avec les autres. Ce sont des gens qui m'ont l'air forts intéressants. J'ai été surprise de constater qu'une petite fille se trouvait avec eux. Madame Parkinson a décidément bien des secrets.

Murphy en avait peut-être trop dit, mais une chose était sûre, elle n'avait pas dit tout ce qu'elle savait et elle n'avait pas dit toute la vérité.

- Les rejoindre...Non... Elle sourît et regarda au sol. Je n'ai pas cette prétention, je ne fais que faire mon travail et je verrai bien pour la suite.

Murphy sourît poliment à Morrigan avant de se tourner vers la porte.

-Bien, je te souhaite une bonne soirée, j'ai mon fils à récupérer chez mes parents.

Mais avant qu'elle ne puisse ouvrir la porte, celle-ci s'ouvrit d'elle même. Un petit homme trapu fit son apparition.

-Madame Barckeley, Madame Parkinson aimerait vous revoir, c'est à propos de ce soir a t-elle dit.

Murphy soupira, elle accrocha son sac à un porte manteau, elle sortit sa baguette et fit apparaître son patronus, un Chimpanzé.

-Va chez mes parents, prévient les que Charles dort chez eux ce soir. »

Alors que le patronus partait à une vitesse prodigieuse, Murphy suivit l'homme jusqu'à Ursula qui, après lui avoir confié ce qu'elle comptait faire, lui ordonna de surveiller sa mère pendant le déroulé des opérations.

Rien de devait arriver à la mère d'Ursula Parkinson.


Fin du rp pour moi, merci beaucoup Carry, c'était un RP très plaisant à écrire! 

L'immortalité c'est tous les autres qui tombent.
Cinquième année RP